The Offspring + Shaka Ponk + Kids in Glass Houses | Festival de Nîmes | 23.08.11

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Les enfants terribles de Californie s'installent sur les planches des Arènes de Nîmes pour leur première date française en 2011. Une semaine avant d'investir le Zénith de Paris le 31 août et le 1er septembre prochain, The Offspring offre enfin un show digne de sa réputation dans le Sud de la France, 12 ans après leur unique passage à Marseille. Une soirée sous le signe du rock avec les agités du Shaka Ponk et les Kids in Glass Houses en guise d'ouverture.

Une soirée placée également sous le signe de la chaleur : un écrasant 33°C s’affiche encore dans les rues de Nîmes lorsque le public commence à prendre place dans les mythiques Arènes gardoises. Cette année le Festival de Nîmes s’est exceptionnellement étiré jusqu’au 23 Août, un mois jour pour jour après la fin déclarée du festivités. Les pointures ont d’ailleurs une nouvelle fois été au rendez vous : sur seulement 8 concerts les festivaliers ont  pu se délecter de Archive, Paul Kalkbrenner, The Chemical Brothers, The Do, Metronomy, Crystal Castles, Supertramp, Santana, Asa, Portishead, Mogwai, Ben Harper, Sting, Yaël Naïm, pour ne citer que les têtes d’affiches. Du lourd. Du très lourd.

A ce propos l’officialisation de The Offspring s’est faite très tardivement dans la programmation, les grands noms étaient pratiquement tous sortis du « chapeau » magique des organisateurs. Même si curieusement le concert n’affichait pas complet, la foule a été motivée par cette ultime soirée : Simple Plan et Kids in Glass Houses allaient ainsi chauffer le public avant de laisser la place au groupe que tout le monde attend.

Kids In Glass Houses : des efforts affichés mais un punk/rock gentillet

Les Gallois des Kids In Glass Houses ont tenté de chauffer à leur manière durant 40 petites minutes un public qui ne se montra pas très réactif. Peu connus en France, les Kids sont venus présenter quelques tracks de leur nouvel album sorti la semaine dernière (In Gold Blood). De ce constat, connaître les morceaux des Kids relevaient du statut de ‘fan’.

On ne dira jamais assez qu’ouvrir une soirée de la sorte est toujours quelque chose de délicat, surtout lorsque les Kids alternent le chaud et le froid. Les natifs de Cardiff ont fait des efforts en français pour nouer contact avec le public nîmois ainsi que de le faire participer. Les morceaux flirtant avec le rock alternatif passaient relativement bien, tandis que d’autres côtoyant un punk/rock trop bande FM finissait par lasser.

Pourtant la signature des Kids sur le label Roadrunner laissait présager une issue plus enthousiaste aux Gallois : il est cependant indéniable de remarquer que beaucoup de mélodies rappelaient celles de Simple Plan ou de Panic At The Disco.

Niveau performance, les Kids ont rempli leur objectif : lancer la soirée et faire sautiller une petite frange d’un public qui s’est simplement fait embarquer dans l’esprit festif qui s’emparait progressivement des tribunes. Un rock assez lisse mais des sourires sur les visages tant l’heure fatidique finissait par arriver…

Shaka Ponk met le feu aux Arènes !

Shaka Ponk n’était pas au départ dans les petits papiers de cette soirée. Jamais il n’aurait dû assurer la véritable première partie de The Offspring. L’ inflammation aux cordes vocales de Pierre Bouvier, chanteur et leader de Simple Plan, a finalement eu raison de lui : Simple Plan se voit contraint d’annuler une bonne partie de ses dates européennes et surtout de jeter l’éponge pour Nîmes. Une déception pour les uns, un soulagement pour les autres. L’annonce du remplacement de Simple Plan par Shaka Ponk la semaine dernière avait entraîné des réactions en demie-teinte auprès des festivaliers. L’enchaînement des Kids, de Simple Plan et de Offspring semblait être plus cohérent musicalement. Et pourtant…

Dans des Arènes sceptiques et peu préparées à l’assaut des SHK PNK, la surprise a été totale. Petit Shaka Ponk est devenu grand. D’entrée, la Shaka Party a commencé. Un brûlot du dernier album, Shiza Radio, pour lancer le show. Hell’O ne tardera pas, les connaisseurs, car il y en a, se mettent déjà à hurler à tue-tête « Beast wanna say Hell’O ! ».

La mise en scène est carrée, la puissance nettement affirmée. L’effervescence des fans ne tarde pas à se répandre très rapidement dans le restant du public. Le métal rencontre le rock alors que l’électro prend une place de plus en plus importante. Le phrasé hip hop apporte sur les compos une certaine force de caractère. Reset After All envoie une bonne dose de rock et montre surtout l’énorme potentiel du groupe : l’instru est efficace, Frah au chant est complètement déjanté, Samaha Sam entre le chant et la choré assure le show  ! Un large écran circulaire est posé en fond, Goz le fameux gorille de Shaka Ponk est en pleine animation, alors que Samaha Sam se laisse emporter par les vibes du groupe. Le premier morceau est à peine terminé que Frah est déjà dans la fosse…

Le show a alterné toutes les différentes phases musicales du Shaka Ponk sans même hésiter à les revisiter. La sortie de leur troisième album en juin dernier (The Geeks and The Jerkin’Socks) a insufflé de nouvelles touches plus électro/rock, les tendances métal étant plus en retrait. Les anciennes compos de Loco Con Da Frenchy Talkin’ (2006) ont d’ailleurs perdu un peu de leur intensité. Les gros hits du dernier opus ont envoyé du très lourd comme sur I’m Picky. Les notes plus pop de Sex Ball sont moyennement passées mais se sont vite estompées face à des How We Kill Stars, Popa ou autre époustouflant French Touch Puta Madre.

Une chose est sûre : les Arènes se sont progressivement levées au fil des morceaux pour acclamer l’immense prestation des Shaka Ponk. Autant visuel que sonore. Un véritable rouleau compresseur qui a chassé les vieux fantômes de Simple Plan hantant certaines parties des Arènes. Les innombrables olas qui n’en finissaient plus en l’hommage des Shaka est un signe qui ne trompe pas, comme l’immense standing ovation à la fin des une heure de débauche. Lorsque les membres du groupe descendirent dans la fosse avant The Offspring, ils leurs avaient presque volé la vedette. Pire, ils devenaient les chouchous du public lorsqu’ils lancèrent à leur tour une nouvelle série de olas pour que The Offspring débute enfin. La pression a brutalement changé de camp…

The Offspring : la grosse machine

Les ambassadeurs du punk rock US se sont faits attendre. Ils ont l’habitude me direz vous. 27 ans d’existence, 8 albums studios et une notoriété quasi-inébranlable. Comme s’il fallait passer obligatoirement par la case The Offspring étant ado pour se mettre au rock. Les générations évoluent mais l’engouement est intacte : les tranches d’âge de 10 à 60 ans se sont retrouvées dans les Arènes, à l’unisson, tous pour un même but. Le quatuor est toujours là : Dexter Holland au chant et à la guitare, Noodles l’accompagne, Greg K à la basse et Pete Parada à la batterie (depuis 2007). Il fut même accompagné d’un troisième guitariste en participant au chant.

Brusquement les Arènes furent plongées dans le noir, le show commence. Enfin. The Offspring était là pour assurer le spectacle, c’est implacable. Le concert n’a été qu’une succession de hits avec très peu de temps morts. Les américains ne sont pas là spécialement pour jouer la tournée de Rise and Fall, Rage and Grace (2008), le public n’attend pas ça aussi. Personne en réalité n’attend cet album là. On a tous nos hits, The Offspring détient cette incroyable faculté à créer des brûlots à la pelle depuis plus de 20 ans. Chaque opus détient son lot de tubes et chaque période y va de soi. A l’exception des deux premiers albums (The Offspring, 1989 et Ignition, 1992), The Offspring a tiré à boulets rouges sur une foule qui ne souhaitait que ça : une tournée d’anthologie.

L’atypique album Smash (1994) n’a pas été oublié : Bad Habit, morceau incontournable de 1994 débute sur quelques riffs calmes à la guitare et devient fracassant sur des « Hey man you know I’m really okay, the gun in my hand will tell you the same… ». Le refrain ne sera qu’une explosion dans des Arènes qui se prennent un retour en arrière de 20 ans dans les jambes. Le constat a été le même avec la basse très incisive de What Happened To You ? et son rythme jumpant.

On remonte les années pour finalement arriver à l’excellent Ixnay on the Hombre (1997) : les Arènes ne faibliront jamais, au contraire, de la fosse aux gradins, l’effervescence s’est généralisée. All I Want, Gone Away, chacun se rappelle les moments qu’il a eu selon les morceaux joués. On a tous vécu des choses particulières selon les albums d’Offspring. L’album Americana (1998) trouvera le même son de cloche : Have You Ever, balancé très tôt dans le set, met le feu aux poudres. The Kids Aren’t Alright est repris en coeur par le public, tous connaissent les paroles, alors que Staring At The Sun et Americana s’enchainent sans relâche.

The Offspring est une énorme machine : aucun temps mort, peu d’échanges avec le public, Dexter ne se montre pas très causant. Seul Noodles à la guitare essaie d’instaurer une certaine complicité… Le groupe est là pour combler son auditoire. Une petite pause acoustique s’est montrée indispensable pour permettre à tout le monde de récupérer : si le dernier album a été pratiquement écarté du set, Dexter revient avec une guitare sèche sur le très posé Kristy, Are You Doing Okay ?. Séquence émotion, les bras se balancent de gauche à droite frénétiquement en tenant quelque chose de lumineux, n’importe quoi tant que cela fait de la lumière. Plongées dans le noir, les Arènes revêtent tout à coup un magnifique habit de lumières… qui sera préservé sur l’inévitable Why Don’t You Get A Job ?.

Si beaucoup attendaient l’album Conspiracy Of One (2000), il a été finalement peu joué : juste le temps de fracasser les guitares sur Want You Bad et le tonitruant Original Prankster. Au contraire les mauvaises critiques de Splinter (2003) ont certainement du remonter jusqu’à leurs oreilles, seul Hit That et ses coup de buttoirs électroniques a été sauvé des eaux.

Après une bonne heure de spectacle, le quinté quitte déjà les planches. A vrai dire, The Offspring a enchainé tous ses titres sans véritable pause. L’intensité a primé au détriment de la durée. Le temps de se faire ovationner et les américains reviennent avec un de leur single de Rise and Fall, Rage and Grace, Hammerhead. Astucieusement, The Offspring a joué comme morceaux récents ceux qui se rapprochaient le plus de leur meilleur époque.  Curieusement la qualité du son a été pour la première fois à désirer, le chant a la limite de l’audible. Want You Bad a corrigé ce léger désagrément avant que Self Esteem ne clôture cette chaude soirée.

Tous les ingrédients étaient réunis pour passer une soirée dont beaucoup se rappelleront : un passage espéré depuis plus de 12 ans dans le Sud de la France, un cadre idyllique pour un public qui a été à la hauteur de l’évènement. Quand la mayonnaise prend dans les Arènes de Nîmes, il faut dire qu’il y a quelque chose de magique en ce lieu si particulier.

Crédits photo : Myrtil Lapierre

En savoir +

Concert dans le cadre du Festival de Nîmes, édition 2011, mardi 23 août 2011, aux Arènes.

- Site officiel du Festival de Nîmes : http://www.festivaldenimes.com/
- Site officiel de The Offspring : http://www.offspring.com/
- Site officiel de Shaka Ponk : http://www.shakaponk.com/
- Site officiel de Kids in Glass Houses : http://www.kidsinglasshouses.com/

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 29 août 2011
    Veens a écrit :

    Très bon article! Shaka Ponk rocks! ;)

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