The Subways | La Dynamo | Toulouse | 14.11.11

par |
L'étiquette « rock cucul » leur colle parfois aux basques. Mais ceux qui ont assisté à la performance du trio indie anglais à la Dynamo, le plus bel écrin pour un concert rock à Toulouse, auront largement eu la preuve du contraire. The Subways ont cassé la baraque.

Une petite salle bondée. Un public majoritairement « adulescent » qui rappelle un peu les publicités « jeunes et limités ». Dès la première partie, fait rare dans les concerts, la foule se compacte pour acclamer les Ladylike Dragons, formés en 2006 dans la région parisienne. Une musique élégante, parfois matinée d’influences à la PJ Harvey et No Doubt en live qui a tôt fait de chauffer la salle. C’est à peine si les spectateurs aperçoivent Billy Lunn et Charlotte Cooper faire des allers-retours réguliers entre les loges et la salle, pour goûter un peu à l’ambiance chargée. Un désintérêt qui rassure l’auteur de ces lignes, se réjouissant au moins de ne pas tomber dans un panier de groupies.

On pensait être condamné à suivre le concert en aveugle, tant le public se bat, soit pour pogoter dense, soit pour apercevoir un bout des cheveux rouges qu’arbore Billy Lunn, le chanteur guitariste des Subways, depuis la sortie du troisième opus Money and Celebrity en septembre. Mais les trois gusses décident d’entamer fort leur setlist avec Oh Yeah, l’un des titres phares de leur premier album. Aussi, votre humble reporter se retrouve propulsée illico et sans effort devant la scène pour ressentir à son tour l’énergie survoltée de l’ensemble de la fosse. Et réflexe pavlovien, quand un groupe donne tout à son public, celui-ci le lui rend en mille.

Avant de se rendre à la petite sauterie, un coup d’oeil rapide au site web des Subways nous permettait d’apprendre que le groupe ne disait vivre que pour le live, sa drogue.

There is nothing more exciting for us than being on tour. We never want to do anything else. To get up onstage and to play rock and roll every day, to visit new towns, new cities, new countries, new continents and to make new friends along the way, It’s the most amazing experience we’ve ever felt. We will rock till we drop!” The greatest drug in the world is seeing people screaming the words to songs you’ve written, dancing to the drums, clapping to your rhythms and screaming when you ask them to!”.

Une lecture sceptique, au vu de tous les bonimenteurs de la musique qui sur Taratata te disent « j’adore la scène » et en live te vendent un set de 50 minutes sans rappel. Mais The Subways n’aura pas à être inculpé par UFC que Choisir pour publicité mensongère. Charlotte et les frères Morgan (Billy Lunn n’étant qu’un pseudonyme) affichent la banane tout le long du concert, se prêtent de bonne grâce aux demandes du public allant jusqu’à rajouter une chanson non prévue au rappel, font l’effort de parler français pour intimer au public de frapper dans les mains, gueuler et sauter. Lunn ne quitte pas des yeux son public, cherche du regard les paroles de ses compos posées sur les lèvres de ses fans. Fait rare encore une fois dans l’hexagone, ceux-ci connaissent la majorité des chansons sur le bout des doigts et ne laissent pas des gros blancs lorsque le groupe leur tend le micro.

En aparté du décorum, la performance est impeccable. Un timing parfait entre la voix principale de Lunn qui passe du moderato style punk californien au fortissimo de quelques cris bien sentis notamment sur le plus qu’attendu morceau Rock and roll queen, et le secondaire, mais non moins indispensable choeur de Charlotte Cooper. Une belle entente aussi entre Lunn et son batteur de frère Josh Morgan. Le chanteur grimpe régulièrement sur la grosse caisse équipée d’un repose-pied pour en sauter aussitôt, un classique de la maison Subways, une signature dans nombre de leurs clips. Le public retrouve autant le côté vitaminé et sexy présent dans l’album. Et profite de toutes les heures de concert au compteur des trois Anglais, qui ont décidé de jouer comme s’ils se produisaient au CBGB.

Ils terminent leur performance avec It’s a party, le morceau de promo de leur dernière galette (une compo laissée en téléchargement libre le temps de l’enregistrement participatif en studio). Et sortent lessivés : Billy Lunn a littéralement mouillé sa chemise, s’est permis un slam risqué du haut du balcon de la Dynamo pour épater la galerie, Josh Morgan, se tient la tête contre une canette de bière et le mascara de Charlotte Cooper peut désormais rivaliser avec le rouge à lèvres de Robert Smith.

Dans le film Fight Club, une certaine Marla Singer disait à Tyler Durden un truc du genre : « On m’avait pas baisée comme ça depuis l’école primaire ». Permettez sans offense, le parallélisme de cette réplique pour ce concert de The Subways.

Crédits photo : Caroline Petriz

Partager !

En savoir +

Site officielhttp://thesubways.net

A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article