The Craftmen Club – Thirty six minutes

par Arno Mothra|
The Craftmen Club se qualifie de "heavy garage blues rock band with some psychotic electronic sounds". Si cette étiquette teintée d'autodérision a de quoi donner le vertige au premier abord, autant préciser d'emblée qu'elle sied néanmoins parfaitement aux sonorités US et diversifiées du groupe.

31aeteatd7l-_sl500_aa240_Trio originaire de Guingamp en Bretagne, The Craftmen Club a depuis 2001 un maxi, un EP ( Jesus is a hit-and-run driver man ) et un album ( I gave you orders never to play that record again ) à son actif, ainsi que plusieurs dizaines de concerts joués à travers la France, dont les Vieilles Charrues, les Transmusicales, le Printemps de Bourges et plus récemment la Flèche d’Or à Paris. Petite bombe directe d’atmosphères joyeusement abrasives, Thirty six minutes, deuxième véritable opus prévu pour le 2 février, risque fort d’en dérouter et d’en ligoter plus d’un. Pour qui voudra bien se laisser attraper au lasso.

Visiblement à l’aise d’une expérience scénique acquise (se ressentant vite dans le son), le groupe ouvre les hostilités avec To the surface, véritable explosion pimentée recelant tous les ingrédients nécessaires pour transporter l’auditeur, quelques mois à l’avance, dans un festival rock estival de bonne facture. Si dans ce qui suit, le vieux blues psyché de Nick Cave and the Bad Seeds s’installe parfois tel un clin d’oeil délicieux et furtif ( Hold out your hands, Death song, final entièrement instrumental), comme le rock décalé des premiers disques de Noir Désir (les presque hymnes entêtants Gary blood et Desert land, dont le chant réveillerait les vieux fantômes de Bertrand Cantat ), force est de constater que les Craftmen ont su s’approprier une identité musicale riche, très brute de décoffrage, parsemée d’énergie ( Back in town, Sexodrome, When I try, courts et percutants) et de banjo ( Goodbye Mother, ou Les Chiens, un des rares titres interprétés en Français), assez peu courante. A tel point qu’il serait plutôt difficile d’asseoir ces trois bretons sur un style prédéfini et propice à quelque courant actuel.

Sans aucun temps mort, Thirty six minutes, voyage rock à travers un désert chaud aux parfums d’essence, devrait faire de The Craftmen Club l’un des groupes à suivre de près pour l’année à venir. Fureur, énergie, et efficacité au programme ! Sous une bonne dose d’alcool bruni. Rock’n'rhum irrésistible.

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The Craftmen Club, Thirty six minutes, 11 titres, chez La Ouache Prod, Sortie prévue le 02 février 2009

Site Officiel: http://craftmenclub.free.fr
MySpace: http://www.myspace.com/thecraftmenclub

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