Travis Bürki – Ce garçon

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Le dernier album de Ü alias Travis Bürki, "Ce garçon", est la preuve (si tant est qu’il en fallait encore une) que la scène musicale francophone va devoir compter avec cet artiste.

Image de tb Commençons par le commencement : qui est-il ? À cette question, il est plus simple de laisser l’intéressé répondre par lui-même puisqu’il se qualifie d’ » artiste précieux et original « . C’est en tout cas ce qu’on peut lire sur sa bio quelque peu décalée. Et non, il n’a rien d’un nouvel arrivant sur la scène hexagonale, puisque ses premiers pas dans le milieu datent de 1988, date à laquelle il commence à fréquenter les bars parisiens qui offrent la possibilité aux jeunes artistes de s’exprimer sur leurs scènes.

L’album, le troisième après La luge (2005) et Après les dancings (2001), n’est pas simple à décrire. Il rentre dans plusieurs cases, ce qui fait qu’au final, il ne rentre dans aucune. Si c’est en 2001 que Travis Bürki s’essaye au slam, il ne peut depuis que s’en féliciter. Mais ce n’est pas pour autant que ces douze chansons appartiennent à ce registre précis. Ce nouvel opus, à l’écriture très bonne, mélange les genres, saute d’une case à l’autre, insaisissable, à l’image de Travis, sorte de touche-à-tout artistique.

Cela s’ouvre logiquement sur Ce garçon, le titre qui a donné son nom à l’album. Un morceau rythmé, mais surtout aux rimes comme un ruisseau : tout y coule de source. D’un vers à l’autre on a cette impression d’être sur une barque menée par le courant, chaque rime, chaque vers, découlant tout naturellement du précédent. À noter également pour ce premier morceau, une ambiance de bar qui lui apporte cette atmosphère si particulière.

Et pour rester dans les ambiances, les deux premières minutes de L’invisible en dégagent une de très agréable, ce que vient malheureusement troubler un refrain à l’intonation et aux mélodies proches du style de Yan Vlad . Mais ce n’est là qu’un détail…

Il serait dommage de ne pas évoquer ici L’orgasme, morceau de 4:08 minutes qui commence par ces mots : Je suis venu pour te baiser / pas pour déclamer des poèmes . Le reste est du même acabit mais, attention, pas de vulgarité. Jamais. Plutôt une sorte de franc-parler poétique propre à l’artiste.

Un album à découvrir absolument et qui m’a conquis. Car, si Travis Bürki affirme ne pas être venu pour déclamer des poèmes, c’est pourtant bien ce qu’il fait tout au long de Ce garçon . Et en plus il le fait bien.

En savoir +

Site officiel : http://www.travisburki.com

Page Myspace : http://www.myspace.com/travisburki

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

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