Unsane + Big Buisness | Glazart | 05.06.2012

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Unsane et Big Buisness joignent leur forces pour faire trembler le jeune doomster parisien. Affûte ton cutter, serre les dents, remonte tes manches: le sang va couler.

Les Big Buisness n’avaient pas foulé le pays du pain et de Michel Drucker depuis leur dernier passage en première partie des Melvins, il y a de cela un an et demi, ce n’était que pour mieux se rattraper, et carrément évoluer : d’un duo, ils sont devenus trio. Il y avait une basse et une batterie, il faudra maintenant compter sur la guitare de Scott Martin pour alourdir un son aussi ample que le bide de Jared Warren : souple, pulpeux et solide à la fois. Alourdir, c’est un bien grand mot, puisque Scott, comme sur le dernier LP des Big Biz, ne se contentera que de paresseusement chatouiller sa guitare, atteignant l’immense exploit d’avoir encore moins d’impact sur scène que sur disque, ce type est fantastique.

Seul intérêt de sa présence sur scène, outre le fait qu’il ait approximativement le charisme d’une machine à laver, réside plutôt dans la performance capillaire qu’il donnera ce soir, des cheveux longs, soyeux, brillants, en opposition totale par rapport aux poils pubiens se dressant haut sur le crâne de Jared. Hormis Scott, le duo cartonne comme il faut, rien a changé depuis la dernière fois: Coady est un incroyable monstre de mort derrière ses fûts, le voir jouer est absolument fascinant. D’ailleurs, la salle n’a clairement d’yeux que pour lui, le mec sert les dents à chaque coup, brise ses cymbales sur chaque break, est à limite de se péter les bras à chaque fois qu’il frappe ses toms, et trouve pourtant le moyen d’arriver à assurer ses lignes de chant tout en certifiant un groove de feu: respect éternel. Ne reste plus qu’à Warren de déposer ses lignes de basses (aussi fines que des barres d’immeubles), de poser sa voix de hardos tout de cuir vêtus et on y est, Big Buisness est simplement un putain de groupe de hard rock, avec ses passages héroïques, ses roulements de caisse claire et ses poings levés. Du hard rock comme celui qu’on peut entendre jouer par les Melvins, version sale blague, avec une certaine débilité qui relaxe comme il faut.

Unsane, le légendaire trio de New York, occupe désormais la scène. Chris Spencer à la guitare et aux crachats, Dave Curran à la basse et aux rondins de bois et… et c’est toujours Willis derrière les fûts. Signorelli, petit maladroit qu’il est, s’est pété la main avant de partir en tournée avec les Melvins aux États-Unis, ni une ni deux, cet espèce d’intouchable machine à tuer qu’est Coady Willis fait un pas en avant pour relever le défi, et s’en tirera avec une aisance relativement détestable.

Moins technique que Big Buisness, Unsane lui permettra de souffler un peu (le comble) en lâchant des parties de batteries qui filent tout droit, le groove s’en trouvant décuplé. Autrement, Unsane ne fait que ce qu’il sait faire: du Unsane, avec ces irrésistibles lignes de basse, à l’incroyable son, d’une lourdeur phénoménale, le son profondément agressif de la guitare de Spencer, et son chant, hargneux au possible, puant la rouille et le coup de couteau dans le dos. La setlist fait part aux tubes, missiles de souffrance compacte, tout y passe, Against the Grain, Sick, Commited, l’énorme Scrape, qui provoque meurtres et déficience mentale généralisée dans la salle, Alleged et son harmonica…

Le trio à cette inimitable classe sur scène, la casquette à l’envers de Spencer, ses innombrables crachats, son chant à travers un micro instru, la souffrance qui se laisse lire sur son visage à chaque riff qu’il sort, les litres de transpiration déversée sur scène, l’impression qu’on a devant soi des mecs qui ont tout vécu: Unsane respire la victoire et la domination. Une reprise de Flipper et le trio sort de scène, les lumières se rallument, et, comme tout groupe devrait agir si il avait un tant soit peu de décence en ce bas monde, Unsane ne fera pas de rappel.

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