The Pierces – New York Club

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21h30, rue de Rivoli pour ce concert prévu une demi-heure plus tard dans un nouveau club parisien inconnu au bataillon. The Pierces : deux soeurs originaires de New York, vont jouer au New York Club.

pierces_copie2Une fois à l’adresse indiquée, point de club, pas même un bar. Une porte cochère, entre deux boutiques, comme partout dans Paris. Pas de lumière, quelques passants sans histoire. Sceptique, je jette un oeil intrigué à l’ancienne enseigne « Slow Club » éteinte. Bon endroit ? Bonne date ? On me dit qu’ils ouvriront un peu en retard.

Il est 22h30, il fait froid, mes doigts sont violets, je n’y crois presque plus, mais… La porte s’ouvre enfin, et la centaine de parisiens d’apparence qui se sont accumulés commencent à pénétrer au compte-goutte. Je comprends pourquoi lorsque vient mon tour. Un  » bonjour  » m’est adressé comme pour demander  » Tu fais quoi ici, toi ? « . Puis depuis combien de temps j’attends. Mais finalement l’on m’invite avec le sourire à suivre ce tapis bleu, puis cette petite porte d’où provient la lumière, au fond, sous l’escalier. Machinalement, je cherche un videur, une consigne, un guichet, quelque chose ! Rien. Juste cet escalier qui descend. Avide de nouvelles sensations et d’aventure, j’entame la descente. À N-1, je commence à me remémorer quelques passages underground de Paris Dernière. Et je ne sais pas si ça me rassure.

A N-2, j’entame la visite. Les murs blancs égayés par des néons colorés et des fauteuils rouges soyeux font correspondre l’endroit aux clichés qu’on imagine en entendant les mots « hype » et « tendance ». Nous avons là un joli F4 : une entrée, une salle « fumeur bienvenue dans ces profondeurs », une pour le bar tout en couleurs sous ces voûtes immaculées de blanc, et enfin la scène, 3 mètres encadrés de 2 caméras et une console DJ. Par contre, c’est 0 mètre loi Carrez, les voûtes frottent les cheveux. Les soirées risquent d’être chaudes ici.

Le temps de remplir la salle et de vider le bar, on est loin de l’horaire annoncé. Une violoniste arrive finalement, un bassiste, un batteur. Enfin, les 2 soeurs aux corps de danseuses, comme deux anges, s’installent aux micros. Catherine (la blonde) chantera, Allison (la brune) l’accompagnera à la voix, et à la guitare. Les premières notes sont émises, la magie commence. Leurs voix sont légères, soulignées de petites chorégraphies, du moins ce que l’endroit en permet : la voûte n’est pas beaucoup plus haute qu’elles.

pierces3_copieLe public est compact et chaud. Le lieu permet tout au plus d’applaudir, mais la proximité avec les artistes est appréciable et défiant toute concurrence. Elles enchaînent quelques morceaux d’une pop rock légère et entraînante, principalement de leur dernier album : Thirteen Tales Of Love And Revenge . Six ou sept morceaux s’enchaînent après Secret, certains visiblement très attendus, même repris par le public, comme Boring et ses passages en français. D’autres leurs permettront de pousser leur voix, mais malheureusement la technique ne suivra pas : les enceintes saturent vite et quelques passages deviennent vite assez irritants.

À peine trois quarts d’heure de show plus tard, le concert se termine dans la frustration avant que la nuit ne continue dans cette ambiance de club secret bobo parisien. Impossible de rester, mais sur le chemin du retour, je repense à l’étrangeté de cette prestation.

Elles sont jolies, fluettes, jeunes, le rythme dans la voix, le groupe qui va. Un troisième album qui vient de paraitre, les 2 précédents sont sortis aux États-Unis, mais passés complètement inaperçus, et les voilà débarquant à Paris, presque dans l’anonymat. À ce moment, je me souviens de ces premières parties huées (à juste titre) que j’ai dû me coltiner dans de très grandes salles, alors que des perles comme The Pierces sont là, sous nos yeux, et la police qui ne fait rien. Qu’importe, ce soir, j’étais au bon endroit, au bon moment.

Crédits Photo: Mathias Lamamy

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A propos de l'auteur

Image de : Mathias est né de l'union du soleil et de la lune en -851 av JC. Après avoir enseigné l'art dramatique à Eschyle, l'amour à Cléopâtre, les maths à Pythagore, la culture des lauriers à César, la pâtisserie à Jésus, la sexualité à Jeanne d'Arc (mais ça ne lui a pas plu), la philosophie à JCVD et la coiffure à Lucchini, il tombe amoureux de Britney et tombe dans l'enfer de la spirale. Depuis, et tous les soirs, il enfile son plus beau reflex et part shooter à tout va, dans le désespoir et l'abandon de soi, oubliant sa honte, ses scrupules jusqu'à sa vie, arpentant les salles obscures aux hasards des rencontres; en se disant qu'un jour, il la retrouvera bien par hasard sur une scène sous les spotlights. Ainsi naquit une passion.

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