The Smashing Pumpkins – Colmar

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Colmar, le 19 août 2007, foire au vin. Qui penserait trouver les Smashing Pumpkins ici ? Environ 7000 personnes si on en croit les organisateurs. 7000 fans ? Je ne le pense pas. Beaucoup de curieux, beaucoup de gens trop jeunes pour avoir été des fans de la première heure, mais aussi (et surtout) des passionnés, comme certains d'entre nous, prêts à faire des heures de route ou de train pour en être.

sp-orangeJ’ai eu un peu peur d’assister à un concert de Billy Corgan et son orchestre . Il a voulu relancer la machine, et même si je me place dans le camps des gens qui ne sont pas fans-de-la-première-heure, même si mon grand intérêt et profond respect ne m’ont été inoculés que par l’homme qui partage ma vie, je suis allée à ce concert pleine d’enthousiasme, et ce malgré ce qu’on avait pu m’en dire auparavant. Il est vrai que les avis étaient mitigés, certains de mes amis les avaient vus en festival et avaient été déçus, et pour la plupart ce reliquat de Smashing n’avait plus grand chose à voir avec l’esprit des débuts.

Pourtant Billy Corgan, entre la rockstar fatiguée, le petit garçon attendrissant et le virtuose de génie (nous dit VIOLHAINE ), on le sait, avait déjà tout fait lui-même sur son dernier album Zeigeist, accompagné de Jimmy Chamberlin . Alors est-ce que l’esprit des Smashing Pumpkins ne tiendrait pas entièrement dans son personnage ?

Pour beaucoup, les Smashing sans D’Arcy ou James Iha, c’est un peu comme les Beatles sans Lennon, ça n’a pas de sens. Mais de ce que j’ai pu constater, ça sonne toujours aussi bien, et l’on ne peut pas ressortir déçu de ce concert. Certes Billy n’est pas très communicatif, on se sent presque gêné pour lui quand il prend un peu la parole, on sent bien que tout ça n’a rien de naturel chez lui. Snobisme ? Je penche pour de la timidité maladive, eh oui, les plus grandes rockstars peuvent bien être timides. De fait, quand enfin il nous adresse un sourire et se met à partager un peu avec nous ce qu’il ressent, c’en devient un bonheur indescriptible.

Je l’avoue, à mon grand regret je ne connaissais pas tous les titres, à part quelques tubes Tonight Tonight, Bullet With Butterfly Wings, Today, 1979 et j’en passe, qui ont vraiment électrisé le public. J’ai yaourté comme je l’ai pu, rassurée de voir que les gens qui m’accompagnaient, de différentes nationalités, ont partagé ce moment avec la même joie. Même Star Spangled Banner, l’hymne américain, que Corgan a gratouillé tout seul à un moment, a bien été accueilli.

Nous sommes ressortis avec les yeux qui brillaient, j’ai eu l’impression d’être un peu privilégiée, pas si loin de la scène, quand on pense à la capacité des salles qu’ils remplissaient à la belle époque . Ce soir-là dans le théâtre de plein air de Colmar, il manquait 3000 personnes pour faire carton-plein, même si ce « vide » ne se remarquait pas.

On ne peut que se demander ce qu’il en est de l’avenir des Smashing Pumpkins, auront-ils réussi à se faire un nouveau public parmi les plus jeunes ? Leurs anciens fans ne sont-ils pas déçus de cette nouvelle formation ? Continueront-ils à les suivre coûte que coûte ? Quand on a posé la question aux gens sortant de la salle, ils ont affirmé que ce concert était le meilleur de cette tournée, et que les Smashing Pumpkins ne sauraient disparaître. Pour ma part, même si je suis plutôt psychorigide et je n’aime pas subir les changements, il me faut bien avouer que l’esprit est toujours là, que le p’tit Billy envoie sur scène et que même si ça n’a plus le même goût que l’original, les Smashing resteront sans doute toujours intacts tant qu’il sera là. Et c’est tant mieux.

Lettre d’un fan à Billy Corgan

Cher M. Corgan,

previewscreensnapz006Vous devez savoir mieux que moi ce que les fans sont prêts à faire pour leurs idoles. Bien sûr, je ne parle pas ces groupies hystériques qui hurlent aux premiers rangs des concerts de Tokio Hotel (au hasard) et qui dénigreront leur musique dans un an lorsqu’un nouveau groupe à la mode fera son apparition à la télé.

Je ne suis pas ce genre de fan. Je serais plutôt du genre à faire plus de mille kilomètres en voiture pour aller voir un concert de mon groupe préféré.

Et ce dimanche 19 août 2007, c’est ce que j’ai fait pour venir vous voir jouer, M. Corgan, vous et vos citrouilles si spéciales. Quelle idée avez-vous eue de venir jouer à la foire au vin de Colmar ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais je vous en félicite !

Il faut dire que ça faisait longtemps que j’attendais ce moment. Neuf années pour être exact. La dernière fois que nous nous étions croisés, c’était au palais des sports de Paris en 1998 pour la tournée Adore . Je suis également le genre de fan à croire que vous ne venez jouer que pour moi et que, par conséquent, vous n’avez pas pu ne pas me voir !

Je n’étais pas de ceux qui vous ont vu lors de la tournée d’adieu des Smashing en 2000. Je ne voulais pas que ça s’arrête. Je suis le genre de fan qui ne veut pas dire adieu. Et comme j’ai eu raison ! Je suis désormais le genre de fan qui pense qu’il détient la vérité et que les autres se sont bien plantés.

Je me suis donc rendu dans cette contrée d’outre Lorraine pour revivre l’espace d’une soirée des sensations endormies depuis moultes années.

Je dois bien vous le dire, mes sentiments étaient mélangés à l’approche de l’événement. J’étais bien sûr extrêmement enthousiaste à l’idée de vous retrouver, mais un peu inquiet également quant à la performance que vous alliez accomplir. En effet, les échos qui étaient parvenus jusqu’à moi des précédentes prestations de ces nouveaux Smashing étaient plutôt. inquiétants. « Billy Corgan ne communique pas avec son public. c’est un tyran, il se prend pour Dieu le père » entendait-on par ci, « C’était mou du genou » entendait-on par là. « Et ta soeur ! » ne puis-je m’empêcher de répondre à ces critiques diffamatoires. Je suis aussi le genre de fan à soutenir indéfectiblement mon groupe préféré sous les critiques.

Toutes ces paroles avaient pourtant réussi à entamer quelque peu mon optimisme. « Et si les Smashing, ce n’était plus ce que c’était ? Et si j’étais déçu ? ». Il est vrai que quelques-uns de ces reproches étaient fondés. Il faut avouer, M. Corgan, que vous n’êtes pas le roi de la communication sur scène. Mais enfin, vous n’êtes pas non plus voué à nous raconter des blagues de Toto, je vous l’accorde.

Nous nous sommes donc, mes amis et moi, dirigés vers cette fameuse foire au vin de Colmar en ce beau dimanche soir d’été dans un état second, mêlé d’impatience et d’anxiété.

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Et puis, vous êtes arrivés, vous, M. Corgan, et Jimmy, et les nouveaux Smashing Pumpkins . Et mes doutes se sont envolés à l’instant où les premières notes de Tonight, Tonight ont retenti. Vous étiez là et vous n’aviez pas changé d’un pouce. La voix était là elle aussi et le jeu à la guitare était impeccable. Jimmy était impressionnant de vitesse et de technique et les autres membres du groupe : Ginger Reyes à la basse, Jeff Schroeder à la guitare et Lisa Harriton aux claviers, sans bien sûr nous faire oublier D’Arcy et James, tenaient parfaitement leurs rôles.

Vous avez enchaîné les morceaux de Zeitgeist (excellent nouvel album, soit dit en passant) et d’anciennes chansons de manière admirable pour une set list presque en forme de best-of. J’ai crié pendant Bullet With Butterfly Wings, murmuré pendant To Sheila, hurlé pendant Today et je me suis claqué un abdo en vociférant le « Wanna go for a ride » de Zero . Le concert s’est terminé en apothéose sur le rappel avec Muzzle (que mon caleçon n’a pas supporté. Je suis le genre de fan qui peut avoir des problèmes avec sa vessie en cas de forte émotion).

Vous n’avez peut-être pas fait l’unanimité ce soir-là, il y aura toujours des gens pour vous critiquer, que ce soit justifié ou non d’ailleurs ! Mais sachez que le fan que je suis est ressorti de ce concert avec l’impression d’avoir assisté à un grand moment. Je vous ai trouvé parfait M. Corgan, vous et vos Smashing Pumpkins . Forcément, je ne suis pas objectif. Je suis le genre de fan qui pardonne tout à son idole. Mais, vous savez quoi ? Je crois bien que je ne suis pas le seul !

Guillaume.

Pour en savoir +

Site officiel: www.smashingpumpkins.com

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A propos de l'auteur

Image de : Normande bientôt trentenaire, intervieweuse en pointillé, en particulier dans le domaine musical ou littéraire. Sais coudre et tricoter, jouer de la batterie et organiser des tournées. Bah oui, on peut avoir l'air cool ET broder, surtout si on en fait son gagne pain : http://www.broderieduphare.kingeshop.com

7 commentaires

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  1. 1
    VIOLHAINE
    le Mercredi 19 septembre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Franchement, je suis émue.
    Peut-être même plus qu’après le concert !!
    Merci aux (nouveaux) Pumpkins pour les frissons de ce soir-là, et à vous deux pour me les faire revivre.

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Mercredi 19 septembre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Oh. Et merci d’avoir casé « ma » phrase…
    Ahem.

  3. 3
    Pascal
    le Mercredi 19 septembre 2007
    Pascal a écrit :

    Très bonne review et très belle lettre à Mr Corgan…

    Pour ce qui est de la set-list, elle était très chouette, mais quand on la compare avec celle de leur date au Grand Rex, il y a quand même quelques trous ( Cherubrock, silverfuck )…

    Avec Zwan on a reproché à Corgan de faire du sous- Smashing .

    Avec son album solo, on lui reprochait de ne plus faire du Smashing . Lors de ses rares concerts, les gens lui réclamaient en permamence des titres des Smashing .

    En 2007, il nous sort le meilleur album des Smashing depuis Mellon Collie et tout le monde lui tombe dessus en lui reprochant de n’avoir pas su évoluer…

    Allez comprendre…

    Très bon concert. Début grandiose avec Tonight, tonight et Tarantula . Final inéspéré avec Muzzle . Quelques petites longueurs à certains moments. Corgan est visiblement dans sa période electro/guitar hero, ce qui lui fait rallonger ses solos de manière un peu trop appuyée…

  4. 4
    VIOLHAINE
    le Mercredi 19 septembre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Quelques petites longueurs à certains moments. Corgan est visiblement dans sa période electro/guitar hero, ce qui lui fait rallonger ses solos de manière un peu trop appuyée…

    >> Oh il a toujours eu un peu tendance à faire ça non ? Je pense à un morceau sur « Viewphoria », où il improvise des vers pendant 3 plombes pendant que D’Arcy s’emm… à le soutenir à la basse… =]
    Oui mais bon, malgré cette fâcheuse tendance, jamais j’aurais pensé entendre un jour  » Glass & the Ghost Children  » (la chanson qui fait genre 10 minutes sur Machina …) en live…
    Et j’en RÊVAIS !
    Alors MERCI, les chansons à rallonge ! ;]

  5. 5
    le Mercredi 19 septembre 2007
    kyra a écrit :

    Arfff les Smashing … jamais pu accrocher à ce groupe. Manque l’étincelle.

    Hiiii pas taper !

    :)

  6. 6
    VIOLHAINE
    le Mercredi 19 septembre 2007
    VIOLHAINE a écrit :

    Bah, tu sais kyra, une fan de moins, ça peut pas leur faire de mal…
    Au contraire… C’est sain ! :o ]

  7. 7
    Stephane
    le Vendredi 21 septembre 2007
    Emma a écrit :

    De rien Violhaine, merci à toi ;o)

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