The Cure | Beacon Theatre | New York | 26.11.2011

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Évènement exceptionnel. Le qualificatif est modeste pour cette soirée à laquelle était convié l'un de nos chroniqueurs-photographe (et grand fan du groupe) en ce samedi 26 novembre à New York. Votre magazine hors format avait en effet été choisi parmi d'innombrables candidats et quelques happy few pour couvrir l'une des dernières dates de la tournée Reflections du groupe légendaire The Cure.

L’évènement annoncé il y a deux mois seulement s’annonçait comme unique et tous les billets mis en ventes s’étaient écoulés en quelques minutes et se monnayaient sous le manteau à des prix indécents. Des milliers de fans étaient accourus du monde entier pour assister à cette célébration collective que seul le groupe de Robert Smith arrive à provoquer depuis plus de 30 ans.

Éternelle tignasse adolescente et lipstick ravageur, Smith proposera donc, après Sydney et Londres, ses trois premiers classiques avec une instrumentation fidèle : Three Imaginary Boys, Seventeen Seconds et Faith. Écrin parfait pour cette soirée : le Beacon Theatre sur le Upper West Side. Un lieu qui n’a pas été choisi par hasard. La grande salle, à la décoration d’un vieux théâtre, ornée de statues d’or et de guerriers autour de la scène aura offert un son magique, grâce à une récente rénovation de plusieurs millions.

Le public essentiellement composé d’anciens fans et de nombreux hipsters en aura donc pour son argent. D’autant plus que le groupe, comme à son habitude, se donnera avec une énergie et une intensité incroyable. La voix de Robert Smith est d’une profondeur et d’une clarté simplement magique. Elle résonne dans chaque recoin du théâtre, à la fois douce, violente et hypnotique.

Simon Gallup à la basse, distille sa rage à genoux sur scène, alors que Roger O’Donnell alterne entre béatitude électronique et larmes d’émotion. Pendant presque quatre heures, les titres vont s’enchainer, indispensables ou, plus rarement, anecdotiques, comme Plastic Passion que Robert Smith revisite délicieusement. Trois albums en intégralité cela veut aussi dire ce soir voir trois groupes différents.

Avec Three Imaginary Boy, nous sommes en 1979, le punk agonise et The Cure se nourrit de son énergie, en y rajoutant ce qui lui a toujours manqué : des textes, qu’ils soient poétiques ou absurdes. Le son interpelle par sa mécanique improbable entre rébellion acnéique et spleen de garçon moderne. Une bonne occasion de se souvenir que Robert Smith est également l’un des meilleurs guitaristes de sa génération. Suis je objectif ? Non.

Avec Seventeen Seconds, The Cure offre déjà un nouveau visage. Les claviers apparaissent et ajoutent une texture mélancolique à une inspiration encore adolescente comme sur le titre M.

Avec Faith mélancolie et désespoir se nouent. Longs morceaux, claviers omniprésents, basses plombées, les illusions ado sont mortes et nous, dans la salle, sommes emportés. Liturgie sombre noyée dans les fumigènes, Faith est ce soir d’une beauté monumentale et bouleversante.

Claque magistrale. L’on pense à ces dix dernières années passées à écumer les salles de concert sans jamais ressentir une telle émotion, une telle ferveur de la part du public, un tel plaisir sur scène. On est tellement loin des poses et des groupes gadgets du moment, que le temps s’arrête. Que plus rien d’autre n’existe que cette scène sombre où un bonhomme de 52 ans à la beauté lunaire y donne ses tripes en nous rappelant ce que le mot « Classe » veut dire.

Après les trois albums joués en entier, place aux B-sides, aux morceaux jamais joués en public ou très rarement comme Splintered In Her Head ce qui finira de renverser une salle en délire. Le rituel aura duré des heures, plus de 40 titres d’une jeunesse insolente qui ne laissera personne dans le public indemne.

La musique de The Cure est souvent décrite comme mélancolique, triste et sombre, mais dans ce reflections, il n’y a pas de place pour les ténèbres, juste une belle envie de partager, une leçon d’élégance et de rock and roll.

J’ai vingt ans ce soir et Robert Smith vient de m’offrir mon plus beau souvenir de scène. Paris peut attendre non ?

Quelques Vidéos du concert au  Beacon Theatre New York City . You Tube

 Le double CD Bestival 2011  dans les bacs le 05 décembre et distribué par Pias.

Crédits photo Mauro Melis

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Image de : Live Music & Social Photographer. http://www.mauromelis.fr.

2 commentaires

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  1. 1
    le Samedi 3 décembre 2011
    isatagada a écrit :

    Et là, Simon qui te regarde. Droit dans l’objectif ! (la 24)
    La série des Robert (8 à 17) est tout simplment magique.
    Et ton texte est génial. « J’ai vingt ans ce soir et Robert Smith vient de m’offrir mon plus beau souvenir de scène ».
    Hiiiiiiiiiiiiiii Haaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! U ROCK !!!! (sauf pour ce qui est des parapluies, j’entends ^^ – priv)

  2. 2
    le Samedi 3 décembre 2011
    foolsdance a écrit :

    Mauro, ton analyse est si juste et émouvante…et les photos juste splendides. Merci xxx

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