Top 5 – Les meilleurs films d’Avril

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Après le mois de mars et l'événement Sucker Punch, c'est au tour du mois d'avril d'offrir son gros calibre, à savoir le dernier Wes Craven qui n'est autre que le quatrième opus de la saga. Sans suspense et malgré un agréable épisode à regarder, ce Scream 4 ne figurera pas dans la liste des films à voir ou à revoir pour ce mois-ci. Un fameux dicton nous dit : « En avril, ne te découvre pas d'un film ». C'est apparemment un dicton aussi pris au pied de la lettre par les professionnels du cinéma, car il faut attendre la fin du mois et la confirmation des beaux jours pour voir sortir les meilleurs longs.

Mentions honorables.

Comme il en faut pour tous les goûts, dit-on, la suite risque de ne pas plaire à tout le monde. Passons donc ensemble du pur divertissement pour enfant à la véritable œuvre de cinéma et débutons par le bas du tableau. Titeuf, le film (en salles depuis le 6 avril), toujours signé de la patte de Zep, ressemble à un épisode télévisé, mais d’une longueur bien plus conséquente. L’occasion n’est que trop belle pour se permettre de brasser les thématiques des séries animées (devoirs, jeux vidéos, premiers sentiments amoureux) en y rajoutant un élément beaucoup plus intéressant et qui s’avère être le point fort du film : le divorce et les conséquences sur l’enfant. Loin d’être idiot, Titeuf ne manque pas d’humour ni de peps.

La seconde mention est pour un autre film classé dans le pur divertissement, à savoir le dernier Tsui Hark, Detective Dee (en salles depuis le 20 avril). Pour son 43e long, le réalisateur hongkongais se plonge dans la Chine impériale et populaire au beau milieu de la dynastie Tang. Somptueux dans les décors, quitte à en devenir lourd, spectaculaire dans le strict minimum des scènes d’action, ce Detective Dee reste agréable et trop rare pour oublier de le mentionner.

Troisième mention pour un thriller psychologique allemand, signé Baran bo Odar. Il était une fois un meurtre (en salles depuis le 27 avril), c’est une histoire d’un classicisme assez morose (un assassinat en rappelant un autre ayant eu lieu vingt-trois ans plus tôt), mais d’une maîtrise aiguisée, aussi bien dans l’écriture du scénario que dans la recherche psychologique des personnages. A cela, on rajoute une belle pléiade d’acteurs entre Burghart Klaußner (Goodbye Lenin, The Reader), Ulrich Thomsen (Brothers, Le poids de l’eau, Revenge) ou Katrin Sass (Goodbye Lenin).

Enfin dernière mention pour un coup de cœur visuel, un spectacle à part entière, le Pina 3D (en salles depuis le 6 avril) de Wim Wenders. Au départ hommage à la danseuse Pina Bausch qui est décédée pendant le tournage, le documentaire s’est transformé en un spectacle hommage où la 3D joue un rôle important, en amenant une certaine profondeur et une précision des mouvements forçant à la fluidité des danseurs. Entre des séquences en plein air assez hallucinantes et celles plus traditionnelles dans une salle, Pina est une oeuvre immanquable pour les amoureux ou amateurs du genre.

Le Top 5

5. La Proie, d’Éric Valette

Fred Cavayé avait déjà montré la voie, en dehors des super-productions de Pierre Morel, le thriller à la française peut être aussi efficace que l’homologue américain, surtout quand il est maîtrisé et intelligent dans son déroulement et son propos. Mené tambours battants par un Albert Dupontel actif sur le tournage (il a fait toutes les cascades), La Proie peut se targuer d’être rythmé et imprévisible, jouant la carte du traqueur traqué, avec notamment une confrontation Debac – Dupontel très intéressante. La confirmation également qu’après Une Affaire d’État, Éric Valette est bien mieux en France à prendre son temps pour sortir ce genre de travail, plutôt qu’à faire des commandes américaines sans intérêts comme Hybrid ou le remake One Missed Call. (En salles depuis le 13 avril).

4. Animal Kingdom, de David Michôd

Thriller subversif et viscéral dominé par une pléiade d’acteurs étonnants de justesse, le premier long métrage de David Michôd, Animal Kingdom, a été logiquement remarqué à Sundance cette année. À l’image d’un cinéma australien qui essaye de se faire une place au soleil, David Michôd a signé un thriller-polar dramatique doté d’une sacrée envergure et d’une sincérité attachante. Une belle bande d’acteurs talentueux déjà (James Frecheville, Guy Pearce, Jacki Weaver, Joel Edgerton) et une histoire en apparence très simpliste et franchement haletante. Avec un bon usage des codes du genre, sans les transgresser, mais en les renouvelant avec une précision et une finesse étonnante, Animal Kingdom s’avère être un film assurément bien maîtrisé, qui joue à la fois dans la cour du film d’action viscéral sans esbroufe, et du drame émouvant. (En salles depuis le 27 avril)

3. Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du Monde, de Stéphane Kazandjian

Difficile en France de faire une critique du système économique et politique, même si pourtant on s’en amuse. C’est en partant de ce principe que l’on se retrouve devant un film caricatural complètement décomplexé, qui ne vise simplement qu’à faire sourire son public devant des choses bien réelles, sans tomber dans le cliché pathétique. La confrontation entre François-Xavier Demaison (le patron moderne) et Laurent Lafitte (la fouine journaliste) tourne autour de l’attachement et de la répulsion, avec une écriture toujours très simple et pertinente. Comme quoi, pas besoin de s’appeler Klapisch ou de sortir de chez Gaumont pour être sincère et drôle. (En salles depuis le 27 avril)

2. Tomboy, de Cécile Sciamma

En exposant la thématique de l’enfant en quête d’identité, Cécile Sciamma (déjà révélée au public en 2007 avec Naissance des pieuvres) signe avec Tomboy un film singulier, touchant et sans tabou. Au beau milieu d’un été dans un quartier résidentiel, une petite famille débarque et Laure cherche à s’intégrer. Suite à un quiproquo, elle se pousse elle-même à rester ce que le groupe d’enfants croit qu’elle est : un garçon. Elle fait alors la connaissance des premiers sentiments bisexuels, elle se cherche elle-même, se cache et s’assume pourtant. Sans être choquant, caricatural ou humiliant, Tomboy est un film intéressant dans sa thématique, sincère et touchant. (En salles depuis le 20 avril)

1. L’Étrangère, de Feo Aladag

Représentant déchu de l’Allemagne aux Oscars 2011, L’Étrangère est le coup de cœur du mois, et sans aucune hésitation ! En nous racontant l’histoire d’une femme fuyant Istanbul et un mari qui la bat, en emmenant avec elle son enfant, qui croit trouver dans sa famille le soutien et le réconfort, va trouver honte et déshonneur. La sublime Sibel Kekilli d’une justesse ahurissante dès le départ est à l’image d’un film captivant dès le départ, intrigant et sensible. D’actualité et pertinent dans son propos, L’Étrangère évite les écueils mélodramatiques pour mieux faire évoluer son propos, sans diaboliser un camp ou l’autre, en évoquant sans pathos le crime d’honneur et le combat d’une femme moderne, en opposition aux traditions ancestrales. Un film qui fait l’écho des femmes battues et maltraitées à travers le monde, avec cet exemple inspiré de faits réels. (En salles depuis le 20 avril)

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A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

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