The Fleshtones + Ultra Bullitt + Bijou SVP | La citrouille (Saint-Brieuc) | 09.03.2012

par leni|
Le public grisonnant avait sorti les rouflaquettes pour le passage des emblématiques Fleshtones à Saint-Brieuc. Mais avant les papis du punk, la Citrouille nous proposait deux autres groupes : les Bretons d’Ultra Bullitt et Bijou SVP, mené par Philippe Dauga, l’ancien bassiste de Bijou.

Même si le public n’était pas spécialement venu pour eux, le leader d’Ultra Bullitt l’admet lui-même, la formation ne s’est pas contentée d’une simple mise en bouche. En effet, le power trio a envoyé des watts pendant une quarantaine de minutes. Les fans de rock présents ont apprécié recevoir ce son brut, massif et limpide. Le guitariste expédiait des riffs qui nous rappelaient The Kinks ou The Hives, le batteur imposait un rythme élevé, le chanteur accompagnait le tout d’une voix rauque et d’une remarquable présence scénique. La performance fut courte, mais efficace, Ultra Bullitt a allié puissance et justesse tout comme sur leur nouvel album Now or Never. À suivre…

Bijou SVP (Sans Vincent Palmer) s’est arrêté en Bretagne pour tenter de faire revivre le groupe « Bijou », un temps concurrent de Téléphone. Mais en 2012 les choses ont bien changé. Certes, Philippe Dauga tourne toujours, accompagné de Patrice Llaberia (guitare) et Franck Ballier (batterie), de plus le répertoire reste inchangé. Néanmoins dans la salle nous étions loin du trio de la fin des années 70. Au chant, Dauga peine à se faire entendre, on le sent à bout de souffle et comme il le faisait remarquer de nombreuses fois sa « route a été longue ». Musicalement, la reprise de la Fille du père Noël a dû faire tomber le cigare de la bouche de Dutronc. Toutefois, le cadeau de Didier Wampas Les rockeurs de droite, le tube Rock à la radio, et l’instrumental Les chevaliers du ciel très « Shadows » ont fonctionné. C’est un Philippe Dauga (auto) satisfait qui se retire après une prestation plutôt décevante et qui laisse place aux Fleshtones.

Les Fleshtones n’ont jamais réellement réussi à percer auprès du grand public, à se faire une place aux côtés des Clash ou des Stooges, pourtant leur réputation sur scène est solide. Les New Yorkais ne se sont jamais arrêtés, ils tracent la route depuis la fin des années 70. Pour notre plus grand plaisir, ils ont décidé de faire une halte dans la chaleureuse salle de la Citrouille.
Les papis du Queens nous ont montré, dès le départ, que ce ne serait pas un concert habituel, leur arrivée s’est faite par le public en fendant la foule pour atteindre la petite scène. Peter Zaremba (chant et guitare) avait la tête d’un pilier de comptoir de PMU, titubait et chantait de façon incompréhensible. Mais vraiment peu importe, le show rock’n’éthanol avait commencé !

Peter Zaremba, Keith Streng (guitare), Ken Fox (basse) et Bill Milhizer (batterie) étaient chacun dans une caricature. Zaremba brandissait une ceinture en cuir comme un boxeur, il quittait la scène pour aller se servir en bière dans le public et surtout nous gratifiait de superbes pas de danse très personnels. Streng quant à lui faisait voler ses bottines à paillettes dans tous les sens et tournait en rond tel une danseuse étoile. Fox, habillé de sa chemise kitch, twistait avec sa basse comme s’il s’agissait de Mia Wallas. Milhizer derrière sa batterie avait le regard vide et avait l’air proche du malaise alors que ses mains tenaient le rythme du quatuor. Et le délire a continué tout le long du concert. Ils ont laissé les instruments aux personnes présentes sur le côté de la scène (Llaberia de Bijou à la basse et le leader d’Ultra Bullitt aux chœurs). Ils ont délocalisé le concert au milieu de la foule avant d’inviter une partie du public sur scène.

Côté musique, Keith Streng malgré le grand et joyeux n’importe quoi qui régnait, a tenu la barque à coup de riffs saturés sur sa guitare brillante. Derrière Milhizer a assuré et nous a offert un solo de batterie bien mené. Fox a délivré des lignes de basse efficaces du début à la fin et les apparitions de l’harmonica de Zaremba épousaient bien l’ambiance musicale. À retenir un instrumental de Day Tripper et un I wish you would où les chœurs résonnaient parmi un public conquis. Pour finir cette soirée superbement rock et burlesque, et pour nous montrer le plaisir qu’ils ont eu (et qu’ils nous ont communiqué) Fox s’est posté à la porte afin de remercier chaque spectateur.

Crédits photo : Anthony Leforestier

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The Fleshtones : http://www.fleshtones.org

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