The Cold Shoulder

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Tout droit venus d' Écosse pour nous faire découvrir le bon vieux rock qui fait leur pâte, The Cold Shoulder ont dû trouver l'atterrissage difficile vu le flop qu'ils ont créé au Réservoir.

coldshouldersPourtant à écouter quelques-uns de leurs morceaux, le groupe laissait présager un live sympathique avec un minimum d’ambiance histoire de remuer un peu la tête. Et finalement la réalité ne dépasse pas le niveau du CD, voir même régresse. Certes le Réservoir étant un bar-restaurant faisant office de salle de concert, ce n’est pas le lieu le plus approprié pour enflammer toute une foule. Posés dans leur fauteuil en velours rouge, bouteille de champagne sur chaque table, nos bobos semblent moyennement décidés à aller pogoter. Mais vu la motivation des membres du groupe, se contentant de bref thank you en guise de communication, on comprend que le public semble bien plus appliqué à parler business qu’à prêter l’oreille au son que produisent les artistes sur scène.

Limite amorphes nos quadragénaires décolorés enchaînent les morceaux comme s’ils jouaient pour eux-mêmes, pensant peut-être que le look cheveux gras à la Kurt Cobain permet de s’affirmer grunge. La déception atteint son comble lorsque le chanteur semblant enfin décidé à se lancer dans un solo de guitare ne réussit même pas à atteindre le troisième accord sans faire désastreusement couiner ses cordes.

coldalbumBizarrement alors que le batteur semble le seul à maîtriser son instrument, une grande plaque de plexiglas le sépare des deux gratteux qui sommeillent sur le devant de scène. Manquant certainement de culture musicale pour comprendre l’intérêt d’une telle installation, il ne me semble pas que le public du Réservoir l’ait mieux compris. Peut-être était-ce une protection au cas où il lâcherait l’une de ses baguettes…

Mais arrêtons là les reproches, car leur album se laisse tout de même écouter avec plaisir. Soit ce n’était pas là leur soirée, ce le groupe n’a pas encore eu l’occasion de comprendre quel était le minimum syndical requis pour réussir une prestation scénique.

Petite pique également à l’encontre de ceux qui sirotaient tranquillement leur cocktail accoudé au bar en se contentant d’applaudir brièvement à la fin de chaque morceau. Un groupe de musique qui joue, ce n’est pas un CD qui tourne sur une platine. Un peu d’attention pour des artistes venus donner (le meilleur?) de leur personne serait la bienvenue.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 16 mai 2008
    jl a écrit :

    Alors, je lis enfin ton article, et je valide, j’y étais. Le mur de plexi c’est pour « amortir » le son de la batterie et éviter qu’il soit repiqué par les micros du plateau, c’est un restaurant, les gens mangent faudrait pas que le bruit les dérange ;) ; le même au Charlie Birdie, le même pour les concerts de Lou Reed (il a plus trop de voix le niveau de son micro frise l’indécence
    jl photographe à casquette au fait je suis parti sans dire au revoir je suis un vilain, j’attend avec impatience le papier sur Armand Meliès :)

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