The Grudge

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Le cinéma d'horreur asiatique connaissant un énorme engouement depuis quelques années, il était donc inévitable qu'Hollywood s'empare du phénomène et essaye de se l'approprier. Après le très moyen The Ring, pâle remake occidentalisé du monument de Hideo Nakata, c'est au tour de Takashi Shimizu de retourner une version américanisée de son propre film, Ju On, immense succès au Japon.

p1Produit par Sam Raimi l’excellent réalisateur de Spiderman et surtout de la cultissime trilogie Evil Dead, The Grudge n’est définitivement pas un remake comme les autres. Rien que le simple nom de Raimi est déjà à lui seul la garantie d’une certaine intégrité artistique. Grande originalité, le film a été tourné entièrement à Tokyo pour essayer de garder l’esprit et l’ambiance du film d’origine. Dans les rôles titres on retrouve par contre quelques noms connus, issus de la jeune garde hollywoodienne, avec Sarah Michelle Gellar, rendue célèbre par la série Buffy, Jason Behr (Roswell) ou encore Bill Pullmann (Lost Highway). Du côté des acteurs japonais, Takako Fuji et Yuya Ozeki retrouvent tout deux leurs rôles de fantômes qu’ils jouaient déjà dans le film original.

Au niveau du scénario, on reste dans le très conventionnel, après la cassette maudite tuant tous ceux la visionnant, c’est ici le tour d’une maison hantée qui promets une mort atroce à toute personne qui en franchirait la porte d’entrée. Une sorte de mariage réussi entre Ring et Dark Water . Le mode de narration non linéaire, ponctué de nombreux flashbacks, permets de se faire croiser plusieurs histoires parallèles, toutes ayant en commun la maison maléfique. Sombre, mystérieuse et inquiétante, la maison est traitée quand à elle comme un personnage à part entière et est la cible de toutes les attentions du réalisateur.

p5Musique angoissante, superposition d’images à l’écran, plans rapprochés, les mécanismes sont plutôt traditionnels mais ils se révèlent néanmoins très efficaces. Visuellement très fort par moment, Shimizu réussi la prouesse de scotcher le spectateur à son siège lors de séquences proprement terrifiantes. Pourtant en voulant trop en montrer, il arrive à certaines scènes, en particuliers lorsque des personnages se font tuer, de trop flirter avec le kitsch, ce qui gâche en quelque sorte tout le climat de terreur savamment distillé tout au long du film. À ce propos, mention spéciale pour la séquence de l’ascenseur qui est un vrai bijou du genre et démontre toute l’habileté que possède Shimizu dans l’art de vous glacer le sang.

À l’arrivée The Grudge n’est peut être pas LE chef d’œuvre sensé révolutionner le genre, comme cela a pu être dit, il n’en reste pas moins un très bon film, qui plus est, relativement fidèle à l’original. Certes l’action est un peu plus rapide et le scénario plus conventionnel que dans Ju On, mais on peut néanmoins être en droit de s’interroger sur la finalité d’un tel remake, qui excepté le fait d’avoir américanisé une partie des rôles, n’apporte pas grand chose en plus.

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Image de : Fondateur de Discordance.

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