The National à l’Olympia

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En mai 2010, le groupe américain the National faisaient la première partie de Pavement au Zénith de Paris. Leur dernier album, High Violet, est un succès mondial : on a donc été voir ce qu'il se passait ce 23 novembre dans la salle mythique de l'Olympia.

Fins et velus quand même, The National. Virils, c’est comme ça qu’on dit. Batterie délicate et bien dosée, guitares franches et tendues, et puis cette voix chaude et grave du mélancolique Matt Berninger. On dit de lui que c’est un dandy, bon peut-être, probablement, enfin pas tant que ça non plus.

En tous les cas, High Violet, Violet sans doute, un peu Noir encore plus, se traduit en poésie sombre sur la scène qui fait légèrement frissonner. La salle est conquise d’avance. C’est après quelques mesures de Neil Young en bande-son, On the Beach, que The National entrent sur scène. Anyone’s Ghost, le second morceau, entraîne déjà le public. Fake Empire provoque aussi son petit tourbillon d’excitation dans la fosse.

L’humeur est au rire. Le groupe se lance dans une tentative jazzeuse relativement risquée, et bien foireuse au final, ce que Matt ponctue par un « Stop that jaz shit » très spontanément. Ouf. Matt finit par tomber drôlement dans la fosse, l’appel du bain de fans plus fort que lui et la multitude de verres de vin qu’il a pu avaler. Les jokes plus ou moins rigolotes, longuettes ou parfaites ont fusé pendant tout le show, ces National étant de sacrés bavards. Trop ? Peut-être, mais après tout, c’est pas mal non plus, des musiciens qui échangent autant en syllabes aussi avec l’assemblée… Le concert en ressort un peu moins percutant.

L’ensemble est assez sensible, exacerbé, mélancolique, presque destructeur. Nous n’avons pas le bonheur de voir avec eux Padma Newsome – violon, choeurs, synthés – remplacé correctement malgré tout. Les cuivres sont aussi de petits bijoux supplémentaires. Rythme carré qui sait s’adapter. Guitares plus qu’expressives. Atmosphériques. Matt Berninger étonnant.

Un très bon concert, efficace, bien mené. Sans plus non plus, on a vu mieux. Rien de spécifiquement grandiose, mais le tout se défend très bien. Tout se passe vraiment lors d’un rappel superbe avec Lucky You, Mr.November, Terrible Love et Vanderlyle Crybaby Geeks : des titres sidérants et jubilatoires. A la fin, Vanderlyle Crybaby Geeks explose en acoustique. Les notes montent dans la salle avec fragilité, mais assurance, c’est un joli moment bien poétique qui marque la conclusion d’un beau partage authentique avec le public.

Crédits photo : Nicolas Brunet

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A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 30 novembre 2010
    Eric a écrit :

    Yes, sympa cette chronique qui retranscrit bien l’ambiance du concert !

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