Tweak Bird – s/t

par |
Pas besoin d’un long brainstorming pour dégager quelques idées de la pochette du premier album de Tweak Bird : évasion, grands espaces américains, et surtout, grosse bécane rock ronronnante.

Image de Tweak Bird Nul besoin non plus de soulever le capot du véhicule pour mesurer la force du moteur des deux frangins de l’Illinois, Ashton et Caleb Bird : The Future démarre sur de grosses guitares que les critiques du Guardian ou de Clash s’amusent à comparer à celles de Black Sabbath. Cependant, la voix qui vient s’y coller, nous rappelant que « the future’s coming » est plutôt nonchalante et nasillarde, apportant un peu de psychédélisme à tout ça. Le contraste est plaisant, l’alternance de riffs, lourds ou dans l’expectative, est bien maitrisée.

On se laisse donc guider sur deux morceaux par ce mélange, puis sur trois, et on commence presque à se lasser quand, sur l’interlude Round Trippin’, des distorsions annoncent un changement de cap dans l’album, les riffs se faisant happer par une rencontre du troisième type. A Sun / Ahh Ahh introduit quant à lui des sons de cuivre s’inscrivant dans la veine d’un rock expérimental des années 70. Tweak Bird a le talent de créer une heavy pop à un rythme de croisière plaisant, reprenant des thèmes bien connus du rock américain tels que l’échappée, l’aventure, et en leur donnant une dimension de plus en plus expérimentale au fur et à mesure des titres.

On regrette cependant que ce penchant n’ait pas davantage été exploré et n’apparaisse finalement que dans des interludes, à l’image de Round Trippin’ et Hazement In The Basement. On aurait très bien vu figurer à la setlist un titre dépassant les durées standards de la pop pour nous permettre d’errer pendant de longues minutes : Flyin’ High par exemple, aurait pu s’y prêter, mais en 2’44, on a peine le temps de décoller. Peut-être une volonté d’éviter l’écueil psychédélique ?
Au final, on navigue sans cesse entre heavy rock, pop à la limite du psyché et sons jazzy, mais aucun de ces aspects n’est assez développé et le son reste toujours à la porte d’entrée de ces styles. Nuançons la critique : l’alchimie se crée sur le dernier morceau Distant Airways, et l’album affiche une réelle progression qui rend son écoute intégrale intéressante. Des prises de risque qu’on espère voire germer et gagner en finesse sur les productions futures du duo.

Partager !

En savoir +

Tweak Bird, s/t (Souterrain Transmissions), sortie le 30 août 2010

Album en écoute sur leur site http://www.tweakbird.tk/

Le groupe sera en tournée européenne à l’automne 2010.

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article