The Runaways

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The Runaways au cinéma, ou un film typiquement dans l’air du temps, aussi bien dans son histoire que dans son casting, mais avant tout un bon moment de rock.

Image de The Runaways 1975 dans la banlieue de Los Angeles. Joan Jett et Cherie Currie, deux adolescentes rebelles, se rencontrent lors d’une soirée à l’instigation d’un grand producteur rock. Elles vont alors devenir les figures emblématiques de ce qui se révélera être le premier véritable groupe de glam rock féminin, The Runaways. Après une irrésistible ascension dans une Californie qui cherche ses nouveaux talents, ces deux jeunes stars légendaires vont ouvrir la voie aux générations futures de femmes musiciennes dans le rock. La chute en sera aussi plus lourde, et les destins s’écrivent…

Période assez floue de l’histoire du rock, car finalement peu évoquée par les spécialistes, il fallait que Floria Sigismondi s’y colle. Pas histoire de redorer le blason d’un rock américain qui se perdait depuis Woodstock, alors que l’Angleterre quittait la période pop des Beatles pour rentrer celle du punk rock des Sex Pistols et des Clash. Juste histoire de dire que The Runaways était le premier à être un groupe de rock entièrement féminin… un hommage en quelque sorte. La carrière fut éphémère (un peu comme les Sex Pistols d’ailleurs), mais suffisante pour en faire un film qui évoque à la fois l’ascension de ce groupe, puis la destruction de ce dernier par le star-system, comme s’il fallait le faire rentrer dans la légende. Ce n’est peut-être pas forcément le cas dans les faits, mais dans l’imaginaire The Runaways l’est. Preuve en est avec ce film.

Mais Sigismondi ne prétend pas faire un biopic véridique. Pourtant on pousse loin le perfectionnisme : l’exemple le plus frappant est l’interprétation de Cherry Bomb dans un show télévisé japonais. Le même (au détail près) que celui de 1977 ! Même réflexion quant au casting : s’il est à l’image du cinéma américain actuel façon teenager, on ne peut pas cracher (c’est rock) sur les prestations de Dakota Fanning (Mauvais piège, La guerre des mondes, Twilight 2) en Cherie Currie et de Kristen Stewart (beaucoup mieux en rebelle qu’en coureuse de vampire) en Joan Jett. Même si on ne semble pas convaincu dès le début, on se laisse porter par cette attitude subversive et glam à la fois. Satisfaction aussi pour la bande-son qui passe de David Bowie à Iggy Pop sans concession, et avec classe.

Rock, glam et filles, le mélange savoureux de The Runaways peut prendre forme avec un certain charme. Beaucoup de rythme, un bon son, une histoire attachante : le spectateur a les ingrédients pour se faire plaisir. Dommage que ce soit un film en fait…

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A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

1 commentaire

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  1. 1
    Pascal
    le Samedi 25 septembre 2010
    Pascal a écrit :

    Le film a été produit par Joan Jett elle même, et je ne peux m’empêcher d’y voir une certaine autopromo à peine voilée. Dans le film le personnage de Joan Jett est quand même mis en avant de façon très positive. C’est elle qui est « responsable » du groupe, c’est elle qui vit vraiment pour la musique. Certes elle boit et se drogue un peu, mais jamais trop, juste assez pour être rock’n rollement correcte. A aucun moment elle ne se montre jalouse envers la mise en avant de Cherry.

    Sans compter les derniers plans du film qui donnent l’impression que c’est elle qui a composé I love rock’n roll, qui n’est qu’une reprise certes très réussie, mais une reprise quand même…

    Mais on passe un bon moment tout de même. Le personnage de Kim Fowley est juste énorme. LA BO est top. Et les scènes de concert impeccables. Je n’aurais pu trouver meilleurs conclusion / résumé que la tienne Christopher… Dommage que ce soit un film en fait…

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