Unborn

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« Casey Bell n'a jamais pardonné à sa mère de l'avoir abandonnée enfant. Mais quand des événements inexplicables commencent à se produire autour d'elle, elle comprend petit à petit le pourquoi de cet abandon (.) ». Tel est le syno d'« Unborn ». Rien d'original, diriez-vous. Et vous auriez raison.

unbornÀ peine le film commencé, on ressent déjà comme un malaise. Non pas que l’ambiance soit lourde ou la tension palpable, bien au contraire. En fait, ce malaise vient du fait que vous avez payé votre entrée pour aller voir un film d’horreur avec du sang, de la barbaque et de l’angoisse et non pour aller voir un teen horror movie.

Trop tard. Beaucoup se sont fait avoir par les trailers et par le site du film qui ferait penser qu’enfin un film d’horreur américain pourrait ficher la trouille (ce qui n’est plus arrivé depuis Saw, premier du nom). Il suffisait pourtant de lire correctement les noms sur l’affiche.

Michael Bay. Après avoir tué nos pauvres robots venus de Mars, le voilà qui vient enterrer nos chers films d’horreur, mais en tant que producteur cette fois. Mais ce n’est pas là son coup d’essai puisqu’il avait déjà le même rôle dans le remake d’ Amityville sorti en 2005 (pas trop mal réussi. mais ce n’était que le début).

Pour en revenir au film qui nous concerne aujourd’hui, on se retrouve en effet bel et bien dans Transformers, avec cette fameuse vilaine sauce teen movie. Les robots sont absents, mais pas la fille jolie-mais-pas-bête-mais-jolie et la 3D mal filmée est ici remplacée par des effets spéciaux qui ne feront peur qu’à la frange pré-pubère du public (et encore).

Mais qu’en est-t-il de David Goyer, le vrai réalisateur ? Eh bien, il patauge. Encore un qui aurait dû rester à sa place, car il est bien meilleur en tant que scénariste, ce qu’il a toujours été. C’est à lui que l’on doit les scénarii de  Dark City, Blade et encore Batman Begins . Le voilà qui se retrouve dans la même position que notre Pitof national, qui lui aurait mieux fait de continuer dans les effets spéciaux que de réaliser Catwoman et de se ridiculiser.

Cela étant dit, passons maintenant au vrai (si on peut dire) casting, celui des acteurs.

L’actrice principale, Odette Yustman dans le rôle de Casey, est quasiment inconnue (elle a joué dans Cloverfield mais difficile de la remettre). Pour ce qui est de son jeu, il est à la hauteur du film : sans profondeur, sans relief, bref inintéressant sauf pour ce qui est de ses formes, souvent utilisées pour que l’ado de base ne s’endorme pas (petite culotte, plan douche, etc.). On retrouve aussi Gary Oldman dans le rôle d’un rabbin (Sendak) qui se retrouve sans doute là un peu par hasard. Avait-il besoins d’argent ? Avait-il lu le script avant de signer ?

Beaucoup moins connue que Oldman mais plus que Yustman, nous avons Meagan Good ( Brick, Saw 5 ), alias Romy, la meilleure amie noire de Casey, dont le rôle est plus de remplir le quota de blacks que celui d’enrichir l’histoire. Dans le même genre, nous avons aussi Cam Gigandet ( Twilight ), petit ami de Casey et beau gosse de service qui signe la réplique la plus mémorable et intelligente du film : « Tu es un peu hormonale, mais pas folle ». Du grand art.

Rien de bien extraordinaire non plus dans le reste du casting, puisque les autres acteurs ne sont ni plus connus, ni meilleurs, ni pires.

Et l’histoire, alors ? Il est vrai qu’il n’en a pas été encore réellement question. Et pour cause : tout est téléphoné ou, au contraire, rajouté à la va-comme-j’te-pousse parce qu’il faut bien que le film continue. Avoir du mal à remplir 80 minutes de film et réussir à faire croire qu’il dure 5 heures aux spectateurs, faut le faire. Mission accomplie.

Le titre lui-même casse un peu de l’énigme (ce mot fort inapproprié peut faire sourire) : unborn, que l’on pourrait traduire pas non-né ou pas-né (non, pas de jeu de mots pour aquariophiles). On sait donc qu’il est question d’un bébé qui n’est pas venu au monde et déjà on comprend (si cela était nécessaire) la provenance des visions de Casey. C’est sur ces dernières que le film tente, sans y arriver, de nous faire peur. Seule la scène des toilettes dans laquelle Casey se fait « attaquer » par des excréments est marrante, mais bien trop courte pour être agréable et prise au sérieux.

Ensuite, comme dans tout bon (télé)film américain, voilà la Foi qui se mêle au jeu, sous la forme du rabbin Sendak. Pour une fois, le vilain n’est pas le Diable, mais Dybbuk, esprit mal veillant tout droit sorti de la Kabbale. Admettons. Cela n’empêche qu’au final, ça ressemble un peu beaucoup à l’ Exorciste . Et ce n’est pas le seul film dont s’inspire Unborn . Vous pourrez ainsi vous amuser à retrouver des extraits d’ Hidden ou de l’Antre de la folie, pour ne citer qu’eux.

Un film qui ne vaut pas grand-chose, et surtout pas que l’on se déplace pour aller le voir. Sauf si vous avez adoré Transformers  et Catwoman bien sûr.

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Unborn, dans les salles depuis le 11 mars 2009

A propos de l'auteur

Image de : Faites entrer l'accusé de réception - 22h40 - Documentaire/fiction - ** Présenté par C. Delahonte Résumé : Le serial watcher Julien H., plus connu sous le nom de KoD (Kiss of Death, parce que ses films préférés sont souvent assez morbides), est né le 22 octobre 1978 dans les environs de Paris. Il s'exilera plus tard dans la pampa limousine pour brouiller les pistes. Il ira même jusqu'à se faire passer pour un informaticien passionné par le cinéma, la musique et même la photographie. Il sera néanmoins débusqué par un membre de l'organisation underground "Discordance" qui lèvera le voile sur sa véritable identité : il pleure à la fin de "Philadelphia" et du "Tombeau des Lucioles". Quelle ironie...

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