The Wave Machines

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Formés en 2007 à Liverpool, The Wave Machines est un groupe rafraichissant pour deux raisons : sa jeunesse et son style pop suave, qui mélange une électro parfois ringarde à des touches de rock alternatif plutôt bien placées.

De passage à Paris à l’occasion de la sortie de leur premier album, Wave if you’re really there, nous avons posé quelques questions à ce groupe dont on entend dire un peu partout qu’ils seront l’une des sensations de l’été.

Pourquoi ce nom : The Wave Machines ?

Tim : (chant, guitare) On regardait pour des noms de groupes, et tout en cherchant, j’ai pensé que les êtres humains pouvaient ressembler à des sortes de machines à vague, des ondes qui font du bruit, et que ça pouvait envoyer des signaux aux gens. On est tous des machines à vague en quelque sorte…

Quelles sont les influences de chacun pour obtenir un tel mélange ?

Tim : Il y a beaucoup de choses à la base. Je pense pour ma part à beaucoup de classiques rock, comme The Doors, Led Zepellin, des gros groupes de guitare. Ce qu’ils font, c’est ce que je voudrais : jouer sur scène de la guitare comme un adolescent. C’est le truc le plus cool que l’on puisse faire.

James : (Bass, clarinette) J’ai été beaucoup influencé par New Order et leur façon excitante d’utiliser des technologies dans leur musique.

Carl : (clavier, guitare, chant) J’aime beaucoup la collection de mon frère : Echo and the Bunnymen, des groupes de Liverpool des années 70-80’s ou ceux de ma mère comme Barry White.

Vidar : (percussions) Pour ma part, ce sont réellement les Beatles. Ça ressemblait à une fratrie, un batteur génial, un esprit.

Donc beaucoup d’influences anglaises ?

Tim : Oui je crois bien pour le coup.

Wave If You’re Really There est votre premier album, après deux singles. Comment peut-on qualifier l’esprit de cet opus ?

Image de The Wave Machines - Wave If You'Re Really There Tim : DIYDo It Yourself. On a fait cet album ensemble et c’était vraiment quelque chose qu’on avait envie de faire : enchaîner des dates de concert, enregistrer de la musique… Dans son processus, le DIY fut une réelle découverte.

Carl : C’était pareil pour l’artwork, car il y à Liverpool des artistes, des designers, la possibilité de travailler sur autre chose. Partager en quelque sorte.

À l’image de celle très favorable du NME, il y a de très bonnes critiques concernant cet album…

Carl : Je pense que c’est très utile pour nous et que ça permet d’avoir des gens qui achètent l’album juste après avoir lu une bonne critique (rires). C’est toujours satisfaisant de savoir qu’on apprécie votre album,  même si la critique était mauvaise. La meilleure critique reste la possibilité de s’exprimer sur scène. Entendre l’une de tes chansons qui passent à la radio, c’est aussi une bonne manière pour les gens de juger ta musique. Une critique reste quand même assez subjective.

Pourrait-on dire que cet album est très positif ?

Tim : Oui, il l’est. Il y avait une grosse énergie, tout au long de l’enregistrement. Et pourtant, il y avait des éléments mélancoliques, même dans les paroles, des choses de la vie de tous les jours.

Carl : C’est plus réfléchi sur le fond. C’est quelque chose d’actif et en même temps, il y a quand même beaucoup de frustrations derrière nous.

Tim : Ouais, c’est vraiment ça. Il a des choses très personnelles dedans.

Vidar : Il y a un certain regard sur la société, comme avec Dead Houses, qui rappelle un peu le Liverpool d’en bas.

Parlez-nous de cette chanson : Keep The Lights On. C’est une musique assez pure, une voix presque suave…

Tim : C’est une chanson intéressante. Elle fut la dernière à être enregistrée pour cet album. C’était une démo très simple, accrocheuse. C’est une musique lo-fi en plus. Au départ, ça ressemblait à un croquis, avec des arrangements simples. Dans les paroles, c’est quelque chose de positif. Profiter de la vie que l’on a, l’affirmer.

Sur Punk Spirit, on peut entendre « Where is my punk spirit when I need it »… Où est passé le vôtre ?

Tim : Ça doit sûrement être inconscient, mais oui, des fois tu as envie de desserrer les choses autour de toi. Toute cette frustration… Tu as envie de te lâcher, de frapper des gens, kidnapper quelqu’un… OK, non, n’écrit pas ça (rires).

Il y a beaucoup de courants musicaux dans cet album : électro-pop, rock alternatif, pop… Lequel est le plus approprié ?

Image de The Wave Machines Tim : En fait, ça serait plus électro-pop, car il y pas moins de six chansons dans ce style. Il y a en a trois plutôt alternatives, et d’autres qui se coincent entre les deux comme I Joined A Union ou The Greatest Escape We Ever Made.

On connaît les talents de la scène pop de Liverpool depuis les années 60. Peut-on parler d’un héritage ?

Carl : Je ne pense pas que les Beatles soient réellement responsables d’un certain héritage. Il y a différents artistes à Liverpool (chanteurs, peintres, architectes) qui donnent tout dans leur passion. Je ne pense pas que tous ces gens-là essayent de copier les Beatles, mais ont une réelle volonté de créer par eux-même. Liverpool, c’est un port, un brassage de cultures, avec des Irlandais, des Américains, des jeunes étudiants, ses habitants. Ça fait de bons mélanges au final.

On vous compare souvent à Hot Chip ou à une mixture de MGMT et de Metronomy. Êtes-vous d’accord avec ça ?

Tim : Ça fait toujours bizarre d’être comparé à ces groupes là. On respecte énormément ces groupes, on est content que les gens nous comparent à eux.

Comment voyez-vous la scène britannique actuelle ? Des gros groupes comme Muse, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys sont-ils des références ?

Tim : Effectivement, nous sommes plus proches de la scène rock et des choses qui s’approchent de notre univers comme Muse ou Franz Ferdinand… (rires) Non, plus sérieusement, on entend leurs chansons à la radio, mais nous recherchons des trucs plus profonds. C’est comme un oignon, on va chercher à l’intérieur. On appartient à une scène assez différente, avec beaucoup de styles différents, du talent, et une autre vision. À l’intérieur de l’oignon, on pourrait y trouver des gens comme Gary Daly ou Post War Years (rires).

Et le public français ? Votre tournée passe en ce moment par la France et vous finissez en trombe par le Rock en Seine en août en compagnie de Roxy Music ou d’Arcade Fire.

C’est vraiment fantastique. On a déjà joué trois fois en France. Le premier concert était à la Flèche d’Or à Paris. C’était spécial, mais vraiment bon. Et Rock en Seine, c’est un honneur d’être dans le line-up, on a vraiment hâte d’y jouer. On est très content de passer du temps en France.

Crédits photo : Melchior Tiersen

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A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 6 mai 2010
    Lauraa a écrit :

    Je trouve ce groupe et leur musique très entrainante, elle met de bonne humeur. Pour ma part j’adore écouter leur album.
    J’ai vraiment hâte de les voir au Rock en Seine, je pense qu’on va passer un très bon moment en leur compagnie.

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