Un violon sur le toit

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Créée en 1964, la comédie musicale Un Violon Sur le Toit connait depuis un succès inaltérable. Après 9 Tony Awards en 1965, le record absolu de longévité pour une comédie musicale en France (3 ans, au Théâtre Marigny), une adaptation en film, des reprises dans le monde entier, la pièce nous revient aujourd'hui sous une nouvelle forme, au Palace... Et elle a toujours autant de charme.

affiche-un-violon-sur-le-toitÀ Anatevka, petite ville de Russie, dans le quartier juif, on a ses traditions, et on y tient. On a aussi ses personnages : le rabbin, le boucher, le tailleur, la marieuse, etc. La vie y suit son cours, paisiblement, mais les temps changent en ce début de 20e siècle. Les mours évoluent. Bien vite, le monde extérieur va rattraper les habitants de ce quartier tranquille.
Tevye ( Alain Wilmet ), le laitier du village, a trois filles : Tzeitel, Hodel et Chava. Il cherche à leur trouver un bon époux, car il est de coutume que ce soit le père qui choisisse le mari. Elles, souhaitent avant tout se marier par amour.

Ainsi, on suivra les préoccupations du pauvre Tevye, vis-à-vis de l’argent, des traditions, de l’autorité paternelle, de l’émancipation de la femme, et des libertés qu’il prend envers la religion. De plus, l’arrivée de Perchik, jeune professeur venu de Kiev amenant avec lui des idées révolutionnaires, la rumeur de pogroms au loin, la présence des Russes et du commissaire vont changer bien des choses au village.

Ce Violon sur le Toit n’est donc pas une comédie légère. On y évoque des sujets brûlants et profonds : la naissance du communisme, l’antisémitisme, l’amour et le mariage arrangé, la disparition d’un mode de vie traditionnel et de ses valeurs, la place de la religion dans la vie d’un homme et les libertés que celui-ci peut prendre vis-à-vis de sa foi. Mais tous ces thèmes sont traités de manière très subtile, poussant le spectateur à la réflexion, à travers un savant mélange de genre, avec l’humour et les chansons en toile de fond.

La pièce est très rythmée et si au début, on peut se trouver un peu noyé dans le flux des chansons, ce n’est que pour mieux immerger le spectateur dans l’atmosphère si particulière d’Anatevka. Les chansons sont d’ailleurs de grande qualité; comme la très connue «  Ah, si j’étais riche ». On aurait pu s’attendre à quelques mélodies à l’eau de rose un peu trop édulcorées, il n’en est rien. Il faut dire que les moyens sont mis en place pour la réussite de la musique : huit musiciens en live livrent la bande-son aux accents klezmer, teintée de violon et de clarinette.

De surcroît, la chorégraphie de Jeanne Deschaux (également à la mise en scène) vient parfaitement appuyer la musique, avec une occupation de l’espace très intelligente. La scène de la taverne est particulièrement savoureuse. Un grand coup de chapeau aux artistes, à la fois acteurs, chanteurs et danseurs, et qui effectuent ces trois tâches avec brio.

Il n’y a donc pas à hésiter. Cette nouvelle version du Violon sur le Toit fonctionne très bien, et semble promise à un long succès; ce qui, décidément, devient une habitude avec cette comédie musicale. On rit, on pleure, on en prend plein la vue, plein les oreilles, et on réfléchit. Que demander de plus ?

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En savoir +

Un Violon sur le Toit , de Joseph Stein
Mise en scène et chorégraphie : Jeanne Deschaux
Adaptation française : Stéphane Laporte
Musique : Jerry Bock

Le Palace
8, rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris
Billeterie 01 40 22 60 00

Site web : www.theatrelepalace.fr/

Avec : Alain Wilmet, Dominique Nobles, Robert Aburbe, Amélie Munier, Charlotte Filou, Vanessa Caihol, Laurence Cohen, Kevin Levy, Yoni Amar, Johan Nus, Francine Bouffard

A propos de l'auteur

Image de : Martin Jeanjean est né en 1988 à Fontainebleau. Après être passé par le piano et la clarinette, il tombe amoureux de sa guitare, qu'il ne lâchera plus jamais, même après la Fin des Temps. Passionné d'art et de scène, il devient chroniqueur de théâtre pour Discordance, parce-que c'est franchement super cool. Egalement poète, il publie dans les revues "Borborygmes" et "Verso", et compte gratifier cette époque des poèmes qu'elle mérite; ce qui, croyez-le, n'est pas une mince affaire!

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