The Tellers à la Boule Noire

par Maya|
Il fallait arriver tôt ce soir-là à la Boule Noire puisque c’est à 19h10 pétantes que The Fleets prennent possession de la scène face à un public plutôt clairsemé composé d’environ une vingtaine de personnes (!).

the-tellers-_5_C’est pour autant pas découragé pour un sou que le jeune quatuor parisien se met à dérouler sa pop racée entre Libertines pour le jeu de scène nerveux et Beatles pour les mélodies (excusez du peu !). La formule séduit puisque le groupe terminera sous les hourras d’un public ayant triplé voire quadruplé de volume. L’archétype de la première partie venue de nulle part mais qui finit par réaliser le tour de force de rallier tout un public à sa cause, à suivre de près évidemment. Ce n’est pas souvent…

Suivent les Suédois de Talking To Teapots, tout aussi inconnus pour ma part, comme pour la plupart de l’audience, il semble. Le ton est tout de suite plus foutraque, mené par un chanteur-guitariste visiblement dérangé, les quatre hommes venus du froid imposent une pop-rock un peu absurde, distordue, sans queue ni tête. Ça joue fort, ça crie, ça gesticule, un peu comme si Malajube avait décidé de reprendre Fugazi, mais après avoir avalé un mélange détonant d’amphétamines et de champignons hallucinogènes. Autant dire que le public des Tellers, vraisemblablement plus amateur de mélodies soignées, n’est pas véritablement conquis. Reste que les amateurs de pop survitaminée et saturée en auront pour leur argent, et ce malgré quelques soucis matériels que les Suédois sauront faire oublier par un charisme et un humour à toute épreuve.

La salle attend désormais The Tellers et est à présent remplie aux deux tiers, score honorable pour le jeune quatuor belge pour la première fois en tête d’affiche dans cette configuration électrique à quatre. D’emblée, le ton est donné : il s’agit d’un tout autre groupe que celui que nous avions eu l’occasion de voir en première partie de Cocoon ou de Peter Bjorn & John plus tôt cette année. Les deux gamins un peu effrayés et crispés sur leurs guitares acoustiques ont laissé place à un vrai gang de quatre potaches visiblement contents de s’amuser sur scène. If I Say (Die with me) et le tubesque More, les deux premiers titres de leur album Hands Full Of Ink sont enchaînés à la hussarde et balancés en pleine face du public avec une fougue qui n’est évidemment pas sans rappeler les Libertines, grosse influence on ne peut plus assumée par le groupe.

Cette formation à quatre donne une autre dimension aux compos du duo d’origine, même si l’album a été en partie enregistré électrique, la scène parvient à transcender des chansons peut-être un poil trop sages sur disque. Le changement de section rythmique assez récent y est peut-être aussi pour beaucoup. Plus sûrs d’eux, les musiciens ne sont plus en retrait et donnent aussi leur part de spectacle, le bassiste se payant même le luxe d’être au final plus bavard que ses deux compères guitaristes, encourageant le public à participer, se lançant de temps à autre dans une petite partie de ping-pong verbal avec Ben, le chanteur, pour le plus grand plaisir de tous.

the-tellers-_6_Le temps de nous expliquer par exemple qu’ils sont évidemment très contents d’être là, surtout après leur dernière date à l’Elysée-Montmartre où ils avaient joué en accompagnement d’un défilé de mode pour la marque Comptoir des Cotonniers .  » Ça faisait un peu bizarre, toutes ces filles superbes qui nous écoutent même pas « ,  » Ouais mais au moins on a pu se rincer l’oeil dans les loges ! « . Charles, l’autre partie du duo est lui beaucoup plus silencieux, mais se rattrape largement par ses soli bravaches lacérant la pop de nombre de compos bien senties.

Une grosse partie de l’album est ainsi déroulée : Hugo et son refrain imparable, le riff dansant de Confess, le tube Second Category accueilli par un public d’avance conquis, He Gets High son harmonica et son chant très Pete Dohertien… On note cependant un certain déséquilibre dans la setlist avec une grande plage de morceaux plus calmes au milieu du show, le duo restant même seul le temps de quelques ballades acoustiques, assez agréables et reposantes mais s’avérant un peu longuettes sur la fin et coupant pas mal le rythme d’un concert pourtant entamé sur les chapeaux de roue. Heureusement le quatuor reprendra place avec un Penny toutes guitares dehors, ne faiblissant plus jusqu’à la fin du concert.

Un Girls of Russia on ne peut plus rock’n'roll clôture la première partie du set, le groupe s’absente à peine trente secondes, pour revenir en compagnie du chanteur et du batteur de Talking To Teapots, visiblement au moins autant entamés que la bouteille de whisky que le batteur a en main. Ce nouveau groupe ainsi improvisé reprend furieusement un titre de Pavement se terminant dans un chaos bon enfant. Les Tellers à nouveau seuls se chargeront ensuite de terminer la soirée en reprenant tranquillement le bon vieux (Sittin’ on) the Dock of the Bay d’ Otis Redding accompagné par les claquements de doigts d’un public parisien décidément ravi d’avoir passé une bonne heure en compagnie de leurs cousins folkeux de Bruxelles à l’accent on ne peut plus londonien.

Crédits photos: Maya

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The Fleets: http://www.myspace.com/thefleets  » href= »http://www.myspace.com/thefleets « >http://www.myspace.com/thefleets
Talking To Teapots: http://www.myspace.com/talkingtoteapots  » href= »http://www.myspace.com/talkingtoteapots « >http://www.myspace.com/talkingtoteapots
The Tellers: http://www.myspace.com/thetellers

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