The Dø : le soleil s’est couché

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Exit la musique ensoleillée et les tubes folks mignons. The Dø vogue désormais vers une musique plus riche, plus mélancolique et plus profonde. Une reconversion et une prise de risque qui méritent largement de s’attarder sur Both Ways Open Jaws.

Image de thedo_pochette Le premier disque de The Dø a été l’une des sensations de l’année 2008. Le groupe a écoulé 150 000 exemplaires de The Mouthful, disque ensoleillé, créatif mais aussi naïf. Trois ans ont passé depuis : le groupe a pénétré l’affreux business de la musique, s’est forgé une plus grande expérience de la scène et une connaissance du milieu médiatique et de ses critiques parfois acerbes. Résultat, on ressent sur ce deuxième disque une maturité qui n’était pas là sur The Mouthful.

The Dø utilise fondamentalement la même recette que sur son premier disque : les chansons du duo sont un patchwork de quantités de sons, qui mis ensemble donnent une cohérence et une identité propre au groupe. La comparaison s’arrête là. Le groupe a largement évolué sur les instrumentaux tant au niveau qualitatif que quantitatif : le mix est plus abouti, les sons sont plus consistants et plus variés que sur le disque précédent. Pour preuve, le groupe va passer sur scène de trois musiciens à dix, Dan et Olivia inclus. En outre, le chant approche des tessitures nettement plus variées et souvent moins criardes et poussives. Quoi qu’il en soit, Olivia conserve toute la virtuosité qui avait fait la force de The Mouthful et de son précédent projet, Ether.

L’expérience, et c’est là le point le plus frappant de Both Ways Open Jaws, a rendu la musique de The Dø bien plus sombre et plus mélancolique.  Exit donc la musique ensoleillée et les tubes folks mignons. Il suffit pour le prouver de mettre les deux premier singles de The Mouthful et Both Ways Open Jaws face à face (voir ci-dessous). Le premier tube de The Dø On my shoulders, est une ballade folk gentillette qui frise avec le psychédélique sur la fin alors que Slippery Dope laisse nettement plus de place aux basses, aux percussions et à un chant dangereusement envoûtant. La prise de risque est importante mais le groupe semble être prêt à voir son public changer. Quels que ce soient les auditeurs touchés, ce disque prouve en tout cas largement que The Dø n’a pas démérité son succès.

The Dø – On my shoulders


The Dø – Slippery slope

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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