TILT – Festival Moderne

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Pluridisciplinaire et un peu geek sur les bords, mais fondamentalement éloigné des mastodontes du genre, le TILT Festival de Perpignan continue son petit bonhomme de chemin depuis 9 ans déjà, avec opiniâtreté et conviction.

À quelques jours d’une édition 2011 (du 17 au 19 mars) qui fait le grand écart entre David Bowie, Stromae, l’électro hype, et l’analyse sociale, nous avons posé quelques questions à Maurice Lidou, son directeur au CV impressionnant (entre autres membre de l’équipe initiale des Trans’musicales, cofondateur de l’IRMA, Co fondateur du FAIR)

Pouvez-vous en quelques mots nous présenter le concept du festival ainsi que l’équipe qui est derrière tout cela ?

Image de Tilt Festival 2011 - Du 17 au 19 mars TILT est né il y a 9 ans sur l’intuition que la « révolution numérique » allait bouleverser les usages et la pratique artistique et particulièrement que le traitement de l’image allait devenir, techniquement, aussi abordable que la pratique musicale. Du coup, il était évident que nous allions voir apparaître de nouvelles formes artistiques que l’on peut qualifier d’Art d’hybridation. TILT se veut donc le reflet de ces nouveaux territoires explorés par des artistes qui ne s’encombrent plus des étiquettes.

Auriez-vous quelques chiffres à nous donner ? Fréquentation, budget, bénévoles, salariés, financements, etc.

TILT est un petit festival et tient à le rester pour continuer à travailler sur l’émergence. La fréquentation totale sur 3 jours se situe entre 3 000 et 3 500 personnes. Il est adossé à une structure permanente le Théâtre de l’Archipel qui gère elmediator (salle de musiques actuelles), le Théâtre municipal et le nouvel équipement conçu par Jean Nouvel qui ouvrira ses portes en octobre prochain www.theatredelarchipel.org. Le budget du Festival (hors personnel permanent) est de 130 000 €.

Expo photo, théâtre, concerts, débats. Quel est le dénominateur commun de tout ce que le festival proposera au cours du week-end ?

Le dénominateur commun c’est un regard à 180° sur la création numérique. On pourrait aussi parler d’Arts technologiques. Cette notion traverse à la fois le champ des musiques actuelles, des arts numériques et du spectacle vivant. Le cœur de ce projet est la création artistique à travers le rapport homme/machine.

La présence de Stromae avait fait débat lors des Trans’. Qu’est-ce qui vous a convaincu de l’inviter ?

Professionnellement, je suis issu des Trans-Musicales, j’en avais parlé avec Jean-Louis Brossard qui m’avait convaincu de venir voir le spectacle et comme presque toujours il avait raison. Stromae est un vrai artiste, représentatif de son époque et le travail de l’image dans son spectacle est assez bluffant.

Le festival Tilt c’est aussi son concours Clip’n remix. Combien de participants se sont inscrits pour participer au concours le jour même ? Combien de participants ont participé au concours en ligne ?

Pour le concours en ligne on est à 50 inscrits, ce qui n’est pas mal étant donné que nous n’avions plus notre partenariat avec le site CQFD des Inrockuptibles et nous sommes à plus de 20 équipes pour le concours le jour même.

Quelles ont été vos meilleures surprises lors des précédentes éditions du concours ?

Difficile de faire des choix ! Disons, l’année dernière le clip de Pascal Michel et Antony Mar sur Sex is Fashion de Curry & Coco pour leur drôlerie, les Catalans d’Affluenza en 2009 pour leur mash-up cinématographique. En 2007, le clip gagnant d’Olivier Blaecke Ni Dieu ni Maître de La Canaille est devenu leu clip officiel. Et le génial remix d’Hektor de Elle m’a dit de Cali en 2005.

Considérez-vous le festival comme étant « difficile » à mettre en place et à défendre de par son éclectisme ?

Faire le choix de l’émergence n’est pas le choix le plus facile, d’autant que ce festival est un OVNI dans le paysage culturel local, Perpignan n’est pas la ville la plus branchée nouvelles technologies. On est d’autant plus heureux de bénéficier d’un soutien sans faille de la municipalité.

À quoi ressemble le public du festival ?

15-40 ans, musicalement assez electros, quelques geeks, des branchés arts plastiques et une partie du public théâtre très heureux qu’on leur propose des formes non conventionnelles.

À quoi allez-vous mesurer le succès de l’évènement ?

Au fait que souvent les salles sont pleines, aux sourires du public qui vient vous remercier, au plaisir des artistes heureux de l’accueil et au fait que notre petit festival, dans cette ville un peu loin de tout, bénéficie d’une bonne retombée médiatique.

Un spectacle en prise directe avec l’actualité, une fable pour grands, une conférence débat sur l’engagement artistique, une borne interactive sur les chansons contestataires. TILT est-il un festival « engagé » ? Ou réfutez-vous ce mot valise qui peut dire tout et son contraire ?

On a failli employer le mot « concerné », mais ce n’était pas mieux qu’engagé ! Cela correspond à une évolution du Festival qui jusque-là visait surtout à présenter de nouvelles formes esthétiques. Tilt Festival est né de la musique électro, de la vidéo et de l’Internet, associant musiques, images et spectacle vivant et se tenait à distance du théâtre ou le texte est l’élément central et dominant. Il se trouve qu’aujourd’hui de nouvelles formes apparaissent ou le texte n’est que l’un des éléments de la narration. Pour nous ça devenait possible. Et au vu du contexte social, politique, économique et environnemental, se réfugier dans sa bulle n’était plus possible, il fallait au moins s’engager à se faire l’écho des turbulences du monde.

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TILT Festival de Perpignan – du 17 au 19 mars 2011

Site officiel : http://www.tilt-festival.org

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Image de : Fondateur de Discordance.

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