The Middle East – The Recordings of The Middle East

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One, two, three, four, here comes The Middle East !

Image de The Recordings Of The Middle East En ce moment, il y a les bons groupes qui sortent de nouveaux albums, mais peu de nouveaux groupes qui sortent de bons albums. On entend souvent : « Écoute ça, ça vaut le coup d’oreilles ! », mais, finalement, aucun véritable coup de cœur, seulement des imposteurs qui dureront le temps d’un été ou deux.

Le premier vrai rayon de soleil musical de l’année vient d’Australie. The Middle East… C’est drôle d’écrire ça en survolant le Moyen-Orient !

Leur album date de 2008, mais n’était sorti que dans leur pays. Un pur concentré d’émotion, avant la séparation… En France, ce n’est que le 19 avril dernier, après la reformation du groupe, que sort The Recordings of The Middle East, un mini-album issu du premier disque. Et ce n’est pas le titre inédit, Dirty Looks, qui comblera l’absence des trois chansons supprimées : Pig Food, The Fall of Man et Tsietsi. La pochette reste d’une grande beauté et ne ment pas : elle reflète parfaitement le contenu.

L’EP commence par une ballade tout en douceur, The Darkest Side. Seule une guitare acoustique accompagne les voix. C’est tellement généreux, en restant aérien, qu’on pourrait écouter une répétition de jolies mélodies dans les mêmes couleurs folk sur les six titres. D’ailleurs, avec Lonely, on repart dans une mélancolie agréable, mais qui progresse vers un final brillant et intense. Guitares électrique et acoustique se marient dans une harmonie sublimée par les voix chuchotées. Ensuite, on plonge dans Blood. Ça sent le single, même si ses cinq minutes vingt-sept ne se prête pas au format. C’est joli, frais, festif et chantant. Et l’été passé, on pourra s’y réfugier, pour sourire. La chanson suivante est marquée par un mix intelligent des voix, féminines et masculines. Fool’s Gold dure un peu plus de trois minutes : c’est court, mais tout est là pour rêver sereinement. Le caractère intimiste s’envole avec Beleriand. Le groupe propose un son plus rock, plus grave, sans perdre de subtilité dans la composition en enchaînant violence, harmonie et profondeur. On termine sur Dirty Looks, avec le sentiment qu’il manque quelque chose. Seule la voix quelque peu déchirée apporte un peu d’intérêt à cette chanson plus faible que les autres. Mais c’est sûrement parce que, quand on connaît le premier album, on regrette les vingt-cinq minutes tronquées. Flashback ?

Pig Food… Ça donne envie, hein ?! Les premières notes mettent une bonne claque aux préjugés qu’on aurait pu avoir si on avait lu le titre avant d’écouter les sept minutes et dix secondes d’émotion. C’est l’une des plus belles compositions de The Middle East, un modèle de construction. Comme pour redescendre tranquillement sur Terre, ou pour s’en éloigner définitivement, The Fall of Man mêle voix parlées, planantes, modifiées, cristallines, et pour finir, cris de désespoir soutenus par des cordes puissantes et un piano présent jusqu’à la dernière note. C’est déjà la fin et on en voudrait tellement plus… Tsietsi clôturait cet album réussi. C’est un morceau de treize minutes, treize minutes de pur bonheur, qui résume à lui seul la qualité du travail de ces talentueux Australiens. Des Australiens qui, à l’image des artistes islandais, puisent leur inspiration dans les merveilleux paysages désertiques de leur île.

C’est doux sans être niais, c’est riche sans être lourd, c’est travaillé sans être rigide. Bref, c’est intéressant et très prometteur. C’est comme une bonne bouteille de vin qui promet de bien vieillir ! Il ne reste plus qu’à découvrir The Middle East en concert et d’attendre patiemment le prochain grand cru.

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

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