The Fugitive Kind

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Quatre ans déjà depuis le dernier album du groupe Overhead. Dernier dans tous les sens du terme puisque le groupe n'est plus, ou du moins n'en reste-t-il qu'une voix, une écriture, un style : Nicolas Leroux qui se rebaptise The Fugitive Kind pour ce nouveau départ. En concert au Nouveau Casino l'artiste a su s'entourer pour son retour à la scène des deux guitaristes de son ancien groupe, en plus d'un batteur et d'un bassiste pour un concert en l'honneur d'un rock posé et vibrant.

l_f80d9c572e6a4de1aedc5fca5c6a1032C’est Declan de Barra qui assure la première partie. Accompagné seulement de sa guitare et d’une violoncelliste, le public ne peut que rester bouche bée devant une telle performance. La voix profonde, le timbre clair, le chant de l’artiste nous transperce tous, nous sommes figés par ces ondes qui semblent venues du plus profond de la Terre. La jeune musicienne n’est d’ailleurs pas en reste, utilisant son archet aussi bien comme une douce caresse que comme une lame incisive sur les cordes de son bel instrument. Une démonstration qui laisse un arrière-goût de trop court, mais remporte haut la main sa mission de mise en condition.

Le Nouveau Casino est donc dans un état d’écoute et de réceptivité comme il est rare de le trouver dès la première chanson, et Nicolas Leroux entend bien ne pas laisser retomber le soufflé. On commence avec les accords délicatement planant de Stone Age et c’est comme une impression de déjà vu qui prend les amateur d’ Overhead .

Outre l’ambiance musicale, c’est une complicité incroyable qui lie les deux guitaristes et le chanteur. Sourires, voir rires discrets, nos deux espiègles jouent les choeurs qui roucoulent dans le micro, mais savent aussi donner du riff bien rageur lorsqu’il le faut. Impeccablement réglé, le son des guitares électriques laisse une place intéressante à la guitare sèche que manipule notre leader pour des morceaux comme The Fugitive Kind .

Entre rock et new wave, on sent ici des influences qui vont de Coldplay à My Bloody Valentine pour des morceaux aux sursauts inattendus. La guitare électrique garde en effet une place d’honneur dans ce set aux musiciens aussi doués que malicieux, et qui prennent un plaisir visible à faire crier leur belles demoiselles. Les jeunes hommes sont d’ailleurs partageurs se soir, se retrouvant face à face chacun gratte les cordes de la guitare de son voisin tout en jouant les accords sur son propre instrument, démarrant ainsi le morceau merveilleusement lunaire Innercity . Mais parce que planer c’est bien mais un petit retour a la Terre ne fait pas de mal parfois, notre multi-instrumentiste n’hésite pas à s’armer d’une grosse caisse et d’une caisse claire pour redonner un peu de brut dans ce set presque trop bien réglé.

Car si les morceaux s’enchainent sans bémol, que les ondes joyeuses et euphoriques qui circulent entre les anciens membres du groupe sont visibles, le public finit par se sentir limite délaissé. The Fugitive Kind n’a pas l’air des plus disposé à taper la causette je l’entend bien, mais du coup on se retrouve à l’heure du rappel beaucoup trop vite, malgré un sacré set qui comptait presque toutes les chansons du nouvel album.

Un concert trop court donc, et qui aurait peut-être mérité une plus grande place pour les vieux succès du groupe, au vu de l’envolée générale qui a pris le public lorsque Nicolas Leroux annonce enfin pour le rappel « Bon, on va voir si vous vous rappelez, ce morceau s’appelle Talk Real ». Un vrai retour au rock poétique qui s’étire sur dix minutes incroyables, mais qui annonce en même temps la fin du show.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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