The Sweet Vandals | 11.11.11 | Point FMR

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Changement d’heure. Écharpes et bonnets sortis. Cerveau martelé par les promos de Noël et les offres incroyables de pneus neige. L’hiver parisien fait son chemin, grisant l’horizon en même temps que notre moral et c’est à la recherche d’un peu de soleil qu'un instinct tournesol a guidé mes pas jusqu’au Point Ephémère dont les murs de taules gondolés cachaient une prestation aussi chaleureuse que pleine de surprises. Tout droit venus de leur belle Madrid, les Sweet Vandals avaient la lourde mission de faire danser un public parisien peu enclin à se dandiner.

Pour ceux qui pensent que le funk, la soul ou le jazz sont des genres dépassés, il est grand temps d’aller faire un tour sur le MySpace de nos Madrilènes pour découvrir quelques-unes des perles que les magiciens des Sweet Vandals ont pondues ces dernières années. Une basse, une guitare, un clavier et une batterie qui apportent chacun à leur façon leur teinte, créant un camaïeu aussi cohérent qu’étonnant autour de la couleur principale que diffuse la voix définitivement groove de leur chanteuse Mayka Edjo, dont le charisme est certainement pour beaucoup dans le succès du groupe depuis leur premier album en 2007. Un charisme qui nous aura tout simplement explosé à la figure lors de ce concert.

La belle est au milieu de la scène, entourée de ses musiciens sagement placés en arc de cercle autour d’elle. Son tambourin à la main, la voilà qui frappe, tape du pied, pousse sa voix sur des notes rauques à vous donner des frissons, en même temps qu’elle danse et jump sur scène. La prestation est sans concession. Les chansons s’enchaînent, lentes ou rythmées, sans que jamais ne redescende le niveau de présence de cette dream team qui semble aussi à l’aise que s’il s’agissait d’un boeuf privé . Bien que ne parlant pas français, c’est à coups de « we need to keep fighting, we have to keep fighting » et dans un hispano-english qui vous envoie du soleil rien qu’à l’entendre, qu’elle s’adressera au public.

Dommage cependant que la présence de Makya en devienne presque écrasante vis-à-vis du reste du groupe. Il faudra attendre que la Belle quitte la scène pendant une dizaine de minutes, pour que ses musiciens puissent avoir leur temps de solo, remplissant bien vite la salle d’ondes qui invitent irrémédiablement à se balancer. Le pianiste (qui au passage, est aussi trompettiste bien que n’ayant qu’une seule main), le bassiste, le guitariste et le batteur savourent ce moment d’envolée purement instrumentale, et le public ne semble pas en reste.

De retour sur scène, plus à bloc que jamais, Mayka ne laisse pas l’ambiance retomber, on peu même dire que la salle ne semble pas assez chaude pour elle. Profitant de la chanson Change la voilà qui sépare la fosse en deux, faisant hurler à la moitié de gauche des « change », pendant que l’autre martèle des « change my beat ». Son chant, sa danse, ses expressions du visage qui soulignèrent chacun de ses textes, le pari est réussi, la foule est complètement hypnotisée et hurlera avec joie « Otra !!, Otra !! » lors du rappel.

Chapeau bas à nos doux Vandals !

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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