Crocodiles – Endless Flowers

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Avec ce troisième album studio sorti le 4 juin, les Californiens continuent de jouer sur la formule « un son rugueux pour rester accrocheur ». Mais en plus lisse et plus pop.

Âge tendre et gueule de bois. C’est le résumé qui sort immédiatement à l’écoute du dernier opus des Crocodiles, le groupe de San Diego leadé par par Brandon Welchez et Charles Rowell. Les amateurs du dark side et du côté noise des Californiens restent un peu sur le bord de la route. Il semblerait bien qu’avec une majeure de pop surannée sur leur galette, les sauvages crocodiles ont élu villégiature dans un parc protégé. La chanson Bubblegum trash en témoigne largement. Bien qu’enregistré à Berlin, Welchez et Rowell perpétuent une musique surf, ensoleillée, de lendemain de fête. La touche berliner dans un flow iodé. Comme ce clin d’oeil « ein zwei drei » (un, deux, trois) au début de la chanson Sunday. Ou alors My surfing Lucifer tout droit sorti de l’antre d’un squat allemand.

C’est sans doute la piste Dark Alleys qui se rapproche le plus de ce qu’avaient pour habitude de performer les Crocodiles sur leurs deux précédents albums. De la chanson entêtante et embrumée à la Stoned to death. Noire et énergique. Il reste bien sur l’épine dorsale de ce dernier album un son un peu bosselé et métallique, digne d’un enregistrement à l’ancienne, des instruments et une voix parfois lointains, comme un mirage, qui ont fait le succès du groupe depuis sa formation en 2008. Avec parfois un peu trop de bruitage digne d’un DVD de Don Camillo. Et ce sont les chansons les plus simples comme Hung up on a flower qui fonctionnent le mieux.

Il n’en reste pas moins que si l’on peu douter parfois du niveau d’inspiration de Welchez et Rowell lors de la compo de l’album, les deux gusses prouvent encore une fois qu’ils savent faire preuve, musicalement, d’un jemenfoutisme contrôlé, pour ne pas dire brillant.

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A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

1 commentaire

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  1. 1
    Isatagada
    le Lundi 18 juin 2012
    isatagada a écrit :

    J’adore ton style, une fois encore :-) Comme ça fait 3 fois que je reviens lire ce billet (la faute à cette pochette de disque sur laquelle on ne peut que cliquer aussi, faut dire …), il fallait bien que je te l’écrive.

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