Velvet Revolver – Libertad

par Stedim|
Velvet Revolver nous présente son second opus sorti le 3 juillet. Libertad pose les bases d'un nouveau standard pour le groupe. Fans de Rock and Roll, à vos CD.

vr-libertad-2Hum il n’était visiblement pas question pour Velvet Revolver de
commettre un second album dans la lignée du précédent, c’est-à-dire
avec une fort reflet Guns sur l’accastillage des guitares, qu’elles
soient basses, rythmiques ou lead. Autant Contraband (2004), le
précédent et premier opus, avait été enfanté rapidement par le trio d’ex
Gunners, Slash, Mc Kagan et Sorum, autant celui-ci ( Libertad – 13 titres + 1 ghost track, 52mn) peut se vanter, sans test ADN nécessaire, d’avoir deux papas en bonus (et pas des moindres) : Weiland (chant – ex Stone Temple Pilots ) et Kushner (2nd guitare – ex Suicidal Tendencies, Infectious Groove ) !

Fini les constructions easy, directes, basiques (intro, couplet, refrain, couplet, refrain, break, chorus, refrains ad lib, final – no fade out thx!), finis les riffs basiques et destructeurs, finis de taper de la botte Go West Predator dans la poussière en mimant le Mégaphone de Scott, finis, aussi, et oui (enfin presque), les chorus et autres interventions slashesques omniprésentes qui saisissent le bide et te font comprendre l’espace de quelques secondes ce que ça peut faire à l’adénohypophyse d’être un guitar hero au 21e siècle ! Oui, fini tout ça ! Les Guns sont dead. Définitivement. Enterrés au panthéon des Rock Stars – avec un grand R et un grand S, s’il vous plaît. Les Guns sont dead et les Gunners mutent. Et c’est une bonne nouvelle ! (aucune allusion à Axl Rose & cie ne sera faite ici)

Contraband était un album de hard rock. Peut-être même le dernier
de l’Histoire. Libertad est beaucoup plus que ça ! Ainsi, peut-on
supputer qu’il est bien nommé. C’est définitivement l’alchimie de 5
sacrés lascars, disons même 5 grands messieurs (n’est-il pas ?) qui
ont décidé d’accepter ce qu’ils sont et d’aller de l’avant. A la
limite, à part Audioslave (R.I.P.), je ne vois pas d’autre aussi
belle association de mâles fêtars ! Ou alors, il faudrait au minimum
que… Mike Patton s’acoquine avec Incubus ? Bon bref, halte aux digressions !

Moi, le fan de la première heure, j’avoue trouver ce Libertad assez étonnant ! Les zicos ne se placent pas là où on les attendait. Les points remarquables sont multiples : La parole est ici au chant (si vous me permettez !). Weiland démontre, et c’est jouissif, toute l’étendue de son art. Qu’il soit écorché, énergique, doux, mélodieux, atmosphérique, léger ou encore forcé (!), Môssieur Scott est toujours aussi exalté et résolument rock selon la formule éculée (a fortiori sur le break de For A Brother, titre en hommage à son frère récemment disparu).

Que dire, sinon, sur la section rythmique ? Messieurs McKagan et Sorum ont déjà démontré depuis plusieurs décennies qu’ils forment un duo irréprochable. Ah si, un semi-scoop : la basse est désormais très fréquemment saturée ! Ainsi accolée à deux guitares supra-rock, si vous n’avez pas déjà jeté une oreille sur cet album, vous pouvez tenter d’imaginer… Et donc, le Slash omniprésent que l’on connaissait, plaçant des interventions et des chorus d’anthologie sur presque chaque titre n’existe plus vraiment. L’icône est encore là mais en demi-teinte, ou plutôt plus impliqué dans les riffs, dans la dynamique des compos, fondu dans le groupe, dans la couleur générale. Du moins, c’est le cas sur CD. Vous imaginez, vous, un live de Velvet Revolver avec un Slash constamment en arrière-plan ? Naaaaan… Les plus grandes mutations ont, elles- aussi, leurs limites. Considérez donc cette orientation comme bénéfique ! Velvet Revolver est désormais un vrai combo de Rock et non plus une association de stars cherchant l’alternative !

07-may-admatIl y a, à mon sens, deux principaux constats à faire sur ce disque :
Premièrement, Velvet Revolver y adopte des couleurs sonores plus
riches et pour autant plus roots. La basse est saturée (disions-nous
donc), les guitares entremêlent des riffs moins marqués, jonglent
avec des wah wah et une talk box (péché mignon de Slash ), les choeurs sont présents avec parcimonie, les effets voix (chers à Weiland ) sont omniprésents. En gros, c’est un peu comme si ton perfecto de rockomane urbain se couvrait très naturellement de poussière ricaine et se craquelait des rides d’un vieux biker qui après avoir tout fait, tout tenté, tout vu et à sa grande surprise finalement survécu, vient enfin de trouver sa voie…

Deuxièmement, le spectre sonore de Libertad est grand, large,
vaste ! A croire que les 5 légendes vivantes (mais si !) ont voulu
démontrer que leur champ des possibles est plus profond que le Grand
Canyon. Ils revisitent les époques (des 60′s à maintenant) et font le
grand écart entre les genres. On y trouve des clins d’oeils stylisés
à différents artistes incontournables ( Beatles, ZZ Top, Aerosmith, The Doors ou encore Electric Light Orchestra avec la reprise de Can’t Get It Out Of My Head, etc.) et des signatures rock, hard rock, blues, punk voire country (façon Johnny Cash sur la ghost track mais avec une voix proche de celle, nasillarde, de Dylan ).

Quand je vous dis que Libertad est diffèrent de Contraband, le bon
terme à utiliser pour qualifier ce nouveau méfait, 3 ans après le
précédent, sera  » évolution  » et non  » révolution « . Que les aficionados
de la première heure se rassurent : on retrouve, dans cette nouvelle
cuvée, les vibrants relents de Rock en haut de forme (imbibé de Jack
Daniels) qui nous sont si chers ! Simplement, Weiland, Slash,
McKagan, Sorum et Kushner rendent hommage à leurs influences, leurs préférences, leurs vécus et, forts de cette officialisation, donnent naissance à un vrai groupe pérenne, serein et déterminé.

Alors, ladies and gentlemen, trinquons ensemble à ce coup réussi qu’est
Libertad (grisant & jamais saoulant) ! Aucun mal de crâne aux aurores, juste, au pire (ou au mieux) une amnésie bénéfique et quelques tatouages en plus sur l’épiderme…

Mais bon, on est Rock n’Roll ou pas [!]

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Site officiel: www.velvetrevolver.com

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11 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 11 juillet 2007
    kyra a écrit :

    Juste une question Stedim : mais pourquoi l’adénohypophyse ? [... genre c'est le seul truc que j'ai retenu de l'article ... ouais, mais vu l'heure, j'ai pas encore recruté tous mes neurones, sorry !...].

    A part ça, je me rends compte que ma culture musicale est bien pauvre tout d’un coup. Merci pour tes lumières Stedim, et ravie de te lire ici aussi :)

  2. 2
    Stephane
    le Mercredi 11 juillet 2007
    emma a écrit :

    Mike Patton & Incubus ? Comme tu y vas ! (voui désolée, moi je ne sais pas ce que c’est que l’adénohypophyse..)

    Excellent article, et au risque de faire doublon, je suis moi aussi ravie de te lire ici :o )

  3. 3
    Stedim
    le Mercredi 11 juillet 2007
    Stedim a écrit :

    Et bien, grand merci à vous deux pour ces messages de bienvenue ! Sans flagornerie aucune, je suis enchanté et véritablement honoré de pouvoir ainsi placer quelques mots dans les colonnes de votre excellent webzine ! (merci à Pascal pour son accueil)

    Pourquoi l’adénohypophyse ? Et bien principalement pour deux raisons : Premièrement, je voulais ici tenter (de façon alambiquée, c’est vrai) d’expliquer qu’être un guitar hero dans un tel contexte rock n’roots est, pour moi, une vraie source de vibrations, de glamour et de liberté. Ca ne peut donc que favoriser la génération d’hormones peptidiques diverses régulant le stress, la croissance et la reproduction ! ;o) Hahem (merci Wiki). Deuxièmement, c’était ma façon (amicale) de rendre hommage à Kyra et son utilisation toujours bien sentie d’un vocabulaire médical pertinent dans ses écrits – dont je suis fan.

    Mike Patton et Incubus, oui, c’est exagéré, hum, je le reconnais. Mais ce n’était pas au hasard car « on » raconte que, Velvet Revolver, à sa création, aurait auditionné plus de 100 chanteurs de qualité avant de solliciter Scott Weiland. Et Mike Patton aurait été de ceux-là. Légende urbaine ou réalité, les arcanes du Rock business sont toujours aussi captivants.

  4. 4
    le Jeudi 12 juillet 2007
    Nikolina a écrit :

    En voilà une chronique qu’elle est bonne et bien écrite et -c’est vrai- en voilà une chronique qu’elle te fait UN CHOUIA te sentir inculte.

    Mais s’pas grave, quand j’serai grande comme Stedim, j’veux connaître tout plein de trucs comme lui (même le vocabulaire potassé devant « Urgences », pourquoi pas)! Et accessoirement, ça donne grave envie d’écouter ce cédé. A méditer.

  5. 5
    Pascal
    le Jeudi 12 juillet 2007
    Pascal a écrit :

    Je me lève et je confirme, excellente chronique. Welcome Stedim !

    Par contre je ne sais toujours pas quoi penser de ce groupe…

    Je n’ai jamais été un gran fan des Gun’s et j’ai pas vraiment suivi les déboires tragi-comiques d’AXL et de son improbable Chinese Democracy . Pareil pour Contraband et Libertad que je n’ai pas vraiment écouté.

    Mais pour avoir récemment pu voir Velvet Revolver et les Gun’s en live, quelques commentaires sur leurs prestations scéniques..

    Si on enlève le fait qu’AXL a débarqué avec presque 2h00 de retard, qu’il ne ressemblait à rien en dreadlocks bedonnant, que les solis de guitares étaient assez chiants (surtout Robin Finck, Ron Thal j’adore ce gars), c’était quand même un putain de show. Alors d’accord ce groupe n’a de Gun’s que le nom, AXL et ses musiciens serait plus approprié…

    Pour Velvet, si techniquement ils étaient irréprochables, c’était plus froid et plus linéaire. Qques reprises du bon vieux temps ( Mr Brownstone, I used to love her ) et un Scott assez défoncé et surtout très arrogant ( I’m gonna play a song of MY new album ). Ils étaient pas mauvais, loin de là, c’est quand même des putains de légendes ces mecs, mais c’est juste qu’il manquait une certaine émotion au show…

    N’empêche que She builts quick machines elle bute…
    Et je vais aller de ce pas m’écouter ce Libertad de plus près.

  6. 6
    le Jeudi 12 juillet 2007
    Deadrockstar a écrit :

    Stedim, amigo,
    Je te lis depuis un bail et je dois dire que là tu nous a concocté une chronique qui ferait pâlir de honte les pseudos crtiques de la presse rock française! A quand un papier dans Velvet?
    « LIBERTAD »
    Deadrockstar

  7. 7
    le Jeudi 12 juillet 2007
    kyra a écrit :

    Merci Stedim pour l’explication scientifique et le clin d’oeil à mes références médicales … je crois que je n’ai pas fini d’en user et d’en abuser, héhé.

    Contente de te lire Deadrockstar !! Tu fais également partie de ces plumes libres et énervées que j’aime lire et écouter.

    See you.

  8. 8
    le Jeudi 12 juillet 2007
    Anonyme a écrit :

    @Pascal – Ah ça, être une légende vivante ne protège pas des concerts ratés ! (parfois, j’ajouterais même : « Bien au contraire ! ») Et avec ces mecs qui sont, à mon sens, plus des instinctifs que des professionnels lisses, l’alchimie des grands soirs ne doit pas être quotidienne.

    @tous – Bon sang ! Que du beau monde, ici, dans cette « comment zone » ! De ma fenêtre, ça a de la gueule ! ;-)

  9. 9
    Stedim
    le Jeudi 12 juillet 2007
    Stedim a écrit :

    C’était moi, hein, précédemment.
    Sorry, je débute. ;-)

  10. 10
    VIOLHAINE
    le Vendredi 13 juillet 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Yo, WELCOME, Stedim !!
    (=

  11. 11
    le Lundi 16 juillet 2007
    bandido a écrit :

    tout à fait d’accord très très bon « libertad » après un très très bon « contraband »
    PS si vous avez l’opportunité vous conseille « 3 headed dog « (mother superior)

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