Timber Timbre en cinq mots

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Le quatrième album du groupe formé autour de Taylor Kirk, originaire de Toronto, sort aujourd'hui. Beau et énigmatique, Creep On Creepin' On nous a donné envie d'explorer la personnalité de Timber Timbre.

Timber Timbre a émergé en France à l’occasion de la sortie ici d’un troisième album, récoltant alors tous les honneurs. Sobrement intitulé Timber Timbre, il était sorti depuis 2009 au Canada après deux courts albums autoproduits avec deux bouts de ficelle à Toronto, Cedar Shakes et Medicinals. Taylor Kirk les a tous composés en solo, avant d’être rejoint par Simon Trottier et Mika Posen sur scène. Ils ont ensuite pu participer pleinement à la conception d’un quatrième album qui sort aujourd’hui, Creep On Creepin’ On. Pochettes mystiques, paroles énigmatiques, l’univers du groupe est sombre et intriguant. Penchons-nous sur la potion magique de Timber Timbre, en cinq mots accompagnés de fragments d’interview de Mika Posen.

Envoûtement

Timber Timbre – Demon Host from Scott Cudmore on Vimeo.

A l’écoute du troisième album de Timber Timbre, on croit être sous l’emprise d’un charme quelconque. Le tempo est lent, l’orgue est omniprésent et les réverbérations sont systématiques sur la voix de Taylor Kirk : tous ces éléments rendent l’expérience enveloppante. On passe d’un état de totale sécurité (Demon Host) à des sols beaucoup plus meubles et instables (I Get Low, Lay Down In The Tall Grass). Timber Timbre nous fait visiter des paysages fantomatiques, où des formes mouvantes se matérialisent. On se verrait presque tout quitter pour adopter un corbeau et emménager dans un caveau.  « It’s time to get out, it’s time to make a living / I reach the summit / But I come tumbling back down…

Expérimentation

Creepy : glaçant, déplaisant, affreux. Avec ce jeu de mot, le titre de l’album donne le ton : Timber Timbre va sûrement nous emmener hors des sentiers battus pour ressentir un frisson d’insécurité. Première impression : l’album laisse plus de place à l’expérimentation, et ce n’est pas la présence au générique de Colin Stetson, saxophoniste extravagant signé sur le label montréalais Constellation, qui nous contredira.

Les respirations instrumentales sont particulièrement intéressantes, lorgnant parfois vers la musique contemporaine (ObeliskSwamp Magic) et les compositions de Béla Bartok. Le violon de Mika est très présent, mimant une guitare (Black Water) ou tenant les aigus pour emmener le son le plus loin possible, comme sur Creep On Creepin On. Parmi les meilleurs moreaux de l’album, on retient Woman, un mix parfait entre une musique de film d’horreur des années 30 et un slow des années 50. Plus varié, Creep On Creepin’ On n’en est que plus riche. Vous allez aimer avoir peur.

Textures

MikaC’est le premier album que Taylor a réalisé avec d’autres personnes. Simon a beaucoup travaillé avec lui, il a apporté beaucoup des sons plus expérimentaux qu’on retrouve sur Creep On Creepin’ On. J’ai vraiment travaillé en collaboration avec eux, et pour cet album j’ai plus pensé à des textures qu’à des mélodies. Taylor m’a dit de simplifier mes idées pour créer une atmosphère. C’est différent par rapport aux autres groupes auxquels j’ai pu participer.

Obscurité

Il paraît que ce nouvel album a été enregistré dans une église de Montréal. Heureux hasard, le groupe était invité à le restituer à la Chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo en février dernier lors de leur tournée française.

Mika : La tournée en France s’est très bien passée. Nous avons même joué dans une église, à la Route du rock. Nous aimons jouer dans les églises car il y a cette réverbération naturelle. La seule chose négative, c’est que nous avons joué en fin d’après-midi, vers 17h, et ça fait bizarre de jouer quand il fait jour. L’environnement nocturne sied mieux à Timber Timbre.

Intemporel

Timber Timbre mixe avec brio des touches de blues, de soul et de folk. Black Water (premier single du nouvel album), avec sa basse rampante et ses touches de piano comme des gouttes de peinture colorée sur un toile noire, semble en suspension entre deux époques, et entre deux humeurs. Joie et mélancolie. L’orgue omniprésent et la voix de crooner des bas-fonds sur contribuent à rendre la musique de Timber Timbre hors du temps.

Mika : Taylor est très influencé par les musiques traditionnelles blues, le doo wap, Elvis Presley, Neil Young. Il essaie de mixer cela avec un « modern twist », quelque chose de plus contemporain. Ca crée un réel mélange des styles, et l’adjectif intemporel sied bien à notre musique. Et c’est vrai qu’il y a quelque chose dans la voix de Taylor qui tient du crooner.

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En savoir +

Timber Timbre, Creep On Creepin’ On (Pias), sortie le 4 avril 2011.

Myspace : http://www.myspace.com/timbertimbre

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

2 commentaires

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  1. 1
    Clara Ortiz Marier
    le Mardi 5 avril 2011
    ClaraOM a écrit :

    Avec la participation de Colin Stetson! J’ai d’autant plus hâte d’entendre ce nouvel album!

  2. 2
    le Mardi 5 avril 2011
    Julia a écrit :

    Oui, il a l’air particulièrement actif à Montréal :)
    Toi qui l’a vu en live, tu avais peut-être entendu quelques nouveaux titres, en tout cas cet album est très chouette.

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