The Asteroid Galaxy Tour – Out of Frequency : Le sacre de la combi à paillettes…

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On les avait découverts il y a quatre ans avec le titre Around the Bend, passé à la postérité après avoir été choisi pour illustrer la pub d’un célèbre baladeur mp3 : The Asteroids Galaxy Tour reviennent avec un deuxième album, Out of Frequency. Le précédent, Fruit, avait un petit côté western dans l’espace. Avec ce nouvel opus, cette fois c’est dans le temps qu’on voyage, puisqu’on se trouve embarqués dans une balade totalement décomplexée à travers une pop extravagante et funky qui évoque les 60’s et les 70’s et se révèle sacrément euphorisante. Bref, c’est complètement fou-fou et ça fait du bien.

GLAMOUR ET DELIRANT

Le premier titre, Gold Rush (1), instrumental grandiloquent de cuivres prometteurs sur fond de chœurs langoureux et sensuels, donne le ton : le groupe danois compte bien s’en donner à cœur joie. Après un court titre, Dollars in the night, aux accents hip-hop sur fond de guitares électriques hurlantes, le morceau se poursuit, en Gold Rush (2). Les cuivres sont très présents et explosent dans tous les sens, l’orgue et la flûte traversière font leur entrée, ça sent les 70’s et la liberté. C’est frais, gai, coloré, joyeusement bordélique et totalement psychédélique. On est irrésistiblement et immédiatement attiré dans cette spirale entraînante, sensuelle (Theme from 45 Eugenia) et décomplexée (Mafia). Clairement, il fait chaud dans cet album.

Ah, la voix mutine, sensuelle et insolente de Mette Lindbergh, la chanteuse… Effrontée, grave, mais sucrée, sa voix est immédiatement reconnaissable et évoque celle de France Gall à l’époque de Poupée de cire, Poupée de son. C’est peut-être sur les titres Heart Attack, Out of Frequency ou Cloak and Dagger que c’est le plus évident… Et c’est vrai qu’on l’imagine très bien en égérie de Gainsbourg. Elle utilise un phrasé moqueur, parfois un peu rap. Avec ses allures de James Bond girl, Mette cultive un look de poupée à pattes d’éph’, et force est de constater qu’elle porte très bien la combi à paillettes. Elle officie tout à tour en tant qu’entertaineuse (Heart Attack) ou en grande prêtresse psyché-funk, comme dans Theme from 45 Eugenia. Avec ce petit côté Foxie Brown scandinave, on imagine d’ailleurs très bien cet album en B. O. de film de Tarantino (et surtout avec le titre Ghost in my Head).

ENTRONS DANS LA TRANSE

L’album rappelle parfois les orchestrations rétros de Version, le premier album de Mark Ronson, (comme dans Major par exemple), et regorge de ces effets rétros-kitsch évocateurs des B.O. de films des années 60 et 70, et notamment celle des James Bond. Le groupe pioche également tour à tour dans des influences aussi variées que la soul, le disco, ABBA (dans la chanson Out of Frequency notamment), Nancy Sinatra (dans Cloak & Dagger, mélodie enlevée et désinvolte que Mette semble nous lancer au visage, et Mafia), et même Deep Purple et Led Zeppelin (dans Theme from 45 Eugenia) avec leur goût commun pour l’orgue et la flûte traversière. Plus récemment, on note une certaine filiation avec les Scissor Sisters. C’est rétro, parfois futuriste, parfois enfantin… Le tout en forme d’hommage aux allures de pirouette. On sent une grande liberté dans cet album : de choix, d’influences, d’effets… Et c’est rafraîchissant !

Out of Frequency, tiens donc, ça c’est bien dit. C’est exactement ce qu’on pourrait dire de la musique de The Asteroids Galaxy Tour : hors du temps, inclassable. Et on les suit avec plaisir dans cette traversée tout à tour tranquille (Suburban Space Invador) ou explosive (Heart Attack, Fantasy Friend Forever).

Alors, rétro, ça oui. Mais si l’album, comme d’ailleurs le groupe, flirte avec le kitsch, jamais il ne s’y vautre. Au contraire, il joue avec, il s’en amuse, pour en en tirer un son unique en son genre, et bien funky en plus. Et on file direct les rejoindre dans cette fête qui bat son plein.

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A propos de l'auteur

Image de : Rennaise de 25 ans, j'essaye de faire en sorte que la vie ne soit qu'une longue succession de musique (rock, folk, un peu d'électro), de ciné, de bouquins, d'art, d'écriture, de festivals et de voyages. Et sinon, quand j'ai cinq minutes, je travaille dans la communication culturelle. Normal, quoi.

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