The social network : Mark Zuckerberg a 0 ami

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The social network montre dans quelle ambiance la plus grande des entreprises de sociabilisation numérique du monde s’est construite : chez les élites, entre ennemis, solitude et rupture amoureuse.

Image de The Social Network Le sujet de ce film n’est pas universel, mais presque. En 2010, il est très difficile d’échapper à Facebook pour toute personne habitant un pays occidental, et même au-delà. Ceux qui possèdent un compte l’utilisent modérément, passionnément, à la folie, les autres en entendent fatalement parler tout autant. Ce site a progressivement intégré tous les pans de la vie sociale : vie amicale, vie amoureuse, vie professionnelle.

David Fincher n’a pas pour ambition de raconter ce qui se passe sur Facebook – cela serait aussi intéressant que de filmer une machine à laver en action —, mais comment cet empire s’est construit. Il retrace ainsi les motivations de son créateur Mark Zuckerberg, les premières grandes étapes du développement du site et les procès qui les ont accompagnés. Et c’est là que le réalisateur de Seven, Fight Club ou encore Zodiac déploie tout son talent. Il réussit à donner de la consistance, de l’intérêt et du dynamisme à un sujet abscons – des démêlés judiciaires, quand même — et propice à l’ennui. Bien que la durée du film soit conséquente, il y a peu de temps morts ou de passages faibles.

En prenant pour base l’ouvrage de Ben Mezrich, The Accidental Billionaires : The Founding Of Facebook, A Tale of Sex, Money, Genius, and Betrayal, traduit en français sous le nom de La revanche d’un solitaire, Fincher décrit la genèse de Facebook comme issue d’une guéguerre au sein de la prestigieuse université d’Harvard et d’une amourette qui aurait tourné court.

Du côté des acteurs, le réalisateur a délaissé les pointures auxquelles il est habitué (Brad Pitt, Michael Douglas ou encore Morgan Freeman) en faveur de Jesse Eisenberg (Bienvenue à Zombieland! notamment). Au son, on retrouve le leader de Nine inch Nails (NIN), Trent Reznor, qui signe là sa première bande originale. Fincher avait d’ailleurs réalisé le clip d’Only de NIN en 2005..

Soyons clair, Mark Zuckerberg apparaît comme un enfoiré arrogant, un sale con qui se donne du mal et un geek asocial. Malgré son succès et sa richesse – il est aujourd’hui le plus jeune milliardaire au monde —, il ne semble pas heureux pour autant. Bien qu’il soit à la tête du plus gros réseau social mondial, il n’a pas d’ami. Après deux heures en sa compagnie, il reste toutefois très difficile à cerner. La seule certitude qui transparaît, c’est qu’il est mal dans sa peau, que ce soit comme étudiant ou en tant que jeune entrepreneur à succès. Au-delà de Mark Zuckerberg, David Fincher en profite pour dépeindre également l’arrogance des étudiants d’Harvard et la compétition malsaine et permanente qui y règne notamment à travers les clubs sélect’.

The social network ne va rien nous apprendre sur l’utilisation que l’on peut faire de Facebook. Son intérêt réside plutôt dans l’image qu’il donne de la création d’une entreprise à taille inhumaine. Même s’il s’agit ici de « marchandise sociale », cela ne change rien à l’histoire.

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The social network. Réalisé par David Fincher. Avec  Jesse Eisenberg, Justin Timberlake et Andrew Garfield. Sortie le 13 octobre 2010.

Bande-annonce

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Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

3 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 17 octobre 2010
    Alban a écrit :

    Vous confondez eisenberg qui a joue dans zombiland avec Michael cera qui lui a joue dans juno…

  2. 2
    Yves Tradoff
    le Lundi 18 octobre 2010
    Yves Tradoff a écrit :

    C’est exact, on vient de me tirer les oreilles. Merci d’avoir signalé cette erreur!

  3. 3
    le Lundi 18 octobre 2010
    Chris a écrit :

    C’est marrant parce que moi au lieu de détester ce type, je me suis attaché, comme quoi l’image qui en ressort n’est pas si négative !

    Sinon bon film, et bon article. Yves, tu m’as doublé ;)

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