The Prodigy – L’ère de la sacralisation

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Groupe électro-rock, big-beat et techno, la notoriété de The Prodigy n’est plus à faire. Après avoir sorti cinq albums, dont le plus connu « The Fat Of The Land », et un Best Of en 2005 « Their Law », ils reviennent cette année en mini tournée promotionnelle française pour leur dernier album « Invaders Must Die » sorti en février 2009.

Image de Prodigy au Zénith Le groupe s’installe ainsi à Paris pour deux dates consécutives sur la scène du Zénith. Attendu depuis des mois comme l’événement immanquable de cette année, les perspectives étaient nombreuses et les promesses d’un show exceptionnel se devaient d’être tenues. Prosélytes et adeptes de longue date se sont donc rencontrés en cette occasion, dans un même esprit de partage et de fête.

Avec une première partie annoncée sur le tard, les excellents DJs de South Central, dans la mouvance synchronique et hype de DJs tels que Justice, The Bloody Beetroots ou Toxic Avenger, sont les dignes héritiers de Kraftwerk et Daft Punk. Ouvrir le show en première partie d’un groupe d’envergure tel que The Prodigy était une tâche difficile et sans doute à double tranchant. Amenant de Londres des compositions saisissantes et in extenso grisantes, le duo réussi à motiver la foule avec des remixes de choix comme Toxic Is Dead des Toxic Avenger, ou bien Smells Like Teen Spirit de Nirvana, spécialement conçu pour l’occasion. Après un set un peu long, mais impeccable, South Central laisse place aux maîtres pour le plus grand plaisir de l’assemblée.

L’incroyable tête pensante du groupe, Liam Howlett, entre enfin en scène suivi de très près par les chanteurs charismatiques, irrémédiablement punk et extravagants Maxim Reality et Keith Flint. Le ton est donné avec en intro World’s On Fire et Breathe qui enflamment instantanément la salle. Telle une drogue licite, Omen altère nos fonctions psychiques. Sous le joug des stroboscopes et des beats addictifs, notre esprit est projeté au travers d’hallucinations visuelles chroniques et de dérives sonores dans l’univers des raves parties. La fausse et les gradins se noient sous une brume de chaleur avant de se lever dans un mouvement de Jump à en perdre haleine.

Image de Prodigy au Zénith Véritable incursion dans le mysticisme de Voodoo People, les rythmes infernaux et la voix du MC, Maxim Reality, résonnent de part et d’autre de la salle. Le riff principal, extrait de Very Ape de Nirvana, rock et entraînant, fait vibrer l‘ensemble de la foule et plus rien ne la retient d’entrer dans la dimension euphorique de The Prodigy. Bien qu’excellents, les remixes des Chemical Brothers et de Pendulum, ne ressemblent désormais plus qu’à de vagues souvenirs.

Surenchérissant avec Smack My Bitch Up, morceau le plus connu et attendu du concert, le public fond sous la pression de la chaleur et les corps se meuvent dans une danse transcendantale, hommage absolu aux chorégraphies effrénées de Keith Flint. Maxim Reality réclame un GET DOWN général, et c’est sans perdre de sa ferveur que les fidèles s’exécutent avant de repartir déchainés sur le dernier refrain. Rappel ultime de la cérémonie, l’Encore est livré en trois actes avec un épique Out Of Space dont les paroles mythiques sont scandées par l’ensemble des spectateurs.

The Prodigy remet au goût du jour les raves underground des années 90 et le Zénith se voit ainsi transformé en une sorte de « warehouse » anglaise où le mot d’ordre semble être définit par une transe cosmique. Expatriée dans la cinquième dimension, la foule perd ses repères et se laisse entrainer dans une rencontre d’un autre type. L’usage détourné de The Prodigy conduit à la démence obsessionnelle et inexorablement, cette nouvelle ère sera celle de leur sacralisation.

Crédits photo : Phil Abdou

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

7 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 21 avril 2010
    JF a écrit :

    Toujours autant de plaisir de lire les articles de Cindy !
    Ces articles nous font vivre/revivre le concert à chaque fois !
    Continue comme ça :)

  2. 2
    le Mercredi 21 avril 2010
    JL a écrit :

    Super article !!! rien qu’à te lire on a l’impression d’être au milieu du public !
    A suivre !!!

  3. 3
    le Mercredi 21 avril 2010
    Ben a écrit :

    Superbe article absolument fidèle à la lettre de l’expérience hallucinante vécue pendant ce live de The Prodigy: une rave en plein Paris dans un esprit bon enfant et psychédélique !!!
    Du bonheur à consommer sans modération !

  4. 4
    le Jeudi 22 avril 2010
    Christopher a écrit :

    Bonjour

    Pour les avoir vu à Rock en Seine, l’an passé, Prodigy, c’est vraiment un truc sensass’. Ils transcendent par leurs rythmes, l’activité sur scène, et les chansons pour la plupart dans les setlists sont parfaites.

    C’est vraiment un groupe qui vaut le détour sur scène.

  5. 5
    le Samedi 24 avril 2010
    Dimitri a écrit :

    Article intéressant mais est ce que tu pourrais nous dire la durée du concert ??

  6. 6
    Phil A.
    le Dimanche 25 avril 2010
    Phil a écrit :

    La durée ne s’est vraiment pas faite ressentir, le set de Prodigy a durée une bonne grosse heure… show impressionnant et on peut dire d’une manière générale que c’est trop court, on n’en a jamais assez :)

  7. 7
    Dimitri L
    le Dimanche 25 avril 2010
    Dimitri a écrit :

    Ah oui… C’est toujours plus trop court de toute façon !

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