Uncommonmenfrommars | Nouveau Casino | 16.11.11

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Après une tournée mondiale qui les a entraînés sur des scènes aussi bien nippones, qu’américaines ou européennes, après des centaines de dates aux côtés de quelques un des grands noms de la scène punk rock mondiale, c’est un euphémisme de dire que c’est avec grand plaisir que Paris accueillait de nouveau notre quatuor franco-américain favori : les Uncommonmenfrommars. Ils étaient en effet sur les planches du Nouveau Casino mercredi dernier, attention le retour sur la terre parisienne peut être dur parfois !!

La première partie est assurée par un groupe suédois, rencontré durant leur trip autour du monde, et assure plus que bien son rôle de prélude. Les enceintes crachent un son parfait, la scène tremble sous les bons énervés du chanteur, pendant que guitariste et bassiste se charcutent les doigts à gratter comme des malades. Bref, une jolie entrée qui aurait franchement valu la peine de continuer, si le public du Nouveau Casino ne les avait pas clairement boudés, affichant ainsi l’idée générale de la salle : on veut les Uncommonmenfromars !!

Soudain le signal. Les lumières de la salle s’éteignent, et le public éparpillé du bar au fumoir se concentre doucement face à la scène où débarquent nos quatre compères, chacun dans leurs personnages. Les jumeaux (alias le batteur et le guitariste) , habillés à l’identique, coiffés de la même casquette teenager et affichant le même sourire caché sous une barbe épaisse ; le chanteur affublé pour l’occasion d’une toque russe version moumoute et enfin le guitariste, stylé costard cravate cheveux gominés.

Niveau présence scénique on sent que le groupe maîtrise son sujet : les musiciens se chambrent, sont en interaction constante avec leur public et l’ambiance dans la foule semble même se décoincer, lentement… Car effectivement malgré un set qui ne nous lâche pas, enchaînant les morceaux ou l’électrique des cordes côtoie la voix mélodieuse de Motor Ed, malgré un groupe qui se donne à fond, qui jump et appelle son public à suivre le mouvement, le peuple du Nouveau Casino restera quelque peu timoré. On a bien un noyau qui s’excite, tentant vainement de lancer du pogo toutes les 10 minutes, mais il faut avouer que le reste des amateurs présents ce soir-là préfère visiblement apprécier un concert de punk rock en tapant du pied et en dodelinant de la tête.

Mais c’était sans compter les origines martiennes de nos hommes peu communs qui ont plus d’un tour dans la soute de leur vaisseau pour mettre le feu au Nouveau Casino. D’un coup le chanteur saute dans la foule et, guitare et pied de micro en main, s’installe en plein milieu des gens, suivi dans la seconde par le bassiste. De son côté le guitariste opte pour rester en hauteur, mais quitte la scène lui aussi, votant pour le bar comme nouvelle estrade à son jeu ultra rapide.

Vidée de ses musiciens (non, pas le batteur, évidemment) la scène semble soudain se sentir bien seule. Ni une ni deux, nous voilà maintenant une petite dizaine à sauter partout sur les planches du Nouveau Casino, bien décidé à prouver qu’il n’y a pas que le groupe que le rock fait transpirer. Fier de leur effet (et ils ont bien raison) le groupe quitte ensuite la scène, assuré certainement que la convention du rappel leur donnera l’occasion de nous envoyer encore quelques-uns de ces morceaux où le martèlement de la batterie s’associe aux riffs déchirants de la guitare et nous laisse décoller sur les envolées du chant. C’était négligé alors que la majorité bobo du Nouveau Casino est bien au dessus des conventions. Très vite les applaudissements se taisent, et les rares illuminés qui s’éraillent la voix à beugler un rappel, ou tout autre genre d’onomatopée et sons gutturaux, n’arrivent pas à créer de véritablement mouvement commun.

Pourtant le groupe revient, jouant avec toujours autant d’énergie malgré le décalage, l’incohérence même, du manque de démonstrations de joie du public comparé aux ondes puissantes et festives que nous décharge le groupe. Mais on est professionnel ou on ne l’est pas et le chanteur n’hésitera pas à se jeter sur la foule pour un slam court, mais qui tombe parfaitement pour clore en beauté.

Une vraie réussite donc pour le retour des Uncommonmenfrommars, qui en ont profité pour partager quelques morceaux de leur nouvelle galette I hate my band ! Dommage encore une fois que le public n’ait pas été à la hauteur de l’énergie envoyée par le groupe. Comme quoi, sans un public valable, difficile d’avoir un concert de punk rock digne de ce nom.

Crédits photo : Brian Ravaux (http://www.photos-concerts.com)

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 30 novembre 2011
    Yoann a écrit :

    Je suis d’accord !
    Les Uncommonmenfrommars ont une présence qui ne peut laisser neutre ! Les voir en concert est une joir que je partage chaque fois que l’occasion le permet… Ces gars là ont quelques milliers de kilomètres de routes et de salles « enflammées » derrrière eux ! Dommage que l’ambiance n’était pas au rendez-vous car ils méritent bien mieux comme accueil ! Continuez les gars ! Moi je vous suit !!

    Yoann

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