The dark knight

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Après un premier opus réussi mais en demi-teinte, Christopher Nolan ressort Batman de sa (Bat)cave pour un deuxième volet sidérant de maitrise, appuyé par un casting irréprochable. Un carton annoncé du box office international qui place la barre très haute pour les adaptations de comics à venir.

dark_knight-2Ha Christopher Nolan . Depuis son entrée fracassante dans la cour des grands grâce à son ovniesque Memento, il n’a eu de cesse de jongler avec les genres avec une facilité assez déconcertante ( Insomnia, Le Prestige ). Du talent à l’état pur ce garçon. Après avoir péniblement sorti Batman de la tombe qu’avait creusé Joel Schumacher avec Batman et Robin (douloureux souvenir), le bonhomme remet le couvert avec The dark Knight , suite directe de son Batman Begins sorti 3 ans plus tôt. Et en réalisateur consciencieux qu’il est, on retrouve la même équipe que lors du précédent volet, exception faite de Katie Holmes, remplacée par Maggie Gyllenhaal – et ce n’est peut-être pas plus mal. Autrement dit, une équipe d’orfèvre autant devant, que derrière la caméra, au service d’un homme de talent.

Dès les premières images, on sent que Nolan s’est à présent approprié le style blockbuster, sans pour autant s’effacer dans un formatage malheureusement récurrent dans ce type de film. A la base de tout cela, un scénario ciselé, écrit à 4 mains avec son frère, fruit d’un travail rigoureux lui offrant les libertés nécessaires à sa vision sans pour autant trancher avec le(s) personnage(s) du comics d’origine. À la sortie ? 2h27 de film réglé comme du papier à musique, sans temps mort, ni excès. Chaque personnage trouve ici la profondeur qu’il mérite, de la schizophrénie latente de Bruce Wayne / Batman, à la folie sans concession du Joker. Et quel Joker ! Heath Ledger, paix à son âme, a su nous en offrir une vision superbe, beaucoup plus « punk » et en phase avec le monde moderne que le propre sur lui et maniéré Jack Nicholson qui semblait pourtant indétrônable, tant son interprétation a marqué des générations entières. Ne tombant jamais dans le grotesque, ce Joker nouveau fait froid dans le dos, emprunt d’une folie sans limites et pour qui le chaos semble être le seul but à atteindre.

Mention spéciale également pour Aaron Eckhart ( Thank You for Smoking ) impeccable en Harvey Dent, procureur incorruptible et dévoué corps et âme à sa mission, chevalier blanc luttant avec les armes de la justice, et dont la relation avec Batman nous offre deux visions d’un même idéal. Chapeau bas également pour le duo Michael Caine et Morgan Freeman parfaits de charisme et de discrétion, sortes de pères de substitutions pour un Bruce Wayne déchiré entre 2 existences, et sans qui la lutte ne pourrait être. Sans oublier non plus Gary Oldman, très complet dans son rôle du Lt. Gordon. Mais arrêtons nous là pour le casting.

Car derrière la caméra ça ne chaume pas non plus, très beaux décors (même si on n’atteint pas la perfection visuelle des versions de Tim Burton ), effets spéciaux et cascades à couper le souffle, lumières subtiles accentuant le contraste des deux visages de la justice que composent le duo Harvey Dent / Batman, musiques toujours adaptées à la situation composées par Hans Zimmer et James Newton Howard (ouais les deux tant qu’a faire !) . Bref pas un détail qui cloche, si ce n’est le style visuel de Batman (et de sa panoplie) peut être trop High-tech, mais si telle est la vision de Nolan .

Un grand film de divertissement donc, passant de la démesure visuelle du blockbuster à la sobriété d’un drame shakespearien, qui confirme la résurrection de Batman. En attendant le chapitre final de ce que Christopher Nolan annonça dès le départ comme une trilogie.

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6 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Jeudi 4 septembre 2008
    Stedim a écrit :

    Chronique intéressante !

    P’tit complément d’info : http://www.20minutes.fr/article/249188/People-Star-Clash-Batman-vs-Joker.php

  2. 2
    le Dimanche 7 septembre 2008
    (The) Aurelio a écrit :

    un grand film… le must du blockbuster

  3. 3
    le Lundi 8 septembre 2008
    baaloul a écrit :

    Franchement j’ai été déçu par ce film, et plus particulierement par les combats et les poursuites moto/voiture/camions. du grand n’importe quoi !

  4. 4
    le Lundi 8 septembre 2008
    Ren a écrit :

    Du grand n’importe quoi? Je trouve au contraire que dans le genre, c’est peut être le moins « n’importe quoi » de tous..

  5. 5
    Pascal
    le Lundi 8 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    Au risque de radoter, j’ai été bluffé par la prestation d’Heath Ledger avec son Joker ressemblant comme deux gouttes d’eau à The Crow version Brandon Lee…

  6. 6
    le Mardi 9 juin 2009
    Julien Vachon a écrit :

    C’est beau, c’est Vrai pascal il y a un peu de démence comme celle de Brandon Lee… Lui aussi mort un peu trop.
    Je pense qu’au niveau de l’atmosphère sombre on se démarque de Tim Burton qui lui était Romantisme noir tandis que Nolan est à la limite du Fantastique et du Romantisme. Enfin c’est assez compliqué d’exprimer nos sentiments face à ces deux grands réalisateurs.

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