The Dead Weather à l’Olympia

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Pas la peine de tourner autour du pot : au concert des Dead Weather à l'Olympia, on s'est juste pris en pleine face la déflagration musicale de l'année. Ouch.

4060890524_5b5dc6b563Pour ceux qui n’auraient pas été dans notre dimension les 6 derniers mois et à qui le nom de Dead Weather n’évoque (encore) rien, petit cours de rattrapage. Les Dead Weather, c’est tout simplement Jack White qui un matin se dit que, tiens, il ferait bien un groupe avec Allisson Mosshart (la Patti Smith des Kills ), Dean Fertita (la guitare des Queens Of The Stone Age sur la tournée Era ) et Jack Lawrence (bassiste chevelu des Raconteurs ) histoire de ne pas trop s’ennuyer entre deux side projects. De cette union libre nait Horehound, déculottée musicale en 11 pistes.

Cependant, un bon album n’est pas forcément la garantie d’un bon concert, surtout dans le cas des super formations comme celle-ci. Il y a toujours un danger à juxtaposer le temps d’un album un line-up, tout aussi alléchant soit-il: absence d’alchimie entre les membres du groupe, rendu lisse, manque d’âme, ennui. Heureusement, c’est loin d’être le cas des Dead Weather .

Dès leur arrivée sur scène, ils électrisent le public et le magnétisent complètement. La batterie de Jack White nous envoûte par ses rythmes incantatoires, la basse de Lawrence fait vibrer le fond de nos entrailles, et le blues de la guitare de Fertita nous serre à la gorge jusqu’à l’aphasie. Quant à Alison, sa présence féline hypnotise une assemblée qui ne peut détacher son regard et ses oreilles de cette prêtresse du blues ( Screamin Jay Hawkins réincarné en petite Anglaise de 25 ans ?). Vous l’aurez compris, ça envoie vraiment du lourd: la guitare énervée et garage des White Stripes se mêle au son gras et désertique des Queens tandis que basse et batterie donnent sa profondeur à la prestation dans un tourbillon chamanique. Tout défile dans nos yeux et nos oreilles et un frisson nous remonte le long de la colonne vertébrale.

4060889616_b4f56a3d95_copieLes Dead Weather nous prouvent par leur énergie et leur précision qu’ils ne sont pas seulement la juxtaposition des White Stripes / QOTSA / Kills / Raconteurs . Ils sont un groupe à part entière au sein duquel s’opère une alchimie des plus palpables. Les instruments changent de mains, les micros aussi. Alison assure globalement la majorité du set, mais sait aussi s’éclipser quand il le faut pour laisser la place à Jack White et son génie tout autant guitaristique que vocal. Aux morceaux surpuissants et démoniaques – Cut like a Buffallo et New Pony – succèdent donc des instants de grâce blues, While There be Enough Water? ou Hang You From the Heaven où l’on suspend sa respiration pour mieux entamer la dernière ligne droite et finir dans le tonnerre apocalyptique de Treat Me like your Mother .

Tout génie qu’il est Jack White n’avait pas envisagé un effet pervers du concept de super groupe: le live est d’une telle qualité qu’il donne toute sa dimension et sa cohérence au projet musical. Résultat, l’album qui est en soi très bon, parait bien fade à côté et on a du mal à le réécouter par la suite. Mauvais retour sur investissement, Jack . I faudrait penser à être moins bon, ce sera plus rentable!

Crédits photo : Steven Porquier (http://behindmusicdesign.fr/)

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A propos de l'auteur

Image de : Mercy Seat n’aime pas trop s’exposer. C’est mauvais pour sa peau de toute manière. Elle préfère se terrer dans les coins obscurs des salles de cinéma de quartier et les recoins des salles de concert. Qui sait sur quelle perle rare elle pourrait tomber au détour d’une rétrospective : un Scorcese inédit, la Nuit du Chasseur en copie neuve, Sailor et Lula redux ? Elle chine par-ci par-là des bouts de Nick Cave et de Johnny Cash, de Queens of the Stone Age et de White Stripes, rêve d’un endroit qui ressemble à la Louisiane (mais en moins chaud), et pense que si Faulkner et Shakespeare avaient vécu à notre époque, ils auraient fait des supers films avec Tarantino et Rodriguez.

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 3 novembre 2009
    Vic a écrit :

    Vu l’été dernier, au moins dans le top 5 des meilleurs concerts de ma vie.
    J’ai vu qu’il y’avait un album live téléchargeable sur megaupload.

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