The Offspring – Days Go By

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25 ans de carrière. The Offspring est le symbole de toute une jeunesse, de toute une adolescence même. Et ils n'ont pas pris une ride, mieux, ils font partis de ces dinosaures du genre, incontestés . Forcément, lorsqu'on apprend que les californiens ont remis le couvert en présentant leur neuvième album, nous sommes obligés d'y prêter une attention. Même si The Offspring représente, aussi, quelque chose de révolu.

Image de TO

On ne va pas rentrer dans l’éternel débat de savoir si The Offspring est toujours comme avant. Non, bien sûr que non. L’ancien Offspring est enterré, les Smash (1994) et Ignition (1992) avec. Une autre époque. L’incroyable machine à construire des hits s’est calmée, on sent bien qu’elle a beaucoup plus de mal depuis les années 2000 à repartir. Surtout depuis « Splinter » (2003). Plus rock, moins punk… plus passe-partout, moins énergique, les temps sont devenus plus sombres pour The Offspring qui espère, à nouveau, sortir un album fédérateur.
Sur Rise and Fall, Rage and Grace (2008), on avait retrouvé de l’allant et plusieurs compos sortaient du lot…
Ici, dans ce Days Go By, les choses semblent s’être figées.

Quatre ans. Quatre ans pour sortir douze nouvelles compositions et dépasser péniblement les 40 minutes. De ce point de vue-là, les pistes sont toujours aussi courtes. Dès la première écoute, on se prend une claque. C’est à se demander si The Offspring a réellement travaillé cet album. Plusieurs points marquants : si le groupe a toujours sévi dans le même genre musical, les américains persistent dans cette voie davantage rock que punk et surtout, il semblerait que des brides de tracks précédents aient resservis dans l’écriture de ce nouveau bébé.

Aucun doute sur Dirty Magic  (9e track), issu de l’excellent opus Ignition qui voit sa version ralentie, polie. Si le fait de la ré-entendre fait grandement plaisir, quel est l’intérêt de rendre la compo moins crasseuse vingt ans après ? Au rayon des incompréhensions, le track Secrets From The Underground remporte probablement la palme de la plus mauvaise imitation. Alors oui, c’est un des morceaux les plus percutants de l’album qui donne sérieusement la pêche, mais il est surtout un mix de deux hits du groupe, You’re Gonna Go Far, Kid  et The Kids Aren’t Alright.
Un peu plus loin, nouvelles similitudes : replongez-vous dans Smash et écoutez Something To Believe. Vous retrouvez exactement les même choeurs sur… Hurting As One. On hoche la tête, ok, mais ça sent un peu le réchauffé.

Et l’album dans tout ça ? The Offspring souffle le chaud et le froid. D’abord, ce qui est à retenir figure dans ces cinq premiers morceaux : des compos comme The Future is Now  ou Turning Into You  sont totalement en phase avec ce que le groupe nous concocte depuis quelque temps. Effusion de guitares, mélodies simples, mais efficaces, rythme entêtant, les bons ingrédients connus des Californiens sont à l’ordre du jour. C’est rock’n'roll, c’est étonnant aussi avec l’apparition du synthé sur la première track citée qui laisse penser que le groupe voudrait diversifier ses morceaux. Finalement, ce sera une très courte apparition pour conférer un peu de douceur en guise d’ouverture.

Dans cette première partie d’album, on pourra enfin noter le moyen-bon titre éponyme de la galette, Days Go By, plus rock alternatif que punk, laissant la part belle aux guitares (sèches et acoustiques).

On touche à présent les points sensibles de la galette qui divisent l’auditoire. Première balle avec Cruising California (Bumpin’ In My Trunk). De la musique de bas étage avec un synthétiseur de voix, un beat r’n'b pour des chœurs féminins à la limite du supportable, The Offspring nous sort le successeur de Pretty Fly (For A White Guy)  en moins bien, en réchauffé, même si c’est franchement décalé ! Si une seule parodie aurait été grandement suffisante, les Américains ont pourtant récidivé : avec Oc Guns, The Offspring se paie le scalp du hip-hop avec chant en espagnol, trompette et scratchs à tout va. Un joke song  comme les Californiens aiment tant faire ! Carrément loufoque, cette bizarrerie en fera jaser plus d’un… mais pas de quoi crier au scandale. Cela a toujours été d’actualité pour The Offspring de faire du second degré !

Et le reste ? C’est clairement en demie-teinte. All I Have Left Is You est beaucoup trop long (plus de 5 minutes) et s’avère surtout être très ennuyeux du haut de cette ballade entamée… Retour du piano, rythmique cyclique, The Offspring a rarement excellé dans ces séquences calmes. Sur I Wanna Secret Family (With You), The Offspring sombre : ça sent le Green Day à plein nez, comme si les américains voulaient nous plonger dans leur sitcom favorite. Saturée, dénuée d’originalité, une compo à oublier. Pourtant, The Offspring s’y essaie à deux fois et fait mouche sur la seconde : avec le dernier track à rallonge, Slim Pickens Does The Right Thing and RidesThe Bomb To Hell, c’est nettement plus punchy avec ses penchants à la « Americana » (1999).

Littéralement ballotté à tout va dans cette fin d’album, Dirty Magic  trouvera un écho favorable au (très) court Dividing By Zero, plus oldschool, plus saignant, plus virulent, qui nous convaincra surtout que The Offspring n’a pas oublié la recette de ses bons gros sons… Malheureusement, ils sont bien peu nombreux sur ce « Days Go By ».

Selon les générations, on aura des affinités différentes avec ce dernier opus… Il y a à boire et à manger, c’est indéniable. Un peu blasés, un peu abattus, les fans de la première heure auront bien du mal à s’en contenter. C’est trop inégal : l’accroche comme la déception peuvent vite s’enchainer. Il y a certes de nouvelles sonorités dans cette galette, on sent d’ailleurs la patte du nouveau batteur, mais c’est trop timide. Le groupe souhaite-t-il se renouveler, franchir le pas ? C’est assez flou. Et cela fait quelque temps déjà que c’est le cas…

The Offspring, Days Go By, dans les bacs depuis juin 2012.

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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