Transmusicales 2006

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28 éditions au compteur et pas une seule ride pour le désormais célèbre festival des Transmusicales de Rennes qui a su s'imposer comme le plus grand défricheur de talents de l'hexagone. Retour sur les faîts les plus marquants de ces 3 jours de découvertes en tous genres.

Jeudi 7 décembre

Pour se mettre dans le bain, les conférences du Jeu de l’Ouïe proposent une réflexion sur la musique suivie d’un concert d’un artiste ou groupe de la programmation des Transmusicales.

Cet après-midi, c’était [Son Of Dave->249] qui illustrait le thème « Être seul sur scène ». Après une retrospective d’artistes solitaires remarquables tels que Bob Dylan, Barbara ou encore Keith Jarret soulignant leur diversité et leur inventivité, place à la pratique ! Seul avec son harmonica, ses pédales, et quelques accessoires, Son Of Dave parvient avec humour à transmettre son énergie blues. Qu’en sera-t-il demain face à un public en « Trans » ?

Pendant ce temps, quelques groupes tels que Izabo (groupe rock Israëlien) et Viva Voce prenaient leurs marques en interviews et conférences de presse…

Vendredi 8 décembre

son_of_dave-imageOn a compté beaucoup de guitares en ce vendredi aux Transmusicales, signe que le rock n’est pas près de se démoder…

La soirée commence pour moi au hall 9. Seul avec son micro, c’est à Ezra que revient la difficile tâche de faire monter la pression et le beatboxer s’en tire avec les honneurs. Il assure à lui seul le scratch, le beat, la guitare et même le saxophone ! Il reçoit un bon accueil, mais certains trépignent d’impatience et n’ont qu’un mot à la bouche: Klaxons .

Leur production discographique se résume à un E.P en France,  » Magick « , et pourtant le « buzz » a enflé ces derniers mois, plaçant  » Myths Of The Near Future  » dans le peloton de tête des albums indie les plus attendus en 2007.
Un premier coup de Klaxons retentit avec  » The Bouncer  » et déclenche immédiatement l’hystérie dans les premiers rangs ! Synthétiseurs, machines et guitares se mêlent en une « rave-pop » rafraichissante. Leur goût pour les années 90 se traduit aussi par leur reprise du tube dance  » Not Over Yet  » de Grace, dans une version plus pêchue.

Les jumeaux Bishops ont quant à eux définitivement choisi les sixties. En costard et cravate, ils sautillent sur des morceaux qui dépassent rarement les trois minutes ! Autant dire que  » Higher Now « ,  » The Only Place I Can Look Is Down  » ou encore  » In The Night  » s’enchaînent sans temps mort. Sympathique, mais dommage que les mélodies ne soient pas un peu plus diversifiées.

De retour aux grand hall pour Albert Hammond Jr. et ses compères, j’arrive juste à temps pour découvrir en live  » Back to 101 « . Dans un style décontracté, le guitariste des Strokes en échappée solo nous prouve qu’il a aussi de belles possibilités vocales et le sens de la mélodie pop…

Aucun doute, Son Of Dave est un show-man. Pas de grandes démonstrations, il s’installe avec son harmonica et son tambourin, son chapeau marquant le rythme blues. En quelques minutes la salle est conquise, et sûrement bluffée par la présence qu’il dégage.

Les français de Cassius nous ont quant à eux livré un set plus électrique qu’électronique: accompagnés d’une chanteuse et de deux guitaristes, Zdar et Boom Bass n’avaient jamais testé cette formule devant autant de monde. Si le tubesque  » Toop toop  » extrait de  » 15 Again  » permet de beaux déhanchements, le reste du set est moins funky que ne le laissait présager l’album.

Dans un style plus mélancolique, le quartet Cold War Kids nous rappelle dans ses paroles que les choses pourraient être pires ( » We Used To Vacation « ) et affirme son style sur  » Hospital Beds  » ou  » Hang Me Up To Dry « . Ces titres figureront sur l’album  » Robbers and Cowards « , qui s’annonce plutôt bien !

Pour terminer la soirée, un petit détour par les Long Blondes dont c’était la première prestation en France: l’énergique Kate Jackson a tendance à un peu éclipser les autres membres du groupe (deux garçons, deux filles, pas une blonde à l’horizon) mais ça ne suffit pas à remuer les foules…

Samedi 9 décembre

Après quelques heures de sommeil bien méritées, me voici d’applomb pour vous rapporter cette dernière soirée des Transmusicales…

Les Klaxons sont attendus en conférence de presse à l’Ubu. Leur impressions sur le concert de la veille ? C’était  » bizarre « , du fait de la violence du public, mais ce n’était pas la première fois que ça arrivait (et sûrement pas la dernière…). Ils reviendront quand même en France au mois de mars, après la sortie de l’album.

conf_kc-2Plus tard dans la soirée, c’est au tour des Kaiser Chiefs de se livrer au jeu des questions-réponses. Détendus et rigolards, ils semblent assumer leur nouvelle célébrité, thème qu’ils devraient aborder dans leur prochain album après s’être mis d’accord sur l’usage des drogues (le batteur Nick Hodgson nie en bloc, Ricky Wilson n’est pas si sûr).

Il est désormais temps de goûter à un peu de chaleur brésilienne avec les Cansei de Ser Sexy ( » fatiguée d’être sexy « , une citation empruntée à Beyoncé), CSS pour les intimes. La salle est déjà bien échauffée par le mix rock des américains Glass DJ’s au moment où les cinq jeunes filles et le batteur entrent en piste. Le public scande  » CSS Suxxx  » avec la pétillante Ana et c’est parti pour une heure de rock déjanté.  » It’s hard to wake up alone, but it’s harder to wake up with someone you don’t know  » nous annonce-t-elle, et on ne peut qu’approuver. Le single  » Let’s Make Love And Listen To Death From Above  » terminera un set plein de bonne humeur.

La température n’est pas prête de redescendre en ce  » Saturday night  » dans le hall 3 puisque les Kaiser Chiefs s’apprêtent à la prendre d’assault. Sachant qu’ils ont été élus meilleur groupe de scène en 2005, on a hâte de voir en live le fameux saut de Ricky Wilson, qui selon la légende lui aurait sauvé la vie face à une voiture ! Et c’est vrai qu’ils ont de l’énergie les Loiners (hé non, on ne dit pas Leedsiens ou Leedsois), avec leurs Na Na Na Na Naaaa et leurs Oh Oh Oh Ohhohoho .

Si les titres  » Oh My God « ,  » I Predict A Riot  » et  » Everyday I Love You Less And Less  » rencontrent comme prévu un franc succès dans le public, les nouveaux morceaux s’annoncent également propices au pogo.

N’ayant fait qu’un rapide tour à certains des autres concerts de la soirée (le duo hype français Justice, l’étonnant mélange de classique et d’électro d’ Aufgang, et les beats de Digitalism ), je ne peux vous en dire beaucoup plus sur la soirée…

Ainsi s’achèvent ces 28èmes Transmusicales, espérons que les musiques actuelles continueront de se croiser et se mélanger à Rennes de nombreuses années encore, pour le bonheur de nos oreilles…

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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