The Fiery Furnaces – Widow City

par Frederic|
Ça ressemble à quoi la vie sur Mars ? Au grand regret de devoir couper court à tout suspens, il y a bien peu de chance pour que vous ne le sachiez un jour en personne. Vous pouvez en revanche partir dès maintenant pour la Ville Veuve des Fiery Furnaces et croyez-moi, le voyage est tout aussi cosmique!

fieryVous venez à peine de pénétrer dans l’enceinte de Widow City et déjà, quelque chose ne tourne pas rond: vous venez de passer en l’espace d’une minute d’une mesure funk à une mélodie pop-soul avant que ne s’avance, espiègle, la voix d’ Eleanor Friedberger qui à décidée elle aussi de faire sa farceuse en chantant comme on saute à cloche-pied. Jusqu’à la fin, le morceau entamera donc une bonne dizaine de variations impromptues, autant d’avertissements au voyageur égaré : oublie d’où tu viens car ici les règles du Grand Livre Pop n’ont plus lieu.

On s’était habitué à ce genre d’exercice de la part de Mathew et d’ Eleanor, fratrie fondatrice des Fiery Furnaces, qui n’a jamais cessé d’expérimenter sur sa propre musique; ici, le groupe est venu de surcroît renforcer l’artillerie rythmique avec le batteur Robert D’Amico, donnant à l’ensemble un son plus rock et massif, assez proche du Gallowbird’s Park des débuts. Rock, certes, mais attention, façon Furnaces et donc complètement timbré.

L’écriture mélodique et cristalline est aussi au rendez-vous : au détour d’un apparent cul-de-sac, le grand frère Mathew a de nouveau distillé de part et d’autre de purs trésors de pop psychédélique (l’excellente suite narrative Duplexes Of The Dead / Automatic Husband / Ex-Guru ou les brillants Restorative Beer et My Egyptian Grammar ), autant de réussites ingénieuses qui font parfois un peu regretter le foutoir ambiant.

En effet, le dédale rock progressif et bruitiste de Clear Signal From Cairo peut se targuer, avec Wicker Whatnots, d’officier parmi les morceaux les plus difficiles du groupe à ce jour. Et ce n’est pas forcément un compliment: On aurait aimé moins de diversion, moins de pagaille, et un terrain d’expérimentation plus stable, à l’image de Right By Conquest ou The Old Hag is Sleeping qui arrivent facilement à faire le lien entre mélodie et exubérance. Sur seize titres, il était forcément difficile aux Furnaces de rester cohérent. Mais on se doute qu’ils se fichent comme d’une guigne de respecter quelque convention que ce soit!

Car c’est en effet ce fichu vent de liberté gravé sur ce disque qui a fait depuis longtemps la marque de fabrique du groupe – et sa renommée de groupe culte . Liberté qui prend certes du temps à être apprivoisé, mais qui récompensera les plus curieux. Car la partie de cache-cache sonore devient vite une véritable chasse au trésor lorsqu’on se laisse de nouveau enivrer par les symphonies chaotiques des frangins Friedberger .

Mais que vos proches en soient prévenus. On risque de peut-être vous retrouver bientôt à errer, le regard halluciné, dans les rues de Widow City .

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Site officiel: http://www.thefieryfurnaces.com/

Myspace: www.myspace.com/thefieryfurnaces

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