This is England

par Trots|
Ici, pas de méchants skinheads. Seulement des gosses paumés et d’autres plus âgés, tout aussi désorientés. En 1983, l’Angleterre thatchérienne manque de repères. Certains adoptent le "look" skin par désoeuvrement, d’autres se réfugient dans un nationalisme qui exacerbe les haines sociales sous-jacentes de l’époque.

this_is_englandS’inscrivant dans la lignée du cinéma britannique à connotation fortement sociale, Shane Meadows offre toutefois un long-métrage inégal. Shaun, 12 ans, intègre une bande de jeunes skinheads presque sympathiques, mais cette expérience l’amène vite à côtoyer d’autres skins beaucoup plus radicaux, membres du National Front et porteurs de valeurs violentes et xénophobes.

Le jeune Thomas Turgoose est très convaincant dans le rôle, en particulier lorsqu’il passe successivement de l’ado qui se laisse convaincre (voire embrigader) par des idées politiques qui le dépassent, à l’enfant meurtri par la mort de son père.

Le réalisateur a fait le choix de montrer à la fois les facettes les plus sombres de ces personnages, et leur fragilité humaine et sociale pour expliquer leurs dérives.

On ne sait plus quoi penser d’eux, et en voulant attirer une certaine sympathie sur chacun, Shane Meadows passe un peu à côté de l’approfondissement indispensable dans ce type de cinéma engagé, qui par là-même en perd son caractère. engagé.

Le mouvement skin n’est alors abordé qu’en surface, mais franchement, pour une fois qu’on aborde les années 80 sans parler de hippies !

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Site officiel: www.thisisenglandmovie.co.uk/

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3 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Samedi 20 octobre 2007
    Stedim a écrit :

    Je passe. Je lis. Et j’aimerais savoir ce qui t’a motivé à aller voir ce film initialement. Quel était l’intérêt premier ? Puis les suivants ?
    Un regard sur les skinheads ? Un regard différent sur les 80′s ? Un regard sur une certaine Angleterre ?

    Et est-ce qu’à la sortie, ce film correspondait à l’idée que tu t’en faisais avant d’entrer dans la salle ?

    Merci. :-)

  2. 2
    le Dimanche 21 octobre 2007
    Anonyme a écrit :

    Hello,
    effectivement j’ai été principalement motivée pour aller découvrir ce film dans l’idée de voir ce que le réalisateur aurait à dire sur l’histoire d’un gamin un peu paumé qui entre dans le mouvement skin par une bande de potes et finit par se retrouver dans un univers beaucoup plus politisé et radical. Bon… et puis aussi parce que le mouvement skin m’intéresse politiquement et culturellement, donc j’en attendais une certaine explication, en quelque sorte.
    Le film ne correspondait pas vraiment à ce que je pensais y trouver, puisque comme je le disais pour moi ce n’était pas assez approfondi sur les idées développées, mais l’intérêt n’est pas là, plutôt dans une histoire quand même sympathique, où on s’attache aux personnages.
    Voilà! Bon week-end à toi.

  3. 3
    le Vendredi 16 novembre 2007
    Stéphanie Hochet a écrit :

    « This is England », ceci est la France, film de Shane Meadows

    En 1983, Shaun Field a douze ans et vit avec sa mère dans une banlieue côtière du nord de l’Angleterre. Son père a perdu la vie dans la guerre des Malouines, ce conflit supposé incontournable selon Margaret Thatcher qui ne plaisantait pas avec la question de la souveraineté politique. Des sarcasmes à l’école, le sentiment de l’isolement et voilà Shaun facilement séduit par un groupe de skinheads qui lui donne l’illusion d’avoir trouvé une famille. Au début, c’est une bande d’adolescents soudés par le look, la musique Punk, le Ska, puis arrive Combo, triste sire, dépressif paradoxal, un ex du clan, fraîchement sorti de prison, qui livre un message politique raciste. La manipulation commence. Shaun fait un premier pas vers Combo qui le prend sous son aile, le garçon ne demandait pas mieux, il va enfin pouvoir justifier sa violence et s’abriter derrière des slogans. C’est là que se fait le point de contact avec mon roman « Je ne connais pas ma force » : la fierté regagnée à travers ces faux-semblants de théorie politique, la tentation de l’extrême et le dégoût qui s’ensuit. Shaun comme Karl, mon personnage, n’est pas un monstre, il passe par là, se perd un moment, cède au racisme ordinaire , glisse vers le pire parce que la violence est acceptable quand on se fie à un leader, l’union tient chaud.

    Les garçons partent en guerre, l’épée au poing, Shaun hisse le drapeau de la croix de Saint Georges au dessus de lui, Karl éperonne une monture fantasmatique et s’imagine lutter contre les ennemis d’un empire qui n’est autre que son propre corps. Il faut l’électrochoc d’une bastonnade mortelle chez l’un, le face à face avec un ancien membre du Troisième Reich chez l’autre pour provoquer un dégoût qui sera le premier mouvement vers la rétractation. Le film de Shane Meadows finit au bord de la mer, mon roman aussi, Shaun et Karl vont au-delà.

    © Stéphanie HOCHET 2007

    http://www.myspace.com/stephanie_hochet

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