Ultravomit + Textures + Kruger

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Samedi soir, c’était la grande fiesta de Listenable records. Trois groupes, trois pays et trois identités bien trempées se sont succédés sur la scène de la Locomotive (Paris) pour un concert inégal mais plein de bons sons.

En ce 30 mai 2008, Ultra Vomit et son métal ras les pâquerettes, joue les têtes d’affiches devant les excellentissimes Textures et Kruger . Il y a de quoi être sceptique. Imaginez le penseur Edgar Morin introduire un spectacle de Bigard par sa pensée complexe . Ça serait absurde, non?

krugerLes Suisses de Kruger entame la soirée avec leur mélange (volontairement) désordonné de plans atmosphériques et métal. Tels des automates, le combo joue ses chansons presque dans l’ordre de leur dernier disque ( 1. Ammunition matters, 2 Queen of the meadow 3. Hummers vs pedestrians etc.). Par moments, le chanteur à la voix atypique s’accroupit et fait de grands mouvements comme s’il donnait des coups de hache dans le sol.

Le guitariste, lunettes tombantes et cheveux décoiffés, ressemblent à un savant fou, ou du moins à un fou tout court. Il ne bouge pas la tête en rythme, mais marche pas impulsion. À chaque fois qu’il juge le passage suffisamment violent, il nous le fait comprendre par des mouvements de tête désordonnés.

Le groupe ne vient défendre aucun album en particulier – leur dernier méfait date d’il y a plus d’un an. Pis, son actualité estivale est presque au point mort. La machine n’est donc pas huilée, ce qui explique les imprécisions et flottements qu’on aperçoit ici et là dans leur set.

Dans sa globalité, le jeu de scène est correct, sans plus. Le chant n’est pas toujours juste, le son n’est pas toujours propre, mais on sent une sincérité qui fait franchement plaisir. Le combo suisse a déjà le talent, il ne lui manque plus que l’expérience.

C’est au tour de Textures d’envoyer la sauce. À peine un mois après leur dernier concert à Paris, le combo néerlandais revient enfoncer le clou. Sauf que depuis, le groupe a sorti son troisième disque, Silhouettes . Un très bon essai, partagé entre polyrythmies sauvages et envolées planantes.

textures-3Ils débutent leur set par One eye for a thousand, titre issu de leur dernier album. Certains passages, ni assez mous, ni assez durs ne mettent pas forcément très bien en jambe. Il faut attendre Swandive pour que le pogo parte. Et contrairement à leur concert du 20 avril, cette fois, ça remue sec dans la fosse.

Le fait de jouer pour un groupe de grind se voit quand même un peu. Lors d’un passage, guitare aérienne et chant clair, un type monte sur scène et montre ses fesses en tournant sur lui-même. Bon. Quelques temps après, toujours sur un plan atmosphérique, un autre spectateur déguisé en Bob l’éponge envahit la scène fait un slam digne d’un Air jordan.

Fin du concert, place à la comédie. Les membres Ultravomit débarquent avec des pulls brodés à leur nom côté dos, marqués roadie côté ventre. Lunette de soleil sur les yeux, ils se la pètent à mort.

Le combo démarre par une reprise du générique de Scoubidoo . Et après le métal bruyant de Kruger et les polyrythmies assommantes de Textures, ça fait du bien de bouffer un peu de déconne. Le temps d’enlever les sweats, le combo Nantais revient sur scène et se lance dans un enchaînement de titres assez fous. Presque tout leur dernier disque y passe ( Darry Cowl Chamber, Les bonnes manières, Boulangerie Pâtisserie, Jack Chirac, Pour Un Mosh, Je ne t’ai Jamait Autans Aimer etc.). Et comme chaque titre ne dure généralement pas plus d’une minute, la sensation est décuplée.

ultravomitPour les avoirs vus il y a deux ans, j’avoue ne pas comprendre. Avant, Ultra, c’était un vrai spectacle, aussi drôle que les Fatal Picards, mais dans leur genre. À présent, ils balancent leurs morceaux comme s’il jouait des vrais trucs. De deux choses l’une. Soit ils ont en marre de jouer les bouffons partout en France, soit le succès leur est monté à la tête (ce qui serait presque comique).

Après ce déroulement industriel de blague musicale, le chanteur revient sur scène déguisé en Lemmy . Quelques coups de marqueur sur le visage et des lunettes de soleil, il ne manque que les énormes pustules du chanteur de Motorhead .

Très logiquement, le combo entonne Quand j’étais petit où il ledit dit dinosaure du rock puis Ghostbuster, quatrième et dernier de leurs « interludes cinéma ». Le cerveau en compote, les métalleux quittent la Loco. À quand une fiesta encore plus grande, Gojira et Hacride y compris ?

Crédits photos : Pako

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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