Trans Musicales, jours 2 et 3

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Rennes se remet très doucement en cette période post-Trans, et nous recollons les morceaux pour nous poser une questions essentielle : qui des 91 artistes présents aux 32èmes Trans Musicales auront tiré leur épingle du jeu ? Voici nos Trans Awards.

Catégorie espoirs français

Au détour d’un hall ce vendredi soir, on tombe au beau milieu du set de Concrete Knives. Surprise, le groupe fait un vrai carton : devant cette joyeuse chorale, on pense à des référence canadiennes (New Pornographers, Arcade Fire), mais aussi au côté débraillé de Clap Your Hands Say Yeah. Vu la réaction du public, le rappel est de mise. Pas de doute, on risque de croiser les normands sur les routes de France l’année prochaine. Le groupe sera d’ailleurs à l’Ubu mercredi soir pour la finale du prix Médiator.

D’autre part, la tournée des Trans était bien fournie en groupes attrayants cette année. L’un d’eux originaire de St Lo, Belone, a la lourde tâche de remplacer Pigeon John samedi soir à la Cité, le bad boy étant coincé aux USA à cause d’une amende pour excès de vitesse (sic). Leurs pop songs sont relevées de riffs de guitare à la Phoenix, et le tout est bien balancé par l’énergie et la bonne entente du groupe.

Du côté du Liberté, nous avons pu découvrir rock direct et efficace de Garbo, que nous avons rencontré en interview.

Catégorie Rock is not dead

Même lorsqu’ils quittent la Californie, les Crocodiles ne sortent jamais sans leurs Ray-Ban. Peut-être un problème de compatibilité avec la lumière du jour, me direz-vous. En tout cas, le groupe de San Diego assure un concert court mais pêchu en début de soirée samedi, ponctué des cris/aboiements de Brandon Welchez. Pas de dream pop ici, on nage entre rock progressif et hymnes psychédéliques. On reste pendus au rythme de Neon Jesus et les refrains de Hearts Of Love et I Wanna Kill sont assez irrésistibles.

Chez Wu Lyf, crier, c’est une nécessité. Présentés comme la révélation du dernier Midi Festival, on était curieux de découvrir sur scène les mancuniens qui entretiennent le mystère : ils avaient refusé toutes les interviews en Grande-Bretagne, pour finalement en accorder une à Sofian Fannen de Libération. Bien que la façon de chanter du leader de la Lucifer Youth Foundation, Ellery Roberts, nous rebutait un peu, il faut dire qu’en live ça vaut le détour. Le gringalet dégage un réel charisme, bien qu’on ne comprenne pas toujours ce qu’il marmonne entre les titres, en français ou en anglais. Le son est puissant et profond et la configuration scénique remarquable (les quatres musiciens sont alignés, la batterie et le clavier se font face).

Les finlandais de Shogun Kunitoki, programmés vendredi soir entre Salem et Alex Metric, sont plein de surprises. Leurs morceaux instrumentaux vous bercent sur des rythmes répétitifs et des projections de formes abstraites, puis vous réveillent d’un son strident et torturé, un peu comme si NLF3 pétait un plomb. Une belle découverte.

Catégorie bombes latines (ou pas)

Oy | Trans Musicales | 10.12.2010

Suisse d’origine ghanéenne, Oy est seule sur scène avec des instruments qui demandent un peu de technique, par exemple une tortue-luth, et elle a du mal à composer avec un public dissipé. Dommage, car il y a de bonnes trouvailles dans les mélanges improbables, les mantras ironiques (« you have to think positively three times a day…repeat after me : positively, positively…positively !« ) et la voix puissante de Joy Frempong.

L’incontournable M.I.A nous fait l’honneur de sa présence, mais le show est bien décevant. Les morceaux s’enchaînent sans réelle cohérence, l’anglaise a l’air d’être dans sa bulle et le tout respire le superficiel.

Pour se déhancher, on préfére le set de la colombienne Bomba Estéreo, et son mix de cumbia et d’électronique, une vraie réussite pour amorcer la fin de festival à 4h50, samedi soir.

Mention spéciale à Dominique Young, qui malgré des goûts musicaux douteux, aura shaké son booty comme personne au Parc des expositions.

Catégorie inclassifiables

Connan Mockasin est vraiment à part. Outre sa coiffure au bol comme on n’en fait plus, le néo-zélandais a un style précieux et nonchalant qui fait flotter sa pop en eaux troubles. Album à découvrir l’année prochaine.

Dans un registre plus électronique sur disque, mais en live band sur scène, Matthew Dear ne semble pas à son aise dans le grand hall 9. L’apport des instruments n’est pas évident, et on préférerait découvrir l’univers du monsieur dans une plus petite salle. En attendant, on se repassera son savoureux dernier album Black City.

Coups de coeur

Généreux, Blitz The Ambassador et son Ensemble nous ont donné deux concerts épatants (oui, ce mot est encore utilisé) en un weekend, entre hip hop, world et funk. D’abord aux Champs Libres pour une conférence-concert sur le thème « comment le hip-hop se régénère en puisant dans ses racines », transformant la salle de conférences en écrin pour les cuivres énergiques. Puis dans le hall 4, électrisant la foule de son flow et puisant dans les airs traditionnels africains un supplément d’âme. Breathe est tout simplement un tube.

Blitz The Ambassador | Trans Musicales | 11.12.10

On avait découvert quelques vidéos et un EP d’Ava Luna avant ce concert, le premier en Europe pour les new-yorkais, et sur scène les mélodies et le groove sont bien là. Les trois choristes tiennent la colonne vertébrale des morceaux, pendant que le chanteur donne de la voix dans un style soul à la Jamie Lidell. Les morceaux sont pleins de détours et souvent imprévisibles. Un très joli concert.

Catégorie on regrette de les avoir loupés (mais on avait de bonnes raisons)

Sudden death of stars
Funeral Party
Manceau

Mentions spéciales

> Les DJs de la « Green Room » située dans le hall 4, qui ont fait danser les festivaliers en manque de beats à n’importe quelle heure de la nuit.

> Les retransmissions en direct d’Arte Live Web, disponibles en différé sur leur site. Bon son et réalisation nickel.

> L’enchaînement Dirty Boots (Sonic Youth) / Ledmonton (Clues) de DJ Ced à 4h du matin.

> Le warm-up d’A-Trak samedi soir, juste avant que Teenage Bad Girl nous fasse une démonstration de lasers des plus efficaces.

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En savoir +

Le site du festival : http://www.lestrans.com

Galerie photo : http://www.flickr.com/photos/transmusicales/

Mémoires de Trans, retour sur les éditions 1978-1988 des Trans : http://www.memoires-de-trans.com/

Les concerts filmés d’Arte Live Web : http://liveweb.arte.tv/fr/festival/Les_Transmusicales_de_Rennes/

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

3 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 15 décembre 2010
    ombline desbassayns a écrit :

    Retour sur la pâte à mâcher des « trans »

    Feuilletant la presse ce matin, je consacre quelque temps à un retour sur le festival de musiques actuelles des « Transmusicales » à Rennes et la façon dont les journaux en traitent, relayant pour la plupart la pâte à mâcher mise à leur disposition par les organisateurs de la manifestation.

    On sentira sans doute quelque exaspération, voire un certain dégout devant l’état des musiques actuelles aujourd’hui et de ceux qui font profession de les organiser : langue de bois, indigence de la pensée, degré zéro de la critique, domination sans réplique des critères quantitatifs, vulgarité désespérante sur fond de culture nihiliste et de « démocratie culturelle ».

    On aurait tort de s’imaginer qu’il s’agit ici de l’attitude réactionnaire de celle qui reste fermée aux émergences culturelles des musiques actuelles. Elle y a pris une part active elle-même et en est heureusement revenue.Pour se consacrer notamment à l’art qui ne rompt pas avec sa vocation émancipatoire.Mais de cette descente aux enfers de l’industrie culturelle, elle a ramené quelques viatiques pour soulager les victimes des sorciers capitalistes et de leurs icones contestataires. L’époque n’est plus à redouter que les musiques actuelles puissent contribuer en quelque manière à troubler l’ordre du monde. Leur raison d’être est désormais sous la forme assourdissante de la catastrophe du sensible de divertir et de leurrer les plus ou moins jeunes pour le plus grand profit des actionnaires de l’industrie culturelle. Osons donc face aux musiques actuelles être totalement inactuels. Face à la vulgarité de prescripteurs qui avouent sans honte venir aux « transmusicales » pour faire leur marché parce que «On voit ici émerger des mouvements qui cartonneront deux ans plus tard » (http://www.rennes.maville.com/actu/actudet_-Ils-font-leur-marche-aux-Trans-Musicales_dep-1618063_actu.Htm), cartonnons dès maintenant les idoles en cartons données en pâture à la jeunesse émergente, qui n’a pas oublié combien il fait bon se soulever contre ces fabricants de rêves et d’illusions assourdissantes .

    Sur le chanteur Stromae, soit disant révélation du festival, on découvre que les organisateurs, « en permanence à l’écoute des publics », ont accueilli cet artiste en résidence à Rennes. Placé en programmation sur NRJ en 2009, à la suite d’un stage effectué par le chanteur dans cette radio, le titre « alors on danse » rencontre un succès immédiat qui s’étend bientôt à d’autres pays d’Europe, le titre se classant notamment en tête des ventes en France , Allemagne, Belgique et Suisse. On voit bien de quelle « découverte » il s’agit ici pour les instigateurs des « trans » avec laquelle il partent en quête de subventions publiques en se faisant fort de défendre une image complètement fabriquée de « révélateurs de tentances » et de « découvreurs de talents ». Une investigation complémentaire fait apparaitre que Stromae est programmé 5 soirs de suite au théâtre de l’air libre alors que le festival ne dure que 3 jours et que les autres artistes n’apparaissent qu’une fois.

    Tout cela ressemble fort à un succès fabriqué. Cela est fort compréhensible quand on voit que les communiqués des organisateurs et des attachés de presse des « trans » sont repris par les journalistes sans aucune distance critique. Ainsi quand la directrice affirme que le festival est une réussite pour des raisons exclusivement quantitatives (« Nos deux principales soirées au parc expo affichent complet. La fréquentation totale va atteindre 55.000 personnes. »), la presse reprend cette affirmation sans la discuter comme s’il allait de soi qu’un phénomène artistique puisse être évalué d’abord en terme quantitatifs, en terme de fréquentation et de publics.

    Mais le seul quantitatif, est le critère d’une esthétique nihiliste : « « C’était très impressionnant. On n’avait pas imaginé un tel succès ». Béatrice Macé a eu quelques frayeurs vendredi soir au parc expo. Vers 1 h, l’arrivée de MIA sur scène a provoqué un énorme mouvement de foule à l’entrée du hall 9 ». http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/trans2010/rennes-35-58-000-festivaliers-en-trans-diapo-12-12-2010-1145369.php

    Frayeurs, succès, énorme mouvement de foule, tous les ingrédients sont là pour censurer toute émergence possible de l’art dont on peine désormais à croire qu’il se développe encore selon les lois de sa forme propre. Ce vocabulaire rend compte en fait de phénomènes que la sociologie des grands spectacles sportifs a depuis longtemps mis en évidence : masse hypnotisée, frissons et frayeurs parcourant une foule lobotomisée prête aux débordements les plus vulgaires et les moins réfléchis, bref succès absolu…

    Cette esthétique désormais dominante, qui n’en est pas une, a cessé de croire à la valeur artistique pour ne plus raisonner qu’en termes quantitatifs, jugeant de la valeur d’une œuvre à l’aune de la fréquentation des publics. Et l’idéologie des publics relayée par une armée de « médiateurs culturels » consacre une soi-disant « démocratie culturelle », qui n’est que le masque d’un gouvernement des populations cherchant par tous les moyens possibles à mobiliser des esprits et les sensibilités par la culture administrée. Mieux vaudrait désormais parler ici d’acculturation, d’anesthésie ou de catastrophe du sensible, autres noms pour une culture entièrement soumis aux principes économiques et à la dictature de l’audimat, quand bien même se serait celle d’une petite niche culturelle spécialisée. Qu’on imagine seulement la distance qui sépare la contre-culture « rock » des 60’s et 70’s des musiques « actuelles » aujourd’hui solidement intégrées et l’on verra les progrès réalisés par le pouvoir en terme de manipulation des corps et des consciences. Jusqu’à se demander si l’art aujourd’hui comme hier relèverait encore de la résistance au goût dominant.

    Mais cette idéologie des publics emboite le pas au discours consensuel de politiques qui comme Toubon prenant la relève de Lang dans les 80’s s’émouvait que les espaces du théâtre et de l’art contemporain soient aussi peu fréquentés alors qu’ils étaient largement subventionnés.

    Les musiques actuelles sont entre temps passées maitresses dans l’art du double langage : intégrées symptomatiquement dès l’ère Lang dans un département des industries culturelles créé au sein de la direction de la musique et de la danse du ministère de la culture, elle n’a eu de cesse de justifier l’intervention publique sur tous les tableaux, tout en défendant les prérogatives des entrepreneurs de spectacle et des actionnaires de l’industrie culturelle : revendiquant d’être évaluée selon des critères proprement artistiques alors qu’elle avait été soutenue par la puissance publique au titre d’industrie culturelle, servant à l’occasion à calmer une jeunesse turbulente, voire des banlieues en flammes (programme café-musique, instrumentalisation du rap et du hip hop et politiques de la ville)

    Quand un journaliste tente (Philippe Brochen, libération) de dépasser l’évaluation quantitative en s’essayant à qualifier les artistes programmés selon des critères artistiques (1), on est atterré par la finesse des catégories esthétiques employées : « la scène hexagonale a pris du muscle », « la tendance à Rennes est au transgenre », « Bomba Estereo sont des compatriotes incendiaires. »

    On notera au passage que la métaphore incendiaire se porte bien et flatte la posture rebelle des amateurs de musiques actuelles, désormais figée dans la simple apparence du consumérisme culturel et festif(2). Mais ces incendiaires relèvent plus de la parade commerciale que de l’émeute réelle. Et la contestation dans les musiques actuelles est fort tolérée voire encouragée quand elle est canalisée dans des parc-expositions gigantesques et exutoires, « sécurisés »par des milices et des maitres chiens et destinée à des foules abruties et anesthésiées.

    Autre symptôme omniprésent des musiques actuelles et de « la démocratie culturelle » : l’idéologie du festif. Il est significatif à cet égard que les condamnés de la prison de Rennes exigent du programmateur des « trans »« juste de la musique festive et du soleil » (3). Et de même, les condamnés de la « démocratie culturelle » et les damnés d’une société qui n’a rien d’autre à offrir qu’une culture anesthésiée et une fausse conscience aseptisée marchent au pas au son d’une musique festive et ensoleillée. Tristes mines, tristes sires, tristes musiques actuelles… Catastrophe du sensible.

    Le fin mot de l’histoire nous est révélé par Philippe Brochen de Libération : « la tendance à Rennes est au transgenre ». http://next.liberation.fr/culture/01012307666-trans-en-trois-temps

    « « Transmusicales », transgenre, transe tout court, la boucle est bouclée de la sainte trinité artistique de ce festival qui subsume ses objets assourdissants par la coiffe unitaire du « trans ». On croit rêver devant l’inventivité conceptuelle et la pertinence du projet artistique de ce festival qui sont des copier/coller des premières lignes de l’article « trans » dans l’encyclopédie en ligne wikipédia (4). Ici ce ne sont pas seulement les formules qui sont courtes, mais la foulée et la pensée. Et, malgré la posture feinte désormais usée du rocker rebelle, les « trans » sont bien toujours, du même coté, celui du manche, celui du tiroir caisse, celui de l’industrie culturelle et de la raison capitaliste (5).

    Ombline Desbassayns

    Mercredi 15 décembre

    (1) « En plus d’être, semble-t-il, un succès populaire (28 000 entrées payantes en trois jours, soit 4 000 de plus qu’en 2009), le 27e tome du festival rennais de musiques dites actuelles peut se flatter d’avoir livré un plateau aussi riche en artistes que varié en genres ». http://next.liberation.fr/culture/01012307666-trans-en-trois-temps

    (2) « L’artiste d’origine sri-lankaise était l’attraction numéro 1 du festival. Son show, aux décibels ultra puissante, a littéralement incendié le parc expo »

    http://www.letelegramme.com/ig/dossiers/trans2010/rennes-35-58-000-festivaliers-en-trans-diapo-12-12-2010-1145369.php

    (3) « On lui demande juste de la musique festive, du soleil. Les détenues nous disent qu’elles ont envie de s’amuser, de rigoler », explique Catherine Gloaguen, médiatrice culturelle de la Ligue de l’enseignement, qui organise régulièrement concerts, représentations théâtrales et spectacles à la prison ». http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hFRHLGtfV8EfLjDvJo2YtCDPSaEQ?docId=CNG.d77243557f46c5406b1b2f2007d24294.1e1

    (4) « Le mot latin trans signifie « de l’autre côté » et est l’antonyme de cis, qui signifie « du même côté ».

    Trans est souvent utilisé comme forme courte pour transexuel ou éventuellement transgenre.

    Les Trans comme forme courte pour le festival des Transmusicales de Rennes (France) ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Trans

    (5) « Ce n’est pas la marotte du fou qui teinte à nos oreilles, mais le trousseau de clefs de la raison capitaliste ». Th. W Adorno

  2. 2
    le Jeudi 16 décembre 2010
    Julia a écrit :

    Chère (?) Ombline,

    J’ai retrouvé ce texte dans les commentaires de Rue 89, j’en déduis donc que vous souhaitez faire connaître votre parole au plus grand nombre et vous proposerait d’écrire un essai ou de proposer vos écrits à une publication.

    Je ne pourrais pas commenter tous vos arguments, juste quelques remarques :

    > A mon humble avis, les Trans Musicales n’est pas le festival qui mette le mieux en lumière le « consumérisme culturel et festif », un phénomène que certains qualifient de « festivalomanie » et ce depuis les années 80. Il y a au niveau européen aujourd’hui une ribambelle de festivals qui cherchent à atteindre une fréquentation record, les Trans ayant au moins le mérite de proposer un vrai projet artistique, aussi subventionné qu’il soit.

    > En ce qui concerne Stromae, la formule de résidence à l’Aire Libre et de 5 jours de concerts était déjà en place l’année dernière et ne lui était donc pas réservée. Après sur la pertinence du choix de programmation, on peut penser ce qu’on veut…

    > Le concert en prison décrit comme « festif et ensoleillé » était celui de Systema Solar, un groupe de Colombie. L’autre concert programmé à la prison des femmes était celui de The Pack A.D, dans un style totalement différent. C’est sûr que ce genre de concerts ne va pas changer la condition des détenus, mais n’est-ce pas déjà une bonne occasion de faire rentrer un peu de musique (aussi aseptisée et commerciale qu’elle puisse être) en prison ?

    > Bien sûr qu’il y a une part d’instrumentalisation des festivals à des fins d’image pour les collectivités, mais le souci du chiffre que vous mettez en avant recouvre aussi une réalité économique. Les recettes d’un festival c’est : billetterie, subventions, recettes bar & restauration, sponsors privés. En temps de « crise » et surtout de concurrence accrue entre évènements, le nombre d’entrées devient une obsession pour boucler le budget de l’année suivante.

    Merci en tout cas pour ce cours sémiotique intéressant, et n’hésitez pas à nous faire partager « l’art qui ne rompt pas avec sa vocation émancipatoire » que vous expérimentez désormais, afin qu’une partie des masses puisse en profiter.

  3. 3
    le Jeudi 16 décembre 2010
    bates a écrit :

    Ce festival est devenu une merde pourrissante sauf au niveau tiroir-caisse…
    Des lieux immenses à peupler au prix fort + des artistes inconnus qui doivent pas coûter bien cher à programmer = jackpot.

    Et qu’on ne vienne pas chouiner ‘artistes de demain’… Ca fait combien d’années que les trans n’ont pas révélé un artiste ? Ben Harper est loin…

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