The Black Box Revelation

par |
Nous avons rencontré Jan et Dries, le duo pur sang rock des Black Box Revelation, pour un état des lieux de l'explosion qu'ils préparent. Et prendre la température... brûlante.

Vous ne connaissez peut-être pas cet univers rempli jusqu’à la moelle de désir, de pulsion rock’n'roll et d’émotion blues… Combler cette lacune ? Nécessaire, obligatoire et indispensable, tout ça à la fois oui. Leur second album, Silver Threats, s’écoute comme un écho profond et intime d’une voix grave et groovy, dont tout Être, doté d’un cœur qui bat encore, est hanté.

Image de The Black Box Revelation | Nicolas Aubry Peut-on parler d’une scène rock en train de se développer à Bruxelles, votre ville ?

Jan : ( guitariste chanteur ) : Oui, mais elle est très éparpillée… Il n’y a que nous et Ghinzu . Pour le reste, il n’y a rien de très bon. Pas vraiment de scène rock, les groupes sont assez petits et médiocres. Et Ghinzu fait quelque chose de très différent. Même leur public est différent. Ils ont entre 30 et 40 ans. Pour nous, il y a de très jeunes, et puis on passe tout de suite à des gens plus âgés. Rires.

Pourquoi d’après vous ? Vous leur rappelez une musique très blues ?

Dries ( batteur ) : Oui c’est probablement la raison, quelque chose de simple et qu’on pouvait entendre avant…

Jan : Mais c’est aussi différent, nous sommes un jeune groupe, nouveau et frais, et ça, les gens aiment aussi !

Que cherchez-vous par votre musique ? De la simplicité, de la pureté ?

Jan : Oui pour la pureté, et la pureté est toujours simple, mais… pas forcément simple dans le sens où une composition peut nous prendre très longtemps, on y revient parfois de nombreuses fois, même après plusieurs semaines. C’est donc seulement dans notre jeu qu’il doit y avoir de la simplicité, entre la guitare et la batterie ensemble, et surtout lors des enregistrements. C’est la raison pour laquelle nous enregistrons très vite pour garder l’impulsion naturelle et ne pas trop réfléchir. Nous pensons juste à la structure de la chanson, à ce que doit être le son, mais il faut que ça vienne directement du cour.

Et vous n’êtes que deux : est-ce aussi une façon d’accéder à cette pureté ?

Dries : On aime ça en tout cas. On est beaucoup plus libres de faire ce que l’on veut vraiment.

Jan : Oui le premier groupe dans lequel nous avons joué, nous étions 4 et nous ne nous sentions pas libres d’explorer ce que l’on voulait. Et même sur scène, c’est une aventure tellement plus grande à vivre juste à deux, juste avec cette batterie et cette guitare. Nous faisons tout nous-mêmes, ça nous a obligés à devenir meilleurs très vite.

N’est-ce pas plus ? Difficile pour vous d’être seulement deux, aussi ? Tout le monde peut entendre chaque note que vous faites.

Jan : Oui peut-être…

Dries : Oui, mais c’est ce qu’on aime aussi (rires).

Jan : On a plus d’adrénaline… Tu as toute l’attention sur toi, ainsi… Nous ne voulons pas particulièrement qu’on ne regarde que nous, mais nous savons que le public attend beaucoup de nous seuls, c’est plus d’émotions. C’est très excitant.

Dries : Nous n’avons pas le droit à un seul moment d’absence.

Est-ce comme faire l’amour, votre musique ?

Dries : Oui, bien sûr ! ( Sur un ton plus que convaincu )

Jan ( S’amuse avec cette phrase qui lui plaît ) : Oui, et quand on compose, on pense à faire l’amour, et on bat un tempo qui correspond, et ensuite on fait l’amour avec les instruments… Non, mais sérieusement c’est vrai que… C’est un peu comme si tu mettais deux personnes ensemble seules, mais… jouant de la musique. Deux instruments ensemble, et quelque chose se passe entre eux. Il faut ressentir les choses, l’atmosphère, pour que tout se passe bien. C’est parce que nous nous connaissons si bien, que nous avons joué tellement ensemble, qu’il se passe ce qu’il se passe. Et si tu nous sépares et que chacun d’entre nous joue avec d’autres, ça ne marchera pas du tout aussi facilement ( Rires ). Nous créons notre propre façon de jouer tous les deux.

Dries : Et le sexe EST dans la musique, dans notre musique. Le rythme, les pulsions.

Oui on entend quelque chose de très physique dans votre musique.

Jan : Oui… Certaines chansons l’ont en elles, d’autres c’est vraiment dans la façon que l’on a de les jouer, mais… Oui !

Dries : C’est de l’é-ner-gie… Toujours…

Jan : C’est difficile à expliquer, mais c’est ça…

Vous avez beaucoup joué sur scène ces derniers temps, en avez-vous beaucoup appris ?

Dries : Tout ! Nous jouons plus rigoureusement et des choses plus complexes, plus puissamment, plus fort aussi. Nous avons joué chaque chanson tellement de fois, que nous avons essayé de jouer chacune d’entre elles différemment.

Jan : Nous avons essayé beaucoup de choses, nous avons exploré beaucoup plus de sonorités, essayé différentes façons de jouer et nous avons grandi en tant que musiciens, nous sommes vraiment devenus meilleurs. C’est une grande influence sur notre façon de jouer même que tous les deux. Le premier album était plus garage, celui-ci est davantage psychédélique, blues.

Vous avez appris beaucoup de cette nouvelle vie aussi n’est-ce pas ?

Dries : Oui, c’est important aussi. Nous avons vu beaucoup de personnes différentes, beaucoup d’endroits différents.

Jan : Tout ce qui arrive, une nouvelle personne, un nouveau lieu, et même rien que le fait d’être sur la route avec une guitare, influence toute notre musique. Et je pense particulièrement les paroles, qui parlent de choses qui sont arrivées, que nous avons vues. Et à ce moment, je ressentais une certaine émotion ou quelque chose comme ça, et je composais à partir de ça…

En quoi cet album est plus complexe que le second, selon vous ?

Jan : Pour tout ! Le premier album, c’était notre premier enregistrement en studio. Pour celui-ci, nous savions comment ça fonctionne. Nous savions comment créer les sons que nous voulions et les rendre réels. Le son est aussi plus adulte, juste par le fait de faire de nouvelles chansons, la structure est meilleure, la chanson est plus surprenante. Sur cet album il y a même certains moments qui sont faits juste pour prendre un bol d’air, et écouter…

Vous étiez en tournée avec les Eagles of Death Metal…

Dries : Crazy people !…Ce qui était intéressant aussi, c’est que leur public est le même que le nôtre, des gens qui aiment le rock’n'roll.

Jan : Oui ce n’était pas la même chose que de jouer avec Ghinzu par exemple. Les gens étaient là pour ce son, et très naturellement ils étaient tout de suite touchés par ce que l’on faisait. Avec Ghinzu, on voyait que les gens ne savaient pas trop ce qui leur arrivait à la première chanson…

Image de The Black Box Revelation | Nicolas Aubry Our town has changed for years now … De quoi parles-tu exactement, Jan ? Le texte est étrange.

Jan : C’est assez bizarre… Parfois je sais exactement ce que je veux dire. Mais pour celle-ci, j’ai juste pris la guitare et commencé à jouer, les paroles se sont posées dessus d’elles-mêmes et je n’ai pas vraiment réfléchi… Mon intention n’était pas de parler de quelque chose de précis au départ. Mais ensuite, c’est vrai qu’il y a un sens finalement… Nous étions dans des villes tous les jours différentes en tournée, beaucoup de choses qui se passent, mais… en fait, tout est toujours pareil une fois que tu reviens chez toi. C’est à propos de cette contradiction étrange à vivre.

Here comes the kick ouvre l’album, très psychédélique…

Dries : C’est très nouveau pour nous. On l’aurait faite il y a deux ans, ça n’aurait pas marché. C’est parce que nous avons beaucoup tourné que nous avons pu la composer.

Jan : Celle-ci vient de l’expérience de la scène. Nous devons toujours être très patients avant de commencer à jouer, nous sommes dans l’attente avant l’explosion. C’est ce que cette introduction psychédélique traduit, mais sur l’album cette fois-ci, pas sur scène. Beaucoup d’espace, juste pour créer une atmosphère, pour entrer dedans doucement, dans l’expectative. Celui qui écoute a déjà certains sentiments, avec beaucoup d’espace libre pour imaginer tout un tas de choses… C’est l’une de mes préférées.

Votre chanson préférée, d’ailleurs ?

Dries : Love Licks ! ‘ Where has all this mess begun ‘ !

Jan : Je crois que c’est à peu près pareil pour moi… Love licks est une chanson très sexy, avec son groove, son atmosphère étrange. Les filles l’adorent celle-ci.

Dries : C’est sa construction, c’est pour ça que je l’aime.

Jan : Where has all this mess begun, on peut entendre qu’elle est un peu plus avancée dans notre façon de nous épanouir, tout est un peu plus complexe. Nous jouons vraiment tous les deux, plus que dans n’importe quelle autre chanson. La guitare est aussi rythmique, la batterie est plus qu’un simple rythme. Les deux instruments deviennent un seul.

Dries : Elle est surprenante, nouvelle…

Jan : Tu ne sais même pas quel est le refrain, quel est le couplet, tu peux choisir… Et la guitare qui fusionne avec la batterie donne plus d’espace à la voix ensuite.

La planète des Black Box Revelation, loin de la Terre, elle ressemble à quoi ?

Dries : C’est jouer de la musique et de très jolies filles.

Jan : Oui je pensais à la même chose.

Pas d’hommes ?!

Dries : De très bons musiciens juste.

Jan : Nous monterions des chevaux pour nous déplacer.

Et les filles seraient des princesses ?!

Jan : Oui. Mais pas toutes nues…

Pourquoi pas nues ?

Jan : Parce qu’on peut les déshabiller comme ça… Pas de rose, ni de violet. C’est too much.

Dries : Mais toutes les autres couleurs !

Crédits photo : Nicolas Aubry (http://www.allightoutside.com)

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article