The Bewitched Hands

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Le premier album des «Bewitched» est sorti hier : la liaison téléphonique a été établie avant le début de leur tournée française.

Tous ceux qui ont vu les Bewitched Hands sur scène le savent : l’énergie communicative du groupe n’a d’égal que leur coefficient de sympathie. Aujourd’hui, le groupe originaire de Reims, Colorado, sort enfin son premier album après trois ans d’activisme scénique. A vrai dire, on commençait à se dire que les soirées karaoké à sur le refrain fédérateur de Work resteraient à l’état de fantasme.

Birds & Drums capte l’essence de cette chorale plus pop que folk : on retrouve plus l’esprit de collectifs US  que les ballons/confettis d’Im From Barcelona (un groupe que  nous avons toujours trouvé niais, soit dit en passant). Pas question de faire la gueule pour autant. Les refrains sont diablement efficaces (Happy With You, Hard To Cry ou Out Of Myself), et reposent beaucoup plus sur les voix que sur les arrangements, pas forcément variés. Il faut attendre le titre Kings Crown pour noter un changement de direction avec l’introducton de claviers et d’un son plus dense, voire noisy.

Ces derniers temps, les frenchies voient leur côte de popularité augmenter outre-atlantique, avec plusieurs passages dans des festivals. C’est au lendemain d’une soirée organisée à New-York que nous avons un rendez-vous téléphonique avec Anthonin, la tête sûrement encore du côté de la Big Apple.

Comment doit-on vous appeler maintenant ?

Maintenant le groupe s’appelle The Bewitched Hands, on a enlevé «on the top of our heads». Il y avait tellement d’erreurs à chaque fois que le nom était orthographié ou prononcé qu’on a décidé de le réduire.

Vous revenez tout juste d’un concert à New York organisé par le Bureau Export de la musique française, comment avez-vous été reçus ?

Ça s’est super bien passé, c’était une salle de 700-800 personnes, on a joué avec Revolver et Emilie Simon. Il y avait pas mal de français dans la salle. On est vachement contents. Je viens juste de revenir il y a trois heures et je suis complètement à l’envers.

Vous avez déjà joué plusieurs fois aux Etats-Unis cette année ?

Oui, on était à Los Angeles il y a quinze jours, au festival Oh La L.A. ! (un festival dédié aux groupes français, ndlr). Le programmateur du festival nous avait repérés au SXSW (South By South West), à Austin.

On devine une influence psychédélique dans votre musique, c’est le cas ?

Moi non ! Ben, le guitariste-chanteur du groupe est vachement plus 70′s dans ses influences. C’est vrai qu’au début, le groupe était très folk, psychédélique, je ne pense pas qu’on puisse réduire le truc à ça, il y aussi beaucoup d’influences indé 90′s. Mais c’est vrai que ça nous est vachement resté, cette image de groupe collectif, à tous jouer du tambourin.

Aujourd’hui, il y a de ça, mais ce n’est pas que ça.

Vous sortez votre premier album Birds & Drums, alors que vous avez déjà beaucoup tourné depuis 3 ans. Qu’est ce que ça va changer pour vous, sur scène ?

Le fait que les gens connaissent les morceaux à l’avance, ça change vachement.Quand on joue les morceaux des deux-trois 45 tours qu’on a sorti, les gens partent sur ces morceaux là. Ils reconnaissent le truc et partent au quart de tour. C’est vachement plus agréable d’avoir un public qui connaît les morceaux d’avance et qui est content quand qu’il reconnaît le morceau dès les premières notes.

En plus, vos refrains incitent à chanter…

Au départ, le groupe s’est fait sur l’idée que tout le monde pouvait monter sur scène, prendre un instrument, chanter. On a gardé ce truc là et voir des gens chanter à l’unisson lors des refrains, c’est assez communicatif.

Quelle est la dynamique du groupe pour l’écriture, la composition ?

Tout le monde écrit des morceaux. On a tous eu des groupes avant, on était tous compositeurs dans nos projets respectifs. Soit une personne ramène un morceau, soit deux ou trois en font un ensemble, il n’y a pas vraiment de règle. C’est un travail de groupe pour l’arrangement ensuite, il n’y a pas un seul compositeur.

Comment a été enregistré ce nouvel album ?

Ça s’est vraiment fait sur la période des trois ans depuis le groupe existe, on n’est pas rentrés en studio à un moment donné pour enregistrer tous les morceaux. On préfère enregistrer nous même, on a un studio à la campagne où on peut prendre le temps d’enregistrer. Il y a des enregistrements qui datent d’il y a deux ans, d’autres de six mois…c’est assez varié.

On a tenu à le faire nous même pour aller au bout de l’idée, on savait comment devait être produit tel morceau. Le mixage, on l’a fait avec Yuksek, on a tout enregistré les bandes, on est arrivés avec toutes nos pistes de voix, de guitares etc, et on a monté ça avec Pierre.

A propos de Yuksek, vous aviez fait une reprise surprenante de son morceau Tonight. Qu’est ce qui vous a plu dans l’exercice ?

On voulait prendre le truc à l’envers. D’habitude ce sont les gens de la musique électronique qui reprennent des morceaux pop pour en faire des morceaux de club. On a fait une chanson pop d’un morceau électro et on trouvait ça marrant. D’autant plus que c’est un copain, un rémois…

Vous commencez votre tournée par une date à Rennes, tu te souviens de votre passage aux Trans Musicales de 2008 ?

Carrément, c’est le premier festival qu’on a fait, et c’est énorme pour un groupe de commencer par les Trans. Comme c’est un festival où il y a beaucoup de pros et notamment des programmateurs, ça nous a permis de jouer dans plein d’endroits en France l’année suivante. Ça a été une étape dans l’évolution du groupe.

Vous avez un souvenir particulier de tournée ?

Il y a un an et demi, pour faire plaisir à un copain, on a joué à son festival dans un village. L’équipe technique était vraiment amateur, à un point hallucinant. On a fait un concert avec quatre heures de retard, c’était n’importe quoi. Au final, ça a donné un concert super rock’n'roll. On était un peu énervés et ça nous a stimulés, je crois qu’on a fait le concert le plus rock qu’on ait jamais fait. C’est à la fois le pire souvenir et le meilleur souvenir de tournée.

Quel serait le motto des Bewitched Hands?

« On n’est jamais aussi biens servi que par soi-même. »

On aime bien tout gérer. C’est pour ça qu’on a décidé de faire l’album par nos propres moyens, même si on n’a pas le studio de Quincy Jones. Ça nous permet d’être au plus près de ce qu’on imagine pour le groupe.

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En savoir +

The Bewitched Hands, Birds & Drums (Sony), sorti le 25 octobre 2010

Myspace : http://www.myspace.com/handsbewitched

Tournée française du groupe cet automne :

29 Oct 2010 • L’Ubu – Rennes
30 Oct 2010 • Festival Rockomotives – Vendome
5 Nov 2010 • Noumatrouff – Mulhouse
6 Nov 2010 • L’Autre Canal – Nancy
8 Nov 2010 • Zénith, Festival des Inrocks Black XS – Paris
10 Nov 2010 • Cabaret Aléatoire - Marseille
11 Nov 2010 • Secret Place – Montpellier
12 Nov 2010 • Cargo de Nuit - Arles
19 Nov 2010 • EMB – Sannois
20 Nov 2010 • Le Grand Mix - Tourcoing
24 Nov 2010 • Cabaret Vauban – Brest
25 Nov 2010 • L’Olympic – Nantes
26 Nov 2010 • 6 par 4 – Laval
27 Nov 2010 • La Nef – Angoulême
30 Nov 2010 • La Laiterie - Strasbourg
2 Dec 2010 • Chabada – Angers
3 Dec 2010 • Fuzzyon - La Roche Sur Yon
4 Dec 2010 • La Clef – St Germain en Laye
9 Dec 2010 • Cargo – Caen
10 Dec 2010 • 106 – Rouen

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 26 octobre 2010
    Akodostef a écrit :

    Une petite rectification : le soir où ils ont joué à New-York, au Hiro Ballroom (très chouette salle, d’ailleurs, ambiance japonaise), c’était avec Emilie Simon et The Rodeo (et non Revolver, qui était bien dans la programmation de Bureau Export, mais pas le même soir).
    Excellent concert, je ne connaissais pas le groupe et je suis devenu instantanément fan ; malheureusement, je ne retrouve pas dans les morceaux enregistrés le son et l’énergie que j’ai adorés sur scène, on perd le côté rock pop pour passer à un folk rock plus ordinaire. Dommage, mais je retournerai les voir sur scène !

  2. 2
    le Mercredi 27 octobre 2010
    Julia a écrit :

    Merci pour la rectification, sûrement une erreur due au décalage horaire !
    C’est effectivement un plaisir sur scène…

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