« The Deluxe Family Show » – Deluxe

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Deux mois. Cela faisait plus de deux mois que Discordance connaissait l'album et brûlait d'impatience de vous en parler réellement. Oui, le premier véritable album de Deluxe, "The Deluxe Family Show", a été dévoilé hier par les aixois. Après deux maxis sortis en novembre 2011 et en mai 2013 plus que prometteurs, il y avait, forcément, un peu d'appréhension au moment de l'écoute des nouveaux poulains du label Chinese Man Records. Quelle erreur !

Deluxe
Lorsqu’on écoute un album pour la première fois, nous pouvons nous retrouver dans différents cas de figure : il y a le premier, récurrent pour nous, qui consiste à mettre un album pendant le boulot, en attendant que le déclic s’opère. Dans ce cas précis, la barre d’exigences est élevée car, occupé à une autre activité, il faut que l’album ait suffisamment de bagage pour nous interpeller. Mais il y a aussi le second, peut-être encore plus exigeant, qui consiste à dévorer d’une traite une galette que l’on attend depuis particulièrement longtemps. L’excitation est déjà là, l’esprit, d’ailleurs, à l’affût des premières notes ou mélodies, guette ce qui commencera à le soulager.

« The Deluxe Family Show » ne mettra guère de temps à remplir ces fonctions : il suffit d’une écoute pour comprendre que, cette année, l’été se prolongera encore pendant plusieurs mois. Deluxe nous livre-là un album taillé sur mesure pour les fortes chaleurs, groovy et funky à souhait. Sans tomber dans la facilité de l’intensité, Deluxe dévoile une carte que l’on avait commencé à deviner suite au maxi « Daniel » (2013) : entre acoustique, électrique et électronique, Deluxe réalise, déjà, un coup de maître en 12 pistes.

En famille, avec toute la clique du label Chinese Man Records, Deluxe semble avoir trouvé un point d’équilibre musical : douceur et subtilité peuvent côtoyer fougue et diablesse sans tomber dans les excès. Réalisé dans l’optique de la fête, le family show trace sa route les yeux fermés. Car il y a en effet beaucoup de finesse condensée dans ces différents titres. Même si nous les connaissions déjà grâce au maxi précédent, Pretty Flaws et Bleed On gardent toute leur poigne. Tantôt trip hop, scratchée ou clairement jazzy, ces ballades à pas feutrés sont accompagnées de deux pépites coups de coeur : une première danse en deux temps avec l’embardée acoustique de To Doop, bercé par la voix de Lili Boy, ou le très noir Indisposed. Une compo samplée digne des prouesses de l’Homme Chinois, martelée par le flow hip hop du MC Cyph4. Un bijou.

Pourtant, au dépens de ces deux petites prouesses qui marquent instantanément l’auditoire, impossible de ne pas se l’avouer, sans concession : attendu sur les chemins désormais balisés de l’electro/jazz, Deluxe vient de prendre à contre-pied tous ses détraqueurs ! Si un mot doit bien être retenu pour qualifier « The Deluxe Family Show », il y en a bien un qui revient sans cesse… c’est « funky » ! Deluxe nous dépoussière-là de bonnes lignes de basse du fond des placards… My Game, funky par millier, annonce de sacrés déhanchements sur le dance-floor, pendant que Making Music ne fait que briller de mille feux dans un sursaut cuivré.

Souhaitant conserver un penchant hip hop clairement assumé, Deluxe s’est entouré de ses bons potes pour renvoyer la réplique : que ce soit sur Too Me (en featuring avec Tumi) ou sur le ravageur Baby (en featuring avec ASM), ces derniers ne pouvaient qu’être au rendez-vous pour nous délecter de leur cocktail traditionnel hip hop/funk.

Bien amené et jamais surdosé, Deluxe ne pouvait pas nous laisser non plus sans deux gros brûlots survitaminés : à la manière d’un Superman qui tournerait en boucle, Daniel, martelé par un synthé sauce western, donne le ton au MC Youthstar. Rimes en rafales pour un hit qui swingue à coups de bonnes vibrations, Deluxe se paie le luxe d’en offrir un second : Blocked, cette fois en featuring avec Taiwan MC, voit débarquer guitare électrique et fureur contenue. Lâchant progressivement du lest sur une voie obscure, les machines finissent par s’emballer pour dévoiler un final hip hop dubstep qui a déjà fait toutes ses preuves en live. Sombre et à la fois déconcertant, Deluxe s’amuse avec les sonorités. Des sonorités de plus en plus riches et variées (rock, pop, electro, jazz, funk, hip hop), même si les trois dernières sont clairement dominantes.

Un album éclectique, équilibré qui joue sur les différences de rythmes et d’ambiance, Deluxe a réussi à rassembler les ingrédients de la fête, de la fraîcheur, mais aussi de la douceur. Refusant de plonger tête baissée dans ces premiers albums qui favorisent généralement l’intensité, Deluxe dévoile-là un album d’une maturité déconcertante. Pour un premier essai, c’est étonnamment rare.

N’oubliez pas : « si ça vous a plu, revenez moustachu ! ».

Clip « Daniel » :

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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