Vicky Cristina Barcelona

par Polly|
Vicky, Cristina, Barcelona ou comment, à 72 ans, Woody Allen arrive encore à disséquer avec talent l'inextricable pelote des relations humaines.

18982307Cette fois c’est sur Barcelone qu’il jette son dévolu pour la première fois. Ville méditerranéenne, marquée par l’architecture de Gaudi où toutes les audaces (sexuelles) semblent possibles, Barcelone est filmé dans des lieux bien particuliers qui font oublier ces dimensions de ville cosmopolite pour la faire ressembler à une douce campagne. Barcelone, c’est là où Vicky ( Rebecca Halle ) jeune fiancée rangée, et Cristina ( Scarlett Johannson ) pseudo- artiste libertine vont choisir de passer tout leur été bien loin de l’agitation de Manhattan. C’est là aussi que, lors d’un vernissage, Cristina flashera sur un beau peintre Juan Antonio ( Javier Bardem ). Lui n’aura pas manqué de remarquer les deux belles américaines, et tout en jouant d’un certain flegme espagnol, les invitera à passer un week-end avec lui. Cristina est emballée, Vicky horrifiée. Mais Juan Antonio a aussi une ex-femme ( Pénélope Cruz ) qui reste encore pour lui son unique muse.

Malgré un scénario plutôt prévisible, le film envoute, parle et invite chacun à réviser le style de vie qu’il s’est choisi. Car oui, Woody le souligne, la vie est une histoire de choix. Et pour son film, il a fait les bons.

Sans surprise, Scarlett Johansson est toujours au casting, mais cette fois Woody Allen offre à sa muse, 2 consoeurs à sa hauteur : Rebecca Halle, quasi-inconnue, débordant de fraîcheur et Penelope Cruz formidable, encore une fois, en fougueuse espagnole. Tellement flamboyante, qu’elle ira même jusqu’à éclipser la pulpeuse Scarlett .
Outre la qualité des actrices, on se délectera également des dialogues percutants et hilarants qui font la richesse et le dynamisme du film.

Certes Woody Allen n’a pas fait que des bons films, il les fait surtout pour s’amuser. D’ailleurs à force de privilégier la quantité à la qualité, le spectateur peut souvent s’attendre à être déçu. Mais le vieux Woody a aussi compris ce qui plait. Et justement Vicky Cristina Barcelona transpire des thèmes soulevés dans Match Point au risque de laisser une impression de déjà-vu, certainement le seul bémol du film. Mais si la qualité première du cinéma est de faire passer un agréable moment, Vicky, Cristina et Barcelone n’y manque pas.

Un film à voir surtout comme une réflexion sur la vision du futur, la complexité des relations amoureuses et la notion de liberté abordée sous deux points de vus diamétralement opposés. Avec cette cuvée 2008 Woody prouve qu’il a n’a pas encore perdu la main et qu’il sait toujours aussi bien s’entourer pour mettre en scène ses fantasmes dans cette ville européenne où les étés ont de drôles d’accents new-yorkais.

Partager !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article