The Mars Volta à l’Olympia

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Les Mars Volta, tout juste débarqués de leur planète, déboulent sur la scène de l’Olympia pour nous servir leur rock prog zappatisant et halluciné : gros son, gros volume et grosse énergie en perspective. On n'en attend pas moins des chevelus les plus hispanisants de la scène progressive américaine.

marsvota1-2D’emblée, la couleur est annoncée : le concert est annoncé à 19h30, à 19h31 les lumières s’éteignent, à 19h32 le groupe s’installe, à 19H33 guitares, batteries, basses et clavier attaquent, et à 19h34, Bixler déboule sur scène comme un diablotin sorti de sa boite, empoigne le micro et attaque Goliath . Pas de détour inutile donc, ni de préambule ou de première partie : il ne s’agit pas de laisser une partie de l’énergie se diffuser et se disperser ailleurs. On a compris, Cédric : nos oreilles et nos regards sont tournés vers toi.

De toute manière, on n’a pas vraiment le choix : les Mars Volta en live, c’est comme un aimant à capter l’énergie et l’attention du public. La technique hallucinante d’ Omar Rodriguez, catalysée par le magnétisme de Cédric Bixler, happent complètement le spectateur dans un vortex de son et d’envolées lyriques.

Le groupe enchaine sagement (dans la mesure du possible) des compositions du dernière album Octahedron et de plus anciennes ( De-Loused, Amputechture, ou The Bedlam ). Heureusement, l’accalmie n’est que de courte durée et très vite la folie « MarsVoltienne » prend le pas sur la raison : improvisations et solos de haute volée fusent de tous les cotés, et même si Omar et Cédric focalisent l’attention sur eux, les autres musiciens ne demeurent pas en reste et se voient accordées leurs 15 minutes (littéralement) de gloire, où ils peuvent chacun à leur tour faire étalage de quelques prouesses délicieusement progressives.

Un set intense, concentré et condensé, donc, et qui ne laisse aucune place au temps mort : guitare, chant, basse, batterie, et même les maracas sont à fond. Du coup, on perd un peu le fil. Si Bixler se contorsionne et se dandine sans faiblir, c’est loin d’être notre cas : on s’épuise à le regarder et on a du mal à suivre les aléas rythmiques et les sautes de temps pourtant si caractéristique de la musique des grands bruns avec une moustache noire.

marsvolta3Résultat des courses : après 1h de concentration intense, on décroche pour la deuxième. Dans tout ce fourbis musical, on n’aurait pas craché sur un peu plus de nuances et de phrasés musicaux auxquels le groupe nous avait habitué (on pense notamment au bijou d’orfèvrerie musicale qu’est Asilos Magdalena sur Amputechture ). On aurait bien aimé que la sensualidad du déhanché de Bixler résonne autant dans son jeu de jambes que dans le vibrato de la guitare de Rodriguez pour nous faire apprécier davantage les moments d’intensité.

Cependant, cette petite mise à distance n’empêche pas de souligner l’expérience musicale que constitue un concert des Mars Volta . On en ressort lessivé, épuisé, éreinté, avec l’impression de s’être donné sur scène pendant 2h (pas une minute de plus, pas une minute de moins).

21h30 : le dernier accord est joué, les lumières s’allument, le concert finit comme il a commencé, de manière abrupte. On rentre chez soi avec la vague impression de pas avoir complètement compris ce qui venait de se passer. A méditer, donc, au calme, en s’écoutant Asilos Magdalena pour se bercer les oreilles.

Setlist : Goliath / Cotopaxi / Roulette Dares (The Haunt of) / Viscera Eyes / Halo of Nembutals / Cygnus… Vismund Cygnus / Desperate Graves / Ilyena / Teflon / Drunkship of Lanterns / Luciforms / The Widow / Wax Simulacra

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A propos de l'auteur

Image de : Mercy Seat n’aime pas trop s’exposer. C’est mauvais pour sa peau de toute manière. Elle préfère se terrer dans les coins obscurs des salles de cinéma de quartier et les recoins des salles de concert. Qui sait sur quelle perle rare elle pourrait tomber au détour d’une rétrospective : un Scorcese inédit, la Nuit du Chasseur en copie neuve, Sailor et Lula redux ? Elle chine par-ci par-là des bouts de Nick Cave et de Johnny Cash, de Queens of the Stone Age et de White Stripes, rêve d’un endroit qui ressemble à la Louisiane (mais en moins chaud), et pense que si Faulkner et Shakespeare avaient vécu à notre époque, ils auraient fait des supers films avec Tarantino et Rodriguez.

2 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 17 juillet 2009
    Vin a écrit :

    Et pour les titres, c’est CygNus…Vismund Cygnus , et IlyenA

  2. 2
    Pascal
    le Vendredi 17 juillet 2009
    Pascal a écrit :

    Thanks ;o)

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