The Neighbourhood, « I’m sorry » : mais pourquoi ?

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Séquence découverte avec un jeune groupe californien qui a sorti son tout premier EP en 2012 aux USA et le 28 Janvier 2013 en Europe : The Neighbourhood. Quasi inconnu en France, le quintet s'offre pourtant un sacré bain de jouvence. Leur rock est torturé, prenant voire même planant. Seulement 17 minutes de son... mais bon sang qu'elles appellent les suivantes.

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On a tous ressenti ça : vous écoutez une nouvelle galette, un peu par hasard, sans y prêter une attention particulière. Le résultat final sera rapidement une fatalité : dans la majeure partie des cas le déclic ne s’opère pas et l’album passe aux oubliettes ou plus rarement, quelque chose se passe. La deuxième écoute est enclenchée, notre excitation est décuplée car on dirait qu’il y a ce petit truc en plus. Là aussi, c’est du quitte ou double. Soit nos exigences apparaissent finalement bien trop fortes, soit l’accroche est irréductible. C’est ce que nous avons expérimenté avec l’EP de The Neighbourhood. D’abord en musique de fond, ce dernier passa vite au premier plan après plusieurs écoutes successives. Le titre, racoleur, poussait presque à prendre le groupe en grippe. Comment être désolé avant même d’avoir été écouté ?

Alors autant se jeter et se laisser emporter par ce drôle de défouloir. Dès le premier morceau (Female Robbery), les beats hip hop résonnent tel un échos dans un voyage sans retour, où les mélodies pop imprègnent l’obscurité d’une ambiance feutrée. Cris déchirants, enraillement de machines, l’horizon est encombré. Flirtant entre le trip hop et des penchants rock, The Neighbourhood se cristallise sur un track réellement poignant, Leaving Tonight, où son équilibre repose sur une rythmique vous entraînant au fil des minutes dans les bas-fonds.

Bien décidés à purger sa peine sans forcément se révolter, les californiens restent profondément ancrés dans cette douceur presque étourdissante. Baby Came Home reste dans ce même tempo, accrocheur, balancé entre les sessions acoustiques et subitement électriques, où la voix de Jesse James Rutherford résonne à merveille.

Dommage que sur Sweather Weather, les tendances vers des groupes tels que Muse ou Maroon 5 prennent un peu trop le pas sur l’univers du groupe. Tantôt rappée, chantée ou entonnée, la houlette pop/rock s’instompe un peu face aux assauts hip hop/r’n'b, lui attribuant la palme du morceau le moins réussi de l’EP.

Ce sentiment sera vite gommé par un dernier tour de force, Wires : en duo au chant, une saveur sucrée entre en bouche, les synthés sont étranges, presque cachés dans le noir, dégageant une envie soudaine de se retrouver au beau milieu de cette belle discussion.

5 titres c’est court mais The Neighbourhood a montré qu’il savait se jouer des influences, se les approprier et sortir un EP qui ne laisse vraiment pas indifférent. Bien sûr que sur du long format, autre chose est attendue par risque de rendre l’album répétitif et trop fermé.

Mais de là à l’appeler  »I’m sorry », franchement on cherche encore pourquoi…

Clip  »Female Robbery », The Neighbourhood :

« I’m sorry », The Neighbourhood, dans les bacs depuis le 28 Janvier 2013

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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