The Dresden Dolls – Yes Virginia

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"Ce sera les Dresden Dolls réduits à leur plus pure quintessence...." C'est par ces mots, en décembre 2004, que Brian nous décrivait ce que serait le successeur de leur premier album éponyme. Le groupe venait de signer chez Roadrunner et s'apprêtait à livrer un show monstrueux et mémorable pour la centaine de chanceux présents dans la petite salle de la Laiterie de Strasbourg....

virginiaAu terme de cette soirée, une grosse claque et une certitude: ce groupe ne ressemble à aucun autre et possède un potentiel artistique et créatif tout simplement énorme….. Depuis, les choses se sont sensiblement accélérées: une tournée mondiale le plus souvent à guichets fermés, des premières parties de Nine Inch Nails en Europe et aux USA avec le privilège d’avoir été choisis par Trent Reznor himself, une série de festivals parmi les plus réputés, la sortie d’un DVD, l’écriture d’une comédie musicale et une reconnaissance du public qui ne cesse de grandir. Avec un tel planning aux limites de l’hyperactivité, il paraît presque légitime de se demander si la sortie de ce deuxième opus ne s’est pas faite un peu trop vite…

Mettons fin au suspens dès maintenant, il n’en est rien et Yes Virginia est un album incroyable en tous points. Musicalement il sonne beaucoup plus rock et épuré que son prédécesseur avec une parfaite osmose entre Amanda au piano/chant et Brian en véritable stakhanoviste de la batterie. Les Dolls nous entraînent dans une cavalcade carnavalesque effrénée et nous plongent dans leur univers si particulier, à la fois flamboyant, drôle, sarcastique et souvent désabusé. Un songwriting exemplaire, un sens de la composition admirable et une folie contagieuse qui font de ces 13 titres autant de petites pépites qui vous trotteront dans la tête pendant de longs mois.

Alors oui, sur ce CD vous ne trouverez pas de deuxième Coin Operated Boy ni de deuxième Girl Anachronism, les Dresden Dolls ont réussi à ne jamais se répéter sans pour autant perdre ce qui faisait leur particularité: ce mélange d’énergie punk, de théâtralité grandiloquente et de satyre contemporaine. Ils ont gardé l’essentiel, la quintessence dont parlait Brian, en allant beaucoup plus loin tant dans le fond que dans la forme.

Impossible de ne pas évoquer le côté visuel ultra-travaillé du groupe. Alors que l’on ne compte plus leurs collaborations avec des centaines d’artistes du monde entier, à travers notamment la constitution de la Brigade qui transforme chaque concert des Dolls en performance unique, Brian et Amanda ont suivi le même processus pour l’artwork de Yes Virginia . Et le résultat est un magnifique livret de 18 pages composé d’illustrations originales faites par une dizaine de graphistes directement inspirées par chacune des chansons de l’album.

C’est d’ailleurs là l’un des paradoxes du groupe: bien qu’il soit la parfaite incarnation d’un duo d’apparence exclusive, à la manière des White Stripes ou de The Kills, il propose une interactivité constante avec un public qui se retrouve tour à tour spectateur et acteur d’une oeuvre sans cesse en mouvement et dont les possibilités sont sans limites. C’est également l’une des raisons qui font qu’il est impossible de prétendre connaître les Dolls avant de les avoir vu sur une scène.

N’attendez donc plus…

Life is no Cabaret, we’re inviting you anyway…

En savoir +

Site officiel du groupe

[Interview->37] – Décembre 2004

[NIN + The Dresden Dolls->108] – Juin 2005

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Image de : Fondateur de Discordance.

1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 2 juin 2006
    Anonyme a écrit :

    Très bon article. J’avais vraiment peur en achetant ce deuxième album, peur de ne pas retrouver ce qui m’avait tant plu dans le premier, peur que ça se répète trop aussi.
    Finalement un album différent et pareil. Plus construit, plus homogène, plus rock que punk, et toujours aussi fabuleux et énergique !!

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