Ultra Vomit – Le foot, les Inconnus et les canards.

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Ultra Vomit, ce sont les Inconnus du Métal : parodies de morceaux métal et de variétés populaires, vidéos déjantées, shows délirants, l’auto-dérision est leur mot d’ordre.

Mais attention c’est aussi l’amour du travail bien fait, comme nous le rappelle Fetus, leader et chanteur du groupe nantais interrogé à quelques jours de leur passage au Festival Léz’Arts Scéniques de Sélestat où ils partageront l’affiche avec entre autres Motörhead, Gojira et Paradise Lost.

Nous préparez-vous des surprises pour Léz’Arts Scéniques ?

Déjà on va faire Quand j’étais petit, la parodie de Motörhead d’entrée de jeu, mais ce que j’aimerais surtout c’est monter sur scène pour chanter Ace of Spades avec Lemmy [Kilmister, leader de Motörhead]. Mais je dis ça… ça me ficherait vraiment la trouille parce que c’est une personnalité charismatique vraiment impressionnante.

Vous êtes connus pour vos imitations et vos parodies : vous êtes le Nicolas Canteloup du métal ?

Oui si je n’avais pas été chanteur j’aurais été imitateur ! D’ailleurs j’aimerais qu’on fasse encore plus de vidéos, de sketches, qu’on monte notre chaîne TV,… Bon on s’enflamme souvent, mais après on s’« enflemme » vite. C’est à cause de Pro Evolution Soccer 4 ça, il nous faudrait un coach de motivation qui nous botte le cul…

Vous êtes fans de foot ?

Oui c’est assez inédit pour des métalleux… Là je revis, je sors à nouveau, la Coupe du Monde est finie ! J’aurais préféré que la France aille plus loin, j’ai été séduit par des équipes comme l’Allemagne et… Enfin bref on s’en fout. Mais pendant les quarts de finale, c’était la grosse galère parce qu’on avait des concerts en même temps ! On a embarqué tout le monde dans un pur PMU en région parisienne pour ne pas louper Argentine-Allemagne… Mais d’avoir joué à PES 4 pendant des heures ça nous a inspirés : ça nous rendait tellement fous que c’est comme si on avait pris de la drogue, on disait n’importe quoi et c’est devenu des paroles de chansons.

Qui sont vos idoles ?

On est fans de métal bien sûr, mais j’avoue que j’en écoute de moins en moins, je suis plus punk-rock en ce moment, c’est par période. Sinon il y a les Inconnus, des modèles d’esprit pour moi qui ont mis la barre très haut niveau humour. Je regardais ça sur Comédie quand j’étais gamin ! Actuellement y a Mickaël Youn dans le même style, mais je suis moins fan.

Vous avez commencé comment la musique ?

Mon frère a voulu essayer de faire de la guitare, mais au bout d’une semaine ça le soûlait parce qu’il n’y arrivait pas. J’ai essayé et en deux jours je savais mieux jouer que lui. J’ai commencé avec un groupe de potes au collège en faisant des reprises de Nirvana exclusivement : on jouait toutes les chansons comme des gros geeks… Au début j’étais à la batterie et au chant et puis j’ai préféré chanter, être devant. Puis j’ai eu un goût prononcé pour le gore au lycée, ça a commencé à mal tourner, je m’abrutissais, c’était bien !

J’ai tout simplement passé une annonce pour trouver un batteur, le premier a été le bon : on a commencé à composer depuis 2000, le premier album est sorti en 2004 , le deuxième en 2008. Maintenant on a la pression comme ça a bien marché. On est vraiment exigeant avant de sortir un album, les gens ne s’en rendent pas compte, mais je ne peux pas leur en vouloir. J’aime bien faire des conneries, mais je n’arrive pas à bâcler quelque chose : on peut se marrer et faire bien ! J’ai aussi un autre projet en duo, Andreas et Nicolas.

D’où sortent les paroles de chanson ?

Eh bien justement , c’est mon acolyte Andréas qui a amené ça un jour, pas très motivé. Mais on l’a joué avec le son d’Ultra Vomit et on a su que ça deviendrait un hymne. Pas à ce point quand même : il y a des gens qui viennent à nos concerts en ne connaissant que celle-là et ils découvrent le reste. C’est arrivé une fois qu’un mec amène un canard vivant, il s’est fait engueuler par la sécu… Sinon Quand j’étais petit, je cherchais des comptines de gamin sur le Net et je suis tombé sur ça, ça collait bien. On prend souvent des trucs qui existent ; je ne voudrais pas trop qu’on sente qu’il y a du travail même s’il y en a…

This is Ultra Vomit le court-métrage parodiant This is Spinal Tap c’est une initiative du groupe ?

Non ce sont des gens d’une école de cinéma qui ont eu cette idée pour leur travail de fin d’année et nous l’a proposé. Je suis mitigé : il y a des trucs où j’me fais pas marrer, mais on a vu ce que c’est de tourner de manière pro et c’était excellent.

Manard, votre batteur et l’auteur des chroniques sur votre MySpace a vraiment une bonne plume…

Oh oui il est très conscient de son talent journalistique. C’est encore mieux quand on l’a en face, c’est encore plus drôle. Mais je l’encourage à se lancer dedans, j’aimerais aussi l’exploiter pour des vidéos… Dans le set, il fait déjà un solo de batterie où c’est lui qui mène le show, il fait des reprises de chansons actuelles, genre Lady Gaga ou Kate Perry. Avec sa voix de merde, c’est énorme !

Voix de merde ?

Ah nan, elle est excellente ! Mais particulière, quoi…

Vous êtes les seuls sur le marché du métal parodique ?

Oui pratiquement et on est souvent des Ovnis sur les affiches ; on est programmé en même temps que Tryo, les Ogres de Barback, IAM puis le lendemain avec des groupes super violents.

IAM joue aussi au festival Léz’Arts Scéniques dimanche…

Ah, mais dimanche on ne sera plus là. On sera au Touquet à Rock en Stock ! D’ailleurs c’est la grosse galère parce que le batteur part se marier au Maroc et on n’avait pas vérifié la date. Donc on va faire un petit sketch pour inviter un de nos potes à le remplacer. Ça va être quelque chose, il a à peine répété une fois…

Ce sont des rigolos dans le métal ?

L’humour est surtout codé, c’est un humour de geeks. Les mecs ils s’inventent des vocabulaires… c’est des fous. Je ne me sens pas spécialement métalleux dans l’âme, mais c’est une population que j’aime bien, car ils sont ouverts d’esprit au final. Par exemple au Hellfest les gens sont super, ce sont des agneaux. Niveau alcool j’ai trouvé que c’était largement pire aux Vieilles Charrues, je me sentais moins en sécurité. Et dans le métal les gens sont vraiment passionnés par la musique, ils décortiquent chaque album, connaissent toutes les chansons, les pistes par cœur, ce sont des gros geeks qui ne ratent pas une seconde de concert, qui viennent vraiment pour ça. C’est aussi un public fidèle, qui achète encore les albums de ses groupes favoris.

Les puristes ne vous haïssent pas ?

On a une certaine légitimité parce qu’au tout début on jouait des trucs ultraviolents à peine écoutables, on a fait beaucoup de concerts underground. Maintenant ça fait plaisir le public dit souvent : « C’est marrant, mais c’est bien joué ». Notre rôle est aussi de faire connaître les standards du métal, de dédramatiser ce style avec humour, mais toujours avec du travail derrière. Sur les paroles, la technique de jeu, les lights, le show… Mais je n’ai pas envie qu’on paraisse trop sérieux non plus, je veux que ça reste fun. En même temps c’est difficile à perdre la connerie.

Crédits photo : Ludo Pics_Troy

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste free-lance presse écrite / web - Sur Discordance dans les rubriques Musique/Médias/Société - Tente de s'intégrer mais c'est pas évident. @LaureSiegel

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