Uncommonmenfrommars – Interviewpui

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Uncommonmenfrommars. Unco pour les intimes. Derrière ce nom imprononçable se cache en réalité un des groupes de punk rock les plus efficace du moment. Efficacité que ne fera que confirmer leur excellente prestation au Grillen de Colmar ce soir là. Retour quelques heures auparavant pour une petite série de questions posées à Ed (Guitare / Chant) rejoint plus tard par Sid leur manager.

image2 C’est sympa de prendre le temps de répondre à ces quelques questions, j’espère que c’est pas trop le stress pour ce soir.
Ed: Ah non pas du tout (rires) . On n’est pas vraiment du genre stressé tu sais (rires) .

On va commencer alors. Vous ne devriez pas être en train de faire une tournée avec MxPx ?
E: Si mais ils ont annulé. Normalement si ils refont une tournée européenne, on devrait être avec eux, mais on ne sait pas quand ça sera.

La tournée serait passée par où ?
E: Je crois que ça aurait été pour 6 dates en France, Allemagne, Autriche et Belgique.

Vous venez de sortir un CD live et le DVD est prévu pour les semaines à venir. Le concert du DVD est t-il le même que celui du CD (Ris Orangis) ?
E: C’est le même concert sauf qu’il sera en entier sur le DVD. Sur le CD on pouvait pas tout mettre. Le concert fait 1h50, donc là il n’y aura rien de coupé. Tout sera en temps réel, même les rappels. Ce sera un double DVD et il y aura 6h00 d’images en tout, dont un documentaire sur le début de la tournée Noise Pollution qui dure un peu plus d’1h00, des images d’archives, des vieilles images de concert et des trucs backstages.

Ça a vous a pris du temps à faire ce DVD ?
E: Ouais. En fait c’est deux mecs qu’on connaît, Brunnel et Bassot, qui ont fait ça. C’est la première fois qu’ils faisaient un DVD, ils ont déjà fait du cinéma, des courts métrages, des choses comme ça. Et comme c’est des potes, c’était l’occasion de faire un truc ensemble. Ils ont bossé presque un an dessus et le résultat est vraiment cool.

Par rapport au concert d’origine, vous avez du retravailler des trucs ?
E: Non ça a juste été mixé en fait. On a fait juste une prise de son bien comme il faut, avec les micros là où il faut. On a rien retouché, rien réenregistrer.

Vous n’avez donc pas rajouté d’applaudissements ?
E: Non, non, rien du tout (rires) . Malheureusement c’est pratique courante.

Votre nouvel album c’est pour quand ?
E: On en est encore au stade de l’écriture. On a écrit quelques titres, on maquette, on va écrire d’autres morceaux et on va les maquetter. Quand on aura suffisamment de morceaux, on pensera à réserver un studio. Mais je pense pas qu’on enregistrera avant le début de l’année prochaine.

Vous pensez retourner au Motor Studio ?
E: On aimerait ! Ça ne sera pas forcément au Motor Studio mais en tout cas on veut réenregistrer avec Ryan Green (NoFx, Lagwagon). Il bosse pas mal en ce moment dans un autre studio en Arizona qu’il apprécie vraiment et il aimerait qu’on aille là bas avec lui. Donc on verra….

Vous êtes donc restés en contact avec Ryan Green ?
E: Ouais carrément. On est continuellement en contact, on est devenu amis et on a autant envi que lui de rebosser ensemble sur un disque donc…

Le Motor Studio appartient à Fat Mike, vous l’avez déjà rencontré ?
E: Ouais.

Et ? Pas de projets de tournée en commun avec NoFx ?
E: Non (Rires) . Tu sais c’est plus compliqué que ça. Ce qu’il peut connaître de nous c’est 2 disques et il ne nous a jamais vu en concert. Ça ne marche pas comme dans les contes de fées malheureusement.

« You Failed Me » va apparaître sur une compile éditée au Japon. Vous avez déjà joué là bas ?
E: Non jamais. Mais grâce à cette compile on a peut être un label qui serait branché pour nous distribuer là bas, donc après faut voir. Mais déjà c’est super cool cette compile et on est super content d’être dessus.

Il y a t-il d’autres pays dans lesquels vous auriez envi de jouer ?
E: On a eu la chance de pouvoir faire une mini tournée avec Flogging Molly en Allemagne. C’était nos premières dates en Allemagne et c’était vraiment cool. On a pu jouer dans de super bonnes conditions pour une première fois, ce qui est assez rare. Et puis on a fait quelques dates en Italie sur la tournée d’avant. On a bien sûr joué en Suisse, un peu plus en Suisse allemande maintenant. Mais on aimerait surtout jouer plus en Allemagne et en Espagne. Tous les pays d’Europe nous intéressent en fait. On aimerait bien sortir un peu de la France, parce qu’à force c’est bien mais si tu fais que jouer en France pendant 10 ans…. On a l’exemple de tous les groupes qui ont fait ça et qui ont fini par splitter parce qu’au bout d’un moment tu tournes en rond et la situation n’évolue pas.

Tes frères et toi vous êtes à moitié américain, vous avez jamais eu envi de retourner aux States pour lancer une carrière là bas ?
E: Non plus vraiment. Il y a un des deux jumeaux qui est marié avec une française et qui a un enfant, et l’autre jumeau va se marier cet été. Ils ont des situations familiales qui sont en train de s’implanter et on partira pas du jour au lendemain là bas. Et puis Tim est français, nous on a des passeports américains mais lui non. Lui il est de Nancy donc à la rigueur il peut aller en Allemagne sans problème (rires) . Non, mais tourner là bas on aimerait vraiment.

Vous habitez où en ce moment ?
E: On est pile poile entre Lyon et Valence. On habite tous à 20 km à la ronde

Ça va faire un paquet d’années que vous êtes ensemble. Vous arrivez bien à gérer les tensions entre vous ?
E: Il y a toujours des tensions, comme dans tous les groupes, c’est normal. Ça dépends vachement des périodes. Quand tu passes un certain nombre de temps toujours avec les mêmes personnes, il y a un moment donné où t’en as plein le cul que l’autre fasse toujours la même connerie. Mais on fait de la zic ensemble depuis tellement longtemps qu’on se connaît parfaitement. On arrive quand même à évoluer au niveau du style et au niveau des compos, toujours en gardant le truc qui fait qu’on apprécie de jouer ensemble.

C’est quoi ton meilleur souvenir avec le groupe ?
E: Disons qu’on a très peu de mauvais souvenirs donc tout le reste c’est que des bons souvenirs surtout. Je dirai globalement tous les gens qu’on a pu rencontrer sur la route, les groupes, les gens d’organisation avec qui on accroche vraiment bien et qu’on revoit quand on revient dans la même ville. Ça c’est les meilleurs souvenirs qu’on puisse avoir. Plus tu tournes, plus tu rencontres des gens et plus tu revois des gens. Toute l’équipe avec qui on est en tournée aussi, à force ça crée des liens. C’est tout ça qui tisse une sorte de toile sans fin.

Vous êtes du genre bosseur ou plutôt du style « les répètes c’est pendant le concert » ?
E: On est du style, si on bosse pas et on répète pas, on est nul. Et si on bosse et on répète, on est juste à la limite. Donc si jamais on arrête de bosser, ça va pas du tout. Donc on est du genre, pas très technicien, donc besoins de bosser.

Comment vous en êtes arrivé à faire cette musique ? Par le skate ?
E: Ouais mes frangins par le skate, mais en fait quand on est revenu des États Unis et qu’on est arrivé au bahut en France, on était pas hyper bien accepté. Mes frangins ils faisaient du skate, on avait des dégaines qui allaient pas trop avec les gens qui nous entouraient et puis on avait une mentalité qui collait pas trop. Donc au bout d’un moment, on a fini par trouver un truc à faire tous les trois et ça doit faire maintenant une bonne dizaine d’années qu’on répète et qu’on joue au moins tous les WE ensemble.

Et vous arrivez à vivre de votre musique ?
E: Là on est intermittent du spectacle depuis peu. On l’a été avant et puis quand ils ont changé les lois on l’était plus. On l’est de nouveau mais on sait pas jusqu’à quand. Donc on en vit oui, mais pour combien de temps on ne sait pas….

Si vous aviez un message à passer au ministre de la culture, qui je crois à Discordance dans ses favoris, tu lui dirais quoi ?
E: On t’emmerde !

La question récurrente du moment, le gravage de CDs, le Peer to Peer vous en pensez quoi ?
E: J’en sais rien. En fait aucun de nous dans le groupe n’a un ordinateur, donc il n’y en a aucun de nous quatre qui grave. On sait à peine comment ça marche. Maintenant tout ce que je sais c’est quand il y a un disque qui me plaît, j’aime bien l’acheter. Le gravage c’est bien pour découvrir des groupes. C’est même carrément classe. Mais si t’as trouvé un album qui te plaît, pour soutenir le groupe il faut l’acheter quoi. Tu vois des groupes comme Seven Hate, pour prendre un exemple concret, ils ont jamais eu un succès au niveau vente qui était à la hauteur de ce qu’ils avaient eu comme réputation. Graver des disques de Seven Hate c’est un crime ! Après graver un disque de Slipknot, ils s’en remettront. Mais même pour ces groupes là, même pour des gros groupes que j’écoute et que j’aime, j’achète le disque, parce que c’est normal.

La grande mode du moment c’est les sonneries de portable. ça vous dit pas ?
E: Je crois qu’on nous avait demandé une autorisation pour faire ça, je sais plus ce qu’on avait répondu. Je suis pas contre c’est rigolo, j’ai une sonnerie des Pixies sur mon portable (rires) .

Et pour trouver des dates, c’est la galère ou ça commence à aller ?
E: Pour nous ça va à peu près pour trouver des dates et pour faire des tournées qui tiennent la route. Mais je pense que pour les groupes qui débutent en ce moment, et cela depuis quelques années déjà, c’est chaud. Avec les lois contre le bruit, les bars qui ferment, les clubs qui arrêtent pas de se mettre aux normes et qui ont des emmerdes avec le voisinage, c’est de plus en plus difficile pour les jeunes groupes de trouver des concerts. C’est assez craignos, parce que du coup les programmateurs deviennent de plus en plus exigeants et sévères et prennent de moins en moins de risques. Mais nous on arrive à tourner correctement.

C’est quoi ta journée type, hors soir de concert ?
E: Ah ben moi ma journée type c’est je mets mon réveil à 11h45 du mat’ pour pas louper Malcolm à midi sur la 6 (rires) . Ensuite euh….je vais faire une heure ou deux de GTA San Andreas sur la console avant la répète. Après on va répéter. Après je vais manger, je vais retourner jouer à San Andreas et je vais aller me coucher (rires) . Ou alors il y a un concert à Lyon et on va voir un concert. Mais quand on est pas en concert, en règle générale on répète.

Vous avez jamais été tenté par autre chose comme par exemple monter un label ou produire des groupes ?
E: Euh oui mais non (rires) . On a déjà assez de boulot pour arriver à faire notre truc comme il faut, alors organiser un concert ou organiser des trucs pour d’autres groupes…. On arrive déjà pas à organiser une soirée entre amis donc pour faire des trucs comme ça, on est vraiment pas en place. Mais si on a l’occasion d’aider d’autres groupes, on le fait.

Vous écoutez quoi en ce moment ?
E: J’achète énormément de disques. Je dois en acheter 15 ou 20 par mois donc je sais pas trop. Mais dans les derniers trucs que j’ai acheté, c’était assez éclectique en fait. Récemment j’ai acheté un disque de Mr T Experience, le dernier Megadeth qui est excellent, le Jello Biafra avec les Melvins qui est mortel. Sinon il y le nouvel album de Rise Against qui est cool. J’écoute pas mal toute la scène ramones-core: Screeching Wease, Queers, Mr T Experience, des trucs comme ça. Sinon j’ai découvert récemment Strike anywhere, groupe de hardcore mélodique vraiment bien, un peu à la Good Riddance .

Séquence explication de texte. Dans une de vos chansons vous déclarez « People of the world / If you vote for me / You’ll get more money / More sex / More beer / More drugs ». Vous vous présentez quand ?
E: On l’a fait ! On a fait toute une tournée. Personne n’a voté pour nous. La tournée Vote for me c’était en fait notre campagne. Mais rien…… Pourtant notre programme était beaucoup plus intéressant que celui de l’autre là…. Mais on fait pas deux fois la même chose. La prochaine on se présentera pour les élections américaines. On aurait du faire ça ce coup ci d’ailleurs….. Ben sinon pour l’Irak !! C’est trop tard pour l’Irak ?

Non c’est jusqu’à demain.
E: Ben voila, ce soir on est en campagne pour la présidentielle irakienne !

Et sinon à part la zic, il y a d’autres trucs qui vous branchent ?
E: Euh…. Acheter des disques….. Malcolm …. San Andreas (rires) . Ouvrir une bonne cannette chaude entre amis. Allez voir un bon concert dans un bar. Vadrouiller en France, allez voir les potes à Besançon, Angers, Paris, Genève. Ah oui sinon les jumeaux font de la moto !!! Alors bon les jumeaux ne font pas que de la moto, ils font de la Z750. C’est pas qu’une moto ce truc, c’est une vraie religion !

C’est au delà de la moto.
E: Ouais carrément. Ils sont sur les forums et tout…. Ils font que ça en fait !

En parlant de forum, sur votre site web vous en avez un plutôt sympa.
E: Carrément ! D’ailleurs ce soir il y aura Gets….
Sid: ….qui à la base était un membre du forum hyperactif et qui est devenu quand même presque notre webmaster.
E: C’est lui qui s’occupe du forum et c’est lui qui a un peu aidé pour la date de ce soir d’ailleurs.
S: Il y a Karine qui s’occupe également de notre site. A la base c’est également quelqu’un du forum.
E: Donc par les rencontres du forum, finalement….
S: …..les fans deviennent membres de la grande famille Uncomen
E: On les absorbe (rires) !

Vous avez prévu des festivals cet été ?
S: Ouais carrément….. Ah tu veux savoir lesquels ?

Ouais
E: Faudrait allez voir sur le site web
S: Ben non il y sont pas encore.

Il y aura le Fury Fest je crois.
E: Ouais. En plus il y aura Suicidal Tendencies, donc j’espère qu’on jouera le même jour, ce serait carrément cool !

Pas de gros festivals du style Eurocks, vieilles charrues ?
E: Non je crois pas.
S: Pour l’instant on sait pas. En ce moment ces festivals là, ils programment les grosses têtes d’affiches alors bon…

Une dernière chose à ajouter ?
E: Ben qu’il faut continuer à aller aux concerts, c’est hyper important. Chacun a vraiment son rôle dans la scène, et le public a un rôle essentiel et si il ne va pas voir les concerts…. T’as pleins de mecs qui se cassent le cul pour organiser des concerts, qui prennent des risques pour faire venir des groupes qui sont pas très connus mais qui sont excellents. Et quand les mecs ils viennent pas, ça fait chier. Donc voilà essayer de s’intéresser un peu et de se bouger le cul surtout !

Un grand merci à Ed, Sid et à toute l’équipe des Uncommonmen pour l’accueil et pour leur disponibilité.

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A propos de l'auteur

Image de : Fondateur de Discordance.

1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 5 mai 2005
    Smith a écrit :

    Merci grace a cette interview j en sais plus sur vous! Pas de soucis le public sera toujours la si vous continuez comme ça

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