There will be blood

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Réalisateur rare s'il en est, Paul Thomas Anderson, à ne surtout pas confondre avec le réalisateur de AvP ou de Resident Evil, Paul "jeux vidéos" Anderson, revient après 5 années d'absence dans les salles obscures pour son "There will be blood". Attention chef d'oeuvre !

twbb-2Le papa de Magnolia et Punch-drunk Love assomme littéralement le monde du cinéma avec une fresque sublime sur l’Amérique à l’aube du vingtième siècle, sur fond de prospection pétrolière, soutenu par un Daniel Day Lewis pour qui les superlatifs ne suffisent plus à décrire le talent.

Adapté du roman Oil ! d’Upton Sinclair écrit en 1927, le film nous raconte la vie de Daniel Plainview, alias Daniel Day Lewis ( Le dernier des mohicans, Au nom du père, Gangs of New York ) chercheur d’or raté et qui entame sa carrière de prospecteur de pétrole vers l’année 1900. Après un premier gisement fructueux, ce dernier reçoit un jour la visite d’un jeune homme désespéré, Paul Sunday, fils d’un pauvre fermier de Little Boston, qui lui indique contre une poignée de dollars que la ferme de son père renfermerait un océan de pétrole sous ses terres. Daniel, accompagné de son jeune fils, H.W. ( Dillon Freasier, très prometteur), décide d’aller voir par lui-même ce qu’il en est. Et il ne sera pas déçu. Cependant la route de la fortune mettra sur son chemin Eli Sunday, interprété par le brillant Paul Dano (l’ado silencieux de Little Miss Sunshine ) l’autre fils du fermier et prêtre charismatique de l’église locale.

C’est le concept même du rêve américain que Paul Thomas Anderson dessine sous nos yeux admiratifs : le portrait de cet homme parti de rien et qui arrive à la fortune à force de travail, d’audace et d’abnégation. Mais les sacrifices seront nombreux et l’attitude de Daniel Plainview face aux obstacles de la vie nous fait passer du respect au dégoût profond, tant ce dernier ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs. Ce personnage résume à lui seul la notion de capitalisme, l’enrichissement personnel au détriment des autres et de sa propre humanité, d’autant plus contrasté par le personnage d’ Eli, ne vivant que pour sa communauté.

L’immersion dans cette Amérique du début de siècle est totale, Paul Thomas Anderson sait capter ces petits détails qui, placés bout à bout, donnent vie à un univers. Pas un plan n’est inutile, ils sont tous le fruit d’une réflexion approfondie. Qu’il s’agisse d’un long travelling suivant le visage angoissé d’un père portant son enfant blessé ou d’un plan fixe captant l’émotion d’un silence pesant, tout est parfaitement juste. Hommage donc au directeur photo, Robert Elswit, fidèle d’ Anderson et à qui l’on doit également la beauté d’un film comme Good Night and Good Luck ou Syriana . Elswit sait capter la lumière parfaite pour chaque scène et donne une dimension supplémentaire aux comédiens. Chapeau bas également pour la musique du film, surprenante et envoûtante, qui s’intègre à merveille dans cette fresque.

Si ce film est l’aboutissement d’un travail commun de tant de personnes de talents, c’est encore et toujours pour Daniel Day Lewis que l’admiration soulève des montagnes. Impérial de la première à la dernière minute d’un film de 2h40, d’une justesse rarement atteinte jusque-là, captivant des foules entières par l’intensité de son regard, qui retranscrit en quelques secondes des émotions que des centaines de mots ne feraient qu’effleurer. L’Oscar reçu pour sa prestation semble tellement logique que le contraire aurait été un scandale pur et simple.

Un film à voir impérativement, un portrait d’hommes hors du commun, une fresque mémorable, à ranger avec des films comme Docteur Jivago ou Il était une fois en Amérique . Espérons seulement ne pas avoir à attendre 5 ans avant de retrouver Paul Thomas Anderson derrière une caméra.

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Site officiel: http://www.therewillbeblood.com/

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3 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 9 mars 2008
    Arizona Dream a écrit :

    Chef d’oeuvre…oui! Une réalisation magistrale, tout comme la musique – envoûtante et solennelle – idem pour les acteurs, particulièrement DDD et Paul Dano. Pas étonnant que le film se termine sur eux. J’aime beaucoup la scène finale et l’écran noir avec les lettres blanches du titre du film qui tombent sec telle une sentence. Et ce pétrole noir qui jaillit des entrailles de la terre, c’est très très impressionnant.

  2. 2
    le Samedi 1 mars 2008
    Lola Amora a écrit :

    Superbe film! Il sera très vite culte!

    ‘tention! Bcp de critiques de film ici sur cette page! J’espere que Discordance va pas devenir les cahiers du cinoche!

    Mais chuis preneuse d’un article sur D.D.Lewis ce génie trop méconnu. ^^

  3. 3
    le Samedi 1 mars 2008
    Pascal a écrit :

    J’espere que Discordance va pas devenir les cahiers du cinoche !

    Pas de danger à ce niveau là, je te rassure. D’autant plus que nos chroniques sont beaucoup plus palpitantes ;o)

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