The Door et Daybreakers au BIFFF

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Retour sur deux des films les plus marquants de cette semaine du film fantastique de Bruxelles.

Die Tür (The Door)

Image de DieTuer Chaque année, le Bifff nous gratifie d’un thriller, un vrai, de ceux en marge de toute catégorie, tant ils ne se rattachent à aucune tradition propre, que ce soit policière ou horrifique. Cette année, la bonne surprise est ce petit film allemand, d’un réalisateur peu connu (et dont la filmo fait plus sourire que frissonner), mais qui a déjà semble-t-il déjà bien roulé sa bosse dans les festivals, raflant tous les prix. Et pour cause !

Die Tür (qui n’a pas encore de titre français, mais qui, de toute évidence, se traduit par « La Porte »), nous dresse le portait, pas très glorieux, d’un jeune papa qui préfère aller s’occuper des fesses de la voisine plutôt que de sa femme et de sa fillette. Pas de chance pour lui, ce jour-là, sa gamine va lui donner une terrible leçon de morale en allant racler le fond de la piscine un peu trop longtemps… et voilà le pauvre David terrassé de culpabilité, responsable de la mort de sa fille de 7 ans.

On le retrouve, 5 ans plus tard, incapable de remonter la pente, harcelant son ex (qui entre-temps, avait appris ses escapades et s’était bien décidé à refaire sa vie loin de lui), et ne trouvant de répit que dans l’alcool. Mais la vie, parfois, s’amuse à nous ouvrir des chemins défendus. De ceux qui pourraient nous rendre l’espoir, mais… qui s’avèrent bien vicieux en fin de compte. Et ce soir-là, c’est un chemin comme celui-là que découvre David, derrière une simple porte en bois, au fond du cul-de-sac du bout de son ancienne rue.

Au fond du passage, le revoilà de retour dans son quartier résidentiel… 5 ans auparavant, à l’instant précis où tout bascula ! Le propre des secondes chances, c’est que généralement… on ne les laisse pas filer. Et donc, c’est tout naturellement que David se porte au secours de sa fille, et la sauve de son destin funeste. Mais tout se paie dans la vie, surtout ce genre de bonus et c’est lorsque son propre double rentre à la maison, et qu’il comprend qu’il n’y aura pas assez de place pour deux papas, dans un seul et même espace-temps, que notre homme décide de se débarrasser… de lui-même. Et là commencent réellement les petits ennuis familiaux… et de voisinage !

Film froid, typiquement teuton dans sa forme, il est soutenu par des interprètes impeccables, un scénario efficace, et qui part peu à peu dans un imbroglio échevelé en multipliant les quiproquos et les passages d’un monde à l’autre. Au final, il nous offre une morale assez étrange, en demi-ton, semblant nous rappeler que quel que soit les choix que l’on peut faire (ou refaire !) dans une vie, il y a toujours un moment où il nous faut passer à la caisse.

À voir donc, dès sa sortie dans nos contrées !

Réalisé par Anno Saul
Avec Mads Mikkelsen, Jessica Schwarz, Heike Makatsch, Nele Trebs

Daybreakers

Image de Daybreakers Sorti il y a un mois dans les salles françaises, et dans l’indifférence la plus totale, ce film mérite pourtant un meilleur sort… ce que le BIFFF lui apporte, en ouverture de sa Nuit Fantastique.

Et en effet, même si elle n’a ni l’énergie d’un Blade, ni la rage d’un Underworld, cette histoire de société future entièrement aux mains d’une humanité vampirique qui se meurt (faute d’humains, forcément), a l’intelligence d’inverser les rôles et de montrer ce que serait un monde dirigé par une race de prédateurs qui ont gagné leur supériorité en écrasant et en exploitant le filon humain, ce qui les mène peu à peu à leur propre perte.

Fable démographique, clin d’œil écologique, morale humaniste sur le lobby pharmaceutique, Daybreakers est un film dans l’air du temps, sans être lourd pour autant et qui mérite donc le coup d’œil. Servi par un trio d’acteurs inoxydables (Hawke, Dafoe, Neill), on entre de plain-pied dans cet univers glacé, où, à l’instar de certains quartiers d’Afrique du Sud ou d’Amérique Centrale, les rues, les habitations sont hyper barricadées, protégées, et les voitures aux vitres opaques.

Le pitch est simple : nous sommes en 2019, et un virus inconnu a transformé plus de 90% de la population humaine en… vampires. Ceux-ci cherchent en vain un moyen de synthétiser un sang artificiel ayant les mêmes vertus que le sang humain.

En attendant, une société se charge de transformer les derniers représentants de l’humanité en poches à sang géantes, mais la tension monte parmi la population, rationnée, et qui se transforme, peu à peu, en sortes de goules immondes, suite à cette étrange « déshydratation ».

Évidemment, impossible d’éviter le ressort « guérilla » avec une résistance qui s’organise face au pouvoir en place, ainsi que les quelques références encore très archaïques au mythe du vampire qui ne manqueront pas de faire sourire (dont celle qui fait de Hawke un homme invisible dans le reflet de son rétroviseur). Mais l’ensemble garde un bel équilibre, et on se laisse gentiment mordre par ce conte moderne qui revisite un mythe avec beaucoup plus de style que les récentes pellicules adolescentes qu’on nous a balancé sur le même thème.

Réalisé par Michael Spierig, Peter Spierig
Avec Ethan Hawke, Sam Neill, Willem Dafoe

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A propos de l'auteur

Image de : Sorti d'une école de Communication Visuelle de Bruxelles il y a 15 ans, directeur artistique belge basé à Paris depuis 10 ans, c'est un touche-à-tout dans le domaine des arts graphiques et du multimédia. Tour-à-tour photographe, graphiste, vidéaste, ou illustrateur, c'est aussi un IA ( Internet-Addict ), qui apprécie particulièrement le "cinéma-qui-possède-sa-petite-musique-intérieure", les "musiques-qui-te-donnent-des-images-dans-la-tête" et les événements culturels un peu décalés. De là à devenir chroniqueur pour Discordance... il n'y a qu'un pas, qu'il a franchi avec plaisir. Site web : http://www.mockery.fr

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